CHAPITRE III
Le cœur de Jésus nous a aimés d'un amour souffrant et méconnu , et nous devons répondre à cet amour par un amour de compassion et d'amende honorable.
Voilk ce cœur qui a tant aimé les hommes... Et pour reconnaissance , je ne reçois de la plu* part que des ingratitudes !
(Écrits de la Vén. M.-Marie )
Nous avons parlé jusqu’ici des sacrifices volontairement acceptés par le cœur de Jésus , de ces supplices auxquels il s’est dévoué comme de lui-même , de ces souffrances après lesquelles son âme soupirait , ainsi qu’il le témoigne dans l’Évangile : Baptismo autem habeo baptisari et quomodo coarctor vsque dum perficiatur ? (Luc. xn. 50.) « Je dois être baptisé d’un baptême de sang, et combien je me sens pressé qu’il soit accompli! » Or, ces sacrifices sans nombre sont le caractère spécial de l’amour de générosité , dont nous avons considéré l’étendue. Mais il est des souffrances morales que Jésus n’accepte qu’à contre-cœur; il est des supplices intérieurs qu’il subit en quelque sorte malgré lui , bien qu’il s’y soit résigné par amour. L’ingratitude et l’indifférence des hommes qu’il a tant aimés sont les bourreaux de son cœur sacré. Il a déclaré lui-même à la vénérable Marguerite-Marie, que les tourments qu’endurait son divin cœur dans cette nouvelle passion, étaient mille fois plus douloureux et plus cruels que ceux qu’il endura dans les murs de Jérusalem et sur le Calvaire. Or, cèt état de Jésus perpétuellement crucifié par l’ingratitude des