‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 250 sur 306 · LE PRINCE DE HOHENLOHE · texte numérisé non relu

LE PRINCE DE HOHENLOHE

Personne n’ignore l’histoire de ce prince ecclésiastique et les guérisons merveilleuses obtenues dans ces derniers temps par les neuvaines qu’on demandait à sa piété de toutes les parties de l’Europe. Ame tendre et aimante , il composa pour ses frères dans le sacerdoce un manuel de prières et de méditations destiné à allumer dans le cœur du prêtre les flammes du saint amour envers l’eucharistie, A la fin de ce manuel se trouvent sous la forme rhythmique les allégresses du cœur après la communion : c’est cette hymne pleine d’enthousiasme et d’amour que nous reproduisons.

La langue latine est la langue de l’Église ; il était donc naturel qu’elle fût plus féconde qu’aucune autre en hymnes d’amour à la louange de Notre-Seigneur. Nous regrettons que le cadre de notre ouvrage ne nous permette pas de révéler tant de trésors littéraires si glorieux à l’Église. Dans un siècle où la poésie , comme tous les arts , oublie trop souvent sa mission souveraine pour se mettre au service du rêve ou de la passion , il eût été doux à notre cœur de nous faire l’écho de ces poètes sublimes dont les tendres mélodies ravissaient les anges mêmes; car ils chantaient :

Corne si canta in cièlo.

( Manzoni. )

SECONDE PARTIB.

Nous aurions reproduit avec bonheur l’hymne suave Jesu, dulcis memoria, dont .l’inspiration semble remonter au cœur de saint Bernard, et dans laquelle on ne se lasse pas d’admirer des strophes ravissantes comme celle-ci ;

Jesu , spes pœnitentibus ,

Quam pius es petentibus!

Quam bonus te quærentibus !

Sed quid invenientibus?...

Nous aurions pieusement dérobé aux œuvres ascétiques de Thomas à Kempis quelques-unes de ces strophes si naïves et si onctueuses qu’il laissait tomber de son âme contemplative aux pieds de son crucifix. Nous aurions aimé à puiser aussi dans les poésies élégiaques de Thomas Metzer, religieux bénédictin (1646), des vers dont la citation suivante peut faire apprécier la touchante et pieuse harmonie :

Ne tamen ignores , tuus est hac indole Jésus :

Rivales minime vult in amore pati ;

Te solum affectât , socio sine poscit amari ,

Et solium cordis rex habitare tui...

Enfin nous aurions glané avec une véritable joie de famille dans le Parnassus societalis Jesu, recueil délicieux que Godof. Schonwetter a malheureusement laissé incomplet.

Nota. — Nous marquerons par un astérisque les pièces que , dans la suite, nous ne donnerons pas en entier.

S. ANSELMUS (1033-H09). * peus solus amaodus, in quo et ex quo omnia boue.

Omnia sui)t hominum tenui pendentia filo ,

Et subito casu quœ valuere ruunt.

Eudit in humanis divina potentia rebus ,

Et certain præsens vix habet hora fldem.

Quam nimis , et nimis est Dominum super omnia mitem , Et veniæ facilem, velle negare pium !

Vis, agnosce pium ? te respice , respice quid sis, Quidfueris , quid eris, quid caro, terra, Deus?

Cœlum sole tibi, sol lumine servit, et aer Flatibus, unda cibis, terraque raille bonis.

Sed quid es? Unde tibi quid habes, quid præbet ? utrumque Sponte facit pietas dulcis et ampla Dei.

Fons bona quæque fluens, fons nescius evacuari,

Fons sine fine patens, et sine fine Deus

O quam dulce decus, quam vera potentia, qualis Gloria, quam stabilis quæstus, amare Deum !

Ejus amans Abraham plus civibus hospes, et unus Plus populo miles, plus ita rege potest.

Nam virtus in amore Dei, verumque perenne Præstat, et esse facit illud amare quod est.

Vere est ipse quidem, qui permanet unus et idem.

SECONDE PARTIE

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