SAINT PHILIPPE DE NÉRI
Sonnet sur l'amour divin.
Je vous aime, ô mon Dieu; et puis-je ne pas vous aimer quand je me sens tout absorbé par le désir de voir mon amour changé en votre amour, et vos affections changées en mes affections; de voir même tout mon être transformé en votre être divin, et de vous voir vous-même tout transformé en moi?
Il serait bien temps enfin, Seigneur, de contempler le moment heureux où il me sera donné de sortir de cette prison de péché, de quitter ce lieu d'oubli, d’aveuglement et de folie dans lequel j’erre tristement, exilé de moi-même!
La terre , le ciel , l’air, le feuillage , tout sourit de bonheur; les vents se tiennent apaisés, l’onde coule tranquille, et l'astre du jour ne brilla jamais d’un si vif éclat.
Les oiseaux font entendre leurs chants... Quel est donc icibas l’être qui ne jouit pas du bonheur d’aimer, et qui ne vit pas dans l'allégresse ? Moi seul ; car sur la terre mes puissances sont trop faibles et trop incomplètes pour contenir le sentiment de la joie 1...
DOMINIQUE CÉRASOLA.
Sonnet sur le cœur de Jésus.
0 mon Ame, ton Dieu, qui est ton ami fidèle, se fait ouvrir le cœur par le fer meurtrier de la lance : c’est le nid que tu dois choisir pour y prendre un délicieux repos ; tourterelle errante, vole vers le nid ! vole vers le nid !
Ecco perché tu scampi clair infido Mondo, spalanca un porto il tuo diletto; Questo nelle tempeste è il tuo ricetto : Navicella agita ta, al lido ! al üdo !
Ecco, ch' alla tua sete il fonte aprio Di Gesù nel costato un duro telo :
Sitibonda cervetta, al rio ! al rio î
Alma, il tuo nido, e il porto, e il rio ti syelo, Anzi il tuo cièl ti svelo in seno a un Dio Ove dunque t’aggiri?.., al cielo! al cielo!
SANTO ÀLFONSO DI LIG0RI0 (1090-4787). 4 L'anima introdotta nella celladel divino amorc.
Chi mi condusse in questo chiuso Orto si ricco di tanto fiori ,
Che spiran tutti di mille odori Un pieno odore che sazia il cor?
Un puro amore seco mi stringe ,
E gia mi scioglie d'ogpi creato Terreno affetto , onde beato Nulla piu il core cercando va.
Mille catene mi tengon cinta ;
Mille saette io sento al cuore ;
Provo già mille piagha d'amore;
Ma chi m’impiaga non so trovar.
SECONDE PARTIE
Afin de te dérober aux dangers d’un monde perfide , ton bien-aimé t’ouvre avec tendresse un large port; c’est ton asile assuré dans les tempêtes ; frêle nacelle agitée par les flots, entre dans le port! entre dans le port!
Une lance cruelle fait jaillir du côté de Jésus une fontaine deau vive pour étancher ta soif; biche altérée, cours au ruisseau! cours au ruisseau!
O mon âme, Dieu te découvre dans son cœur ton nid, ton port, ta fontaine ; que dis-je ! il t’y découvre même ton ciel... Courage donc, ô mon âme, monte au ciel! monte au ciel !