SI
LA FOURNAISE D’AMOÏÏR.
Cor, ossa, Abris eoncrema, Venas, medullas, viscera, Ipsamque mentem, ac spiritum!
Ut totas ardeam tibil
(Gard Boni.)
Le divin Sauveur favorisa de fréquentes extases la vénérable Marguerite du Saint-Sacrement, que ses vertus éminentes rendirent la gloire et l’ornement du Carmel. Il avait coutume de présenter à sa pieuse servante son divin cœur comme une immense fournaise d’amour, où il se plaisait à l’enfermer. Tantôt ce cœur divin la brûlait comme un feu très-vif, et consumait en elle ses imperfections; tantôt elle était plongée dans ce cœur comme dans un abîme de charité qui l’embrasait; quelquefois elle s’y sentait purifiée comme dans une fournaise de sainteté, ou s’y trouvait comme embaumée du parfum de l’innocence. Notre-Seigneur lui découvrit dans son aimable cœur un double mouvement de dilatation et de compression. Il se resserrait comme pour s’anéantir devant la majesté de son Père céleste, et il se dilatait afin de répandre son esprit dans tous les fidèles qui sont ses membres, et de communiquer à l’Église, qui est son corps mystique, la chaleur et la vie qu’il avait en lui-mème... Elle vit en même temps que ce cœur, océan sans rivage du plus tendre amour envers Dieu et siège d’une béatitude infinie; avait été noyé