PREMIÈRE PARTIE
Sauveur se plaindre par la bouche de l’Église , et nous dire i «Que vou3 ai-je fait, ô peuple ingrat, pour que vous me traitiez de la sorte? » Popule meus, quid feci tibi , aut in quô contristavi te ? N’est-ce pas moi qui vous ai retiré de la servitude, par l’effusion de mon sang? Ego eduxi te de Ægypto; et vous avez réservé à votre Sauveur l’ignominie d’une cruelle passion, parasti crucem salvatori tuo ! N’est-ce pas moi qui ai guidé vos pas dans le désert de cette vie, et qui vous ai ras* sasié de la manne céleste de ma propre substance ? Duxi te per desertum ... et manna cibavi te; et vous m’avez crucifié de nouveau, parasti crucem ! Je vous ai entouré de mes soins Gomme une vigne bien-aimée , ego quidem plantavi te vineam meam speciosissimam ; et vous m’avez abreuvé du fiel de vos injures ; et vous avez percé mon cœur de traits plus meur* triers que le 1er homicide, et tu me potasti felle et aceto ... et tu aperuisti lancea latus meum / Ah ! peuple insensible ! qu’ai-jê dû faire pour vous que mon amour n’ait accompli, quid ultra debui facere tibi et non feci ? Est-ce là ce que je devais attendre de votre reconnaissance et de votre amour?
Il est de la nature de la douleur de faire naître un sentiment instinctif de compassion , sentiment qui se manifeste par la participation intime aux souffrances et par le désir de leur sou* lagement. N’y aura-t-il que les douleurs de Jésus qui , polir être des douleurs divines, ne pourraient émouvoir nos cœurs? Non, non. Allons souvent auprès de notre aimable Sauveur pour pleurer avec lui ; demandons-lui de ressentir ses douleurs incompréhensibles, de souffrir de ses souffrances et d’en pénétrer tout notre être; cette compassion deviendra une source abondante de réparation et d’amende honorable; car ce n’est pa6 assez pour le cœur qui aime Jésus et qui com* prend ses souffrances de venir pleurer avec lui, il faut encore,
à l'exemple de Véronique, qu'il vienne essuyer ses larmes divines et compenser, par la véhémence de son amour, l'oubli et l'indifférence des hommes. Jésus est abandonné; allons souvent lui tenir compagnie auprès des sacrés tabernacles. Jésus est outragé jusque sur son trône d'amour; faisons-nous un saint devoir d'environner de nos respects ses anéantissements eucharistiques. Jésus est indignement reçu par des bouches et des cœurs sacrilèges ; offrons-lui une filiale hospitalité dans nos cœurs purs et dévoués. Jésus est méconnu des hommes; que notre attention soit de publier ses bienfaits, de faire connaître son amour, et de lui attirer le plus de cœurs qu’il nous sera possible. Jésus est blasphémé; ne cessons de célébrer ses louanges. Jésus étale en vain les trésors de son amour, son cœur n’y tient plus, il a besoin de répandre ses dons sur les hommes qui semblent dédaigner ses invitations; pressons-nous donc autour de lui, consolons notre aimable Maître, soulageons son amour en recueillant ses bienfaits, et en le priant pour ces enfants infidèles que son cœur aime, et dont il veut que nous obtenions de lui le retour et la conversion.
Après avoir considéré les outrages et les affronts auxquels s’est soumis le cœur de Jésus par amour pour nous , l'âme chrétienne exprimera ses sentiments de douleur en récitant l'amende honorable par laquelle la vénérable Marguerite-Marie s'efforcait de consoler le cœur affligé de l'aimable Sauveur.
Amende honorable au sacré cœur de Jésus-Christ .
a Très-adorable et très-aimable Jésus, toujours rempli d'amour pour nous, toujours touché de nos misères, toujours pressé du désir de nous faire part de vos trésors, et de vous (tonner vous-mème tout à nous , Jésus mon Sauveur et mon