‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 271 sur 306 · SAINT ALPHONSE DE LIGTJORI · texte numérisé non relu

SAINT ALPHONSE DE LIGTJORI

L'Ame introduite dans le cellier de l'amour divin.

Qui m’a conduite dans ce jardin fermé, si riche de tant de fleurs odorantes dont les mille parfums remplissent et enivrent mon cœur?

Un pur amour m’unit à lui-même; il me dépouille de toute affection terrestre et me détache de tout objet créé. Heureux et satisfait, mon cœur ne se met à la recherche d’aucun autre bien.

Mille chaînes m’enlacent ; mille flèches me percent le cœur. Je me sens blessée de mille plaies d’amour; mais je ne puis découvrir celui qui me les a faites.

Vieni, amormio, che m'hai ferita, Dimmi chi sei? da me che vuoi?

Fammi vederti almeno, e poi Fammi morire, se vuoi cosi.

Ahi ! mio tesoro, che fai* poss’io Per far contento il tuo bel core?

Parla tu, dimmi , corne il tuo amore Coll' amor mio posso appagar.

Pur troppo e poco, diletto mio,

Per te languire in dolce foco,

Poco e penare , morire e poco , Struggermi tutta poco ancor è.

Or via, giacch’ altro io non so dirti, Ti dico : o amato , ricevi il dono Ch'io ti consacro: tutta quai sono Senza riserba mi dono a te.

STLVI0 PELLICO. *

A Dio.

Fa ch* io ti senta sempre a me vicino : Troppo la solitudin m'addolora !

Posar vo' il cor sovra il tuo cor divino, Voglio dirti i miei sensi a ciascun’ oral Traggimi in quai pur sia fiero cammino, Purchè teco io respiri, e teco io mora : Tutti i dolori a te d’acanto accetto ;

Di viverti discaro io sol rigetto.

SECONDE PARTIE

Viens, ô amour de mon âme , toi qui m'as porté ces coups; dis-moi qui tu es. Que désires- tu de moi? Ah! laisse-moi te contempler au moins une fois, et puis fais-moi mourir, si tu le veux ainsi.

O mon trésor ! que pourrai-je faire pour contenter ton admirable cœur? Parle, dis-moi comment je puis, avec mon amour, payer ton amour?

C'est trop peu , ô mon bien-aimé , de languir pour toi dans une douce flamme; c'est trop peu de souffrir; c'est trop peu de mourir; me dissoudre tout entière pour toi, n'estrce pas encore trop peu?

Eh bien! puisque je ne sais t'exprimer autre chose, je te dirai : Reçois , ô bien-aimé , le don que je t'offre : je me consacre toute à toi sans aucune réserve.

S1LYI0 PELLICO.

Hymne à Dieu.

O mon Dieu , faites que je vous sente toujours près de moi ! La solitude causée par votre absence me fait trop souffrir; je veux poser toujours mon cœur sur votre cœur divin; je veux , à toute heure , épancher en vous mes plus intimes sentiments; entraînez -moi où vous voudrez; faites-moi marcher, si c'est votre désir, dans les voies les plus pénibles pour la nature; j'y consens, pourvu que je vive avec vous, et que je meure avec vous; auprès de vous j'accepte de grand cœur toutes les souffrances; une seule chose me fait horreur, et je la repousse : c'est de vivre dans votre inimitié.

Per aver Tamor tuo che far degg'io?

Pregar soltanto? ah no, il pregar non basta; Debbo immaggine in terra esser di Dio , Debbo luttar contro a natura guasta,

Debbo aver di giustizia alto desiù,

Debbo non abborrir chi mi contrasta,

Debbo amar tutti, anco i più nemici ,

Ed , ove il possa , oprar che sien felici.

Con te, Signor, con te stringo alleanza: Perdonero a mortali, a me perdona;

Amerù tutti, perche han tua sembianza ; Perch'io son tua fattura, amor mi dona ; Amerè tutti , ma con più esultanza Chi fra le braccia tue più s'abbandona; Amero tutti , ma con più fervore Chi più simile al tuo mi mostra il core !

Amar vogP io , di quelF amor che avvampa In te, e ne" tuoi più nobili viventi,

Di quelF amor che da* rei lacci scampa,

Di quelPamor che regge infra i tormenti ,

Di quelF amor che alPuniverso e lampa Nella chiesa infallibil de redenti ,

Di quelFamor si pio, si ver, si forte Che abbella e vita, e gioie, estrazi, e morte.

SECONDE PARTfE.

Que dois-je faire, ô mon Dieu , pour obtenir votre amour? dois-je me contenter de prier? Oh! non, la prière ne suffit pas; mais il faut que je sois sur la terre l’image de Dieu même, que je lutte contre ma nature viciée, que j’allume dans mon âme un désir sincère de la justice ; il faut que je ne permette à mon cœur aucun ressentiment contre ceux qui me sont contraires; il faut que j’aime tous les hommes, sans exclure de mon affection mes ennemis les plus coupables, et que , selon tout mon pouvoir, je travaille à leur félicité.

O Seigneur, avec vous, oui, avec vous, je fais un pacte; je pardonnerai à tous les hommes, mais à votre tour daignez me pardonner; j’aimerai tous les hommes, puisqu’en tous je contemple votre ressemblance; de votre cûté, donnez-moi votre amour, puisque je suis l’ouvrage de vos mains. Uni , Seigneur, j’aimerai tous les hommes; j’aimerai néanmoins avec plus de bonheur ceux qui s'abandonnent avec une confiance plus filiale entre les bras de votre tendresse; j’aimerai tous les hommes, mais j’aimerai d’un amour plus ardent ceux dont le cœur me paraîtra plus semblable à votre divin cœur.

Je veux aimer, Seigneur, je veux aimer, mais de cet amour qui consume votre cœ ur et qui brûle dans le cœur de vos plus grands saints; de cet amour qui arrache l’Ame aux pièges du péché; de cet amour qui guide et fortifie au milieu des tourments; de cet amour qui est allumé comme une lampe mystérieuse dans l'Église infaillible des chrétiens, pour réchauffer de ses rayons le monde entier; de cet amour enfin si fendre , si sincère, si fort , qui embellit l'existence , qui donne à toutes les joies de nouvelles douceurs, et qui même répand des charmes sur les supplices et sur la mort.

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