‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 40 sur 306 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De ['union du cœur de Jésus avec le Verbe , et comment cet aimable cœur est le principe et le modèle de notre union avec la Divinité.

Et Verbnm caro factum est.

Et le Verbe s’est fait cbalr.

( Joàkh. 1.44 J

Ces paroles expriment Je mystère de cette union ineffable qui s'est opérée dans l'incarnation entre la nature divine et la nature humaine. Ce mystère est la duplicité de nature dans l'unité de personne qui est Jésus-Christ. Or, lorsque deux natures s'unissent substantiellement et forment par leur union un nouveau principe d'action , il est dans l'ordre qu'elles se fassent une mutuelle communication de leurs prérogatives. Mais s'il arrive , comme dans l'incarnation du Verbe, que l'une des deux natures ne puisse , à cause de son infériorité , rien communiquer à l'autre qui la surpasse en toute perfection , cette nature inférieure a, pour ainsi parler, tous les avantages dans cette union, puisqu'elle entre en participation des excellences de la nature qui lui est supérieure. C'est pourquoi, lorsque le Verbe divin a daigné , pour notre rédemption » s’unir à notre humanité , il a éltm la nature

humaine, suivant le langage des saints Pères, à la hauteur de sa divinité et l’a comme inondée d’attributs divins. En vertu de cette union, ce qui avait été jusque-là l’apanage exclusif de la divinité , est devenu l’apanage de l’humanité sainte ; la seule différence qu’on y puisse remarquer, c’est que cette humanité ne possède que par grâce et par une miséricordieuse communication, les perfections que la divinité possède en propre et par la nécessité même de sa nature. L’humanité a donc été véritablement déifiée par son union avec le Verbe; elle est entrée en participation des prérogatives de la divinité; de là le culte d’adoration rendu à l’humanité sainte de Notre- Seigneur.

Mais la divinité ne s’unit pas seulement à l’âme de Jésus- Christ, elle s’unit aussi à son corps sacré, comme l’indiquent ces paroles : Et verbum caro factum est; et comme l’enseigne la théologie. Qui pourrait donc exprimer la dignité, la grandeur de cette humanité sainte, la gloire qui rejaillit sur elle de Celui qui est appelé par excellence la gloire du Père céleste? Or, la divinité s’unissant à l’humanité dans Jésus-Christ, s’unit à chacune des parties de cette humanité selon sa nature. L’intelligence, les sens, les affections, le cœur, tout participa en sa manière à cette divinisation , et par là même fut placé dans une douce et nécessaire dépendance de la divinité.

Le cœur- de Jésus uni au Verbe ne peut donc avoir que des affections divines dans leur objet et dans leur fin. L’amour dont il aimait Dieu était allumé par cet amour substantiel dont le Verbe aime son Père céleste. La charité dont il était embrasé pour les hommes, et qui l’a porté à se sacrifier pour leur salut, et à trouver ses délices au milieu de nous, il l’avait puisé dans cette charité infinie dont Dieu nous aima de toute éternité; in charitate perpétua dilexi te . (Jerem. xxxi, 3.)

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