‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 256 sur 306 · ALEXANDRE DE HOHENLOHE · texte numérisé non relu

ALEXANDRE DE HOHENLOHE

Allégresse du chrétien après la communion.

Je possède enfin mon Jésus après lequel j’ai longtemps soupiré ; je l’embrasse, celui que j’ai désiré, je le presse, cet unique objetde mes désirs. Entrez en jubilation, facultés de mon âme, entrez en jubilation, chantez des airs de triomphe et applaudissez à Jésus qui vient d’entrer dans mon cœur.

J’étais triste et dans l’humiliation , j’étais étranger à toute joie, car mon bien-aimé, celui que j’aime par-dessus tout, était absent ; mais aussitôt qu’il est venu, et qu’il est entré sous la tente de mon âme, oh ! quelle douce consolation a pénétré mon cœur !

Moins consolant est pour la terre l’astre du jour lorsqu’il dissipe par ses rayons les ombres qui la couvrent, moins bienfaisante est une douce pluie à l’herbe des champs desséchée par Jes ardeurs de l’été, que ne l’est Dieu à mon âme triste et languissante, quand il renouvelle son courage et l’enrichit de nouveaux dons.

Heureux temps, heure fortunée où vous me visitez, 6 Jésus ! trop beau jour, jour trop radieux où vous daignez venir à moi î Celui que vous enrichisse? de vous-même, que peut-il

Qui te tenet habet satis , Quia qui te possidet, Uberem felicitatis Verse fontem obtinet.

Quis non tuam admiretur, Bonitatem Domine ,

Si quod lacis meditetur, Serio examine?

Ad te ruo, ad me ruis ,

Et me sinis protinus Immiscere meos tuis Amplexus amplexibus.

Nihil eram, me creasti Ex obscuro nihilo, Divinæque me donasti Rationis radio.

Pro me nasci yoluisti In deserto stabulo.

Et lînire morte tristi Vitamin patibuio.

Præter dona, quibus ditas Me diebus singulis, Dapes hodie mellitas Datis addis gratiis ;

O voluptas cordis mei Jesu dilectissime !

In me régna, Fili Dei , Régna, régna libéré.

In me proprium amorem Tarn potenter eneces, Ut te amem et adorem Solura, sicut dignus es,

désirer de plus, puisqu’en vous possédant, Il possède la source de la vraie félicité ?

Qui pourrait, Seigneur, en contemplant ce que vous faites pour moi, ne pas admirer votre bonté? Je cours à vous, vous courez à moi, et vous me permettez de mêler mes embrasse* ments aux vôtres dans la plus intime familiarité !

Je n'étais rien, et vous m’avez tiré de l’obscur néant; vous avez orné mon âme d’un rayon de votre intelligence divine ; vous avez voulu naître pour moi dans une étable abandonnée; pour moi encore vous avez voulu mourir ignominieusement sur une croix!

Chaque jour vous me comblez de nouveaux dons, et, non content de tant de bienfaits, vous me donnez aujourd’hui un mets plus doux que le miel. O très-doux Jésus, volupté de mon cœur, régnez en moi, fils de l’Éternel, régnez, régDezen moi sans obstacles.

Immolez en moi l’amour-propre, mais avec tant de puissance que je n’aime et n’adore plus que vous seul autant que vous le méritez. Arrachez de mon cœur tout ce qui blesse la pureté

In me toile, quod est puris Grave tuis oculis.

Ut sic arctius venturis Tibi jungar sæculis.

Oriente sole mane Occidente vespera,

Boue Jesu, mecum mane, Mecum semper habita !

Nil a te, nec mors, nec vita, Nil a te me separet;

Unio sit infinita,

Quam vis nulla terminet,

Canam donec respirabo Gratiarum cantica , Millies hæc iterabo In cœlesti patria ,

Quando te, remoto vélo, Sicut es aspiciam,

Et cum angelis in cœlo In ætemum diligam !

Amen.

SECOND^ PARTIE. 459

de vos regards, afin que dans les siècles à venir je sois plus étroitement à vous.

Le matin quand le soleil se lève, le soir lorsqu’il se couche, ô bon Jésus, restez avec moi, demeurez toujours avec moi , que rien ne me sépare de vous; ni la mort, ni la vie , que rien ne me sépare de vous ! que notre union soit infinie ! qu’aucune puissance ne soit capable de la troubler !

Tant que je respirerai, ma bouche chantera le cantique de la reconnaissance. Mille fois je le répéterai dans la céleste patrie, lorsque tout voile étant déchiré je vous contemplerai dans votre beauté, et que mêlé aux anges du ciel je vous aimerai éternellement.

Ainsi soit-il.

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