‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 257 sur 306 · LITTÉRATURE ITALIENNE · texte numérisé non relu

LITTÉRATURE ITALIENNE

Et aeeesi in dok* zeio .

Corne si euta in eido A Dio gloria eantar.

( Minora . )

NOTICES

SAINT FRANÇOIS d’aSSISE.

« Il n’y a point de vers italiens , dit M. le comte de Montalembert, dont on puisse avec certitude fixer la date avant ceux de saint François... Tout en réformant le inonde. Dieu lui permit d’user le premier de cette poésie, qui allait produire le Dante et Pétrarque» Comme c’était son âme seule qui lui inspirait ses vers, et qu’il ne suivait aucune règle , il les faisait corriger par le frère Pacifique , qui était devenu son disciple , après avoir été le poète lauréat de Frédéric II ; et puis tous deux s’en allaient le long des chemins, chantant au peuple ces hymnes nouveaux , lui disant qu’ils étaient les musiciens de Dieu, et qu’ils ne voulaient d’autre salaire que la pénitence des pécheurs. Nous les avons encore, ces chants

radieux, où le pauvre mendiant célébrait les merveilles de l’amour d’en haut dans la langue du peuple et avec une passion qu’il craignait lui-même de voir accuser de folie... Non , jamais cet amour, qui était toute sa vie, n’a poussé un cri si enthousiaste, si vraiment céleste, si pleinement détaché de la terre. Il l’était tellement , que non-seulement les siècles suivants n’ont jamais pu l’égaler, mais qu’ils n’ont pas même su le comprendre*. *

On trouve joint au célèbre cantique Amor de cantate, que nous donnons ici en partie, le cantique In foco Y amor mi mise. MM. de Montalembert et Ozanam* en font deux pièces de poésies distinctes. Leur sentiment est sans doute fondé sur la différence du rhythme. Gœrrès, dans les études spéciales qu’il a faites au point de vue littéraire sur saint François d’ Assise , regarde ces deux cantiques comme ne formant qu’un seul poème ; et, à vrai dire, leur rapprochement et leur harmonie donnent à cette opinion la plus grande probabilité. Quant à la différence du rhythme, bien que les exemples n’en soient pas fréquents, elle semble néanmoins assez naturelle dans un poème d’un lyrisme aussi soutenu et d’un sentiment aussi passionné. Nous ignorons sur quel fondement s’appuie Gœrrès pour diviser ce cantique en douze chants. Il ne paraît pas que Cette division ait préoccupé l’esprit du saint poète, et nous croyons devoir la négliger.

1 fiist. de sainte Élisabeth , introduction;

• Les poètes franciscain à.

Pour la traduction , nous avons consulté l’Esprit des saints , par M. l’abbé Grimmes, et la belle Histoire de saint François d’ Assise, par M. Chavin , écrite avec tant de vérité , tant de foi et tant d’amour. Nous nous sommes permis des emprunts et des modifications considérables , et nous avons essayé de compléter lé travail de ces écrivains par la traduction de quelques strophes omises , ainsi que par celle des extatiques élans qui terminent ce beau poème. Saint Bernardin de Sienne pense qu’il fat composé peu de temps après l’impression des Stigmates.

LE B. JACOPONE,

Franciscain.

Le B. Jacopone est un des plus illustres poètes de cette célèbre école franciscaine qui orna de ses suaves compositions le berceau de la littérature italienne. Il tient à la fois de Dante et de saint François d’Assise. Comme le chantre de l’enfer, son illustre ami et son contemporain, Jacopone excella beaucoup trop bien pour sa tranquillité dans le vers satirique1. Comme François d’Assisé , il avait d’ineffables ivresses d’amour divin ; alors il n’était plus à lui ; il chantait, il pleurait, il soupirait, et, dans ces extases, les strophes s’échappaient de son âme, embrasées, majestueuses

1 Luigi Tosti , Istôrià di Bonifacio VI II,

et abondantes. G’étaient ses propres sentiments qu’il exprimait sans aucun doute dans le dialogue si touchant et si naïf entre l’âme fidèle et Jésus-Christ. Les Poesie spirituali de Jacopone sont regardées en Italie comme une curiosité littéraire à cause d’un mélange fort original de locutions napolitaines, calabraises et siciliennes.

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