LE BASSIN
Quanta credis animant (rui duieediue, quæ per ilia foramina conjungitur eordi Chrisü?
(Bonàyentura , Stimulus cmoris.)
Sainte Jeanne de Valois était embrasée d'un amour extraordinaire envers Jésus, cachée sous les voiles eucharistiques; quand elle se nourrissait du pain des anges, les effusions de sa piété et l'abondance de ses larmes remplissaient de dévotion ceux qui en étaient les heureux témoins. . . Un jour qu’elle assistait au saint sacrifice de la messe, où elle devait communier, et que la tendresse de son amour s'épanchait comme de coutume en torrents de larmes, elle fut ravie en extase. Jésus et Marie, sa divine Mère, lui apparurent et lui présentèrent deux cœurs dans un bassin ; Jésus invita la sainte religieuse à y joindre son propre cœur ; mais tandis que , pour obéir à la demande du divin Maître , elle cherchait son cœur de sa main, elle s'aperçut, avec une surprise mêlée de frayeur, qu'il ne battait plus dans sa poitrine. Le très-doux Jésus souriait avec une bonté céleste, en considérant sa pieuse servante; mais sainte Jeanne devait-elle s'étonner de ne plus trouver son cœur, puisque, par son union intime avec celui de Jésus-Christ, ce cœur vivait en lui plus qu'en elle-même? (Acta sanct.)
Descende, flamma, illabere Cœlorum ab arce fulgida; Infunde cæno pectori De fonte lucis Lumina.
O sors beata , ô gaudium ,
Conjuncta cum mens Numini,
Et immemor rerum omnium Te diliget perenniter !
(Gard. Bona.)
§ vil.