PREMIÈRE PARTIE
Toutes ces vertus, vivifiées par le reflet de sa divinité, durent nécessairement être empreintes du caractère d’héroïcité dont Dieu est le principe et la source. Aussi , qui pourrait dire la ferveur de son oraison et l’ordre qui régnait dans tous ses mouvements? Qui pourrait exprimer la profondeur de son humilité, sa patience, sa mansuétude, les tendresses de sa piété, la noblesse de ses sentiments, l’immensité et l’universalité de son amour, la promptitude de son obéissance , sa haine du péché qui lui fit embrasser les tourments et la mort, son zèle enfin pour la gloire de son Père qui lui fit accepter les ignominies de la croix pour réparer le déshonneur fait à la majesté divine ?
Membres vivants du corps de Jésus-Christ, nous avons aussi été unis par lui au Verbe divin ; or, ce ne sera que dans la permanence de cette union avec la divinité, dans l’exercice de la vie intérieure et cachée en Dieu, que nous trouverons le principe de notre gloire et de nos solides vertus. Notre nature, faible , débile, a besoin de s’étayer sur Dieu même, si elle ne veut se laisser choir à toutes les faiblesses de ses penchants. Seule, isolée de celui qui est la source de tout bien , elle reste inféconde, ou ne produit que des fruits de mort. Unie à Dieu, l’àme peut tout; sa pensée se confondant avec la pensée même de Dieu , n a plus d’horizon terrestre ; sa volonté identifiée, pour ainsi dire, avec la volonté divine, n’a plus à redouter les entraînements du siècle ou les inconstances de la nature. Tout son être soumis à Dieu se trouve par sa dépendance anobli, élevé au-dessus de lui-même et en quelque sorte déifié.
Demandons au cœur de Jésus, si parfaitement uni à la divinité, d’être lui-même le lien indissoluble qui nous unisse à Dieu; prions-le de nous renfermer, de nous ensevelir dans ses
abimes d'amour, afin que nous n'en puissions plus sortir, et qu’avec l’Apôtre nous portions aux créatures le généreux défi, qu’elles ne nous sépareront jamais de celui que nous aimons; guis ergo nos separabit a charitate Christi ? ( Ad Rom . vin. 35.)
FLEURS SPIRITUELLES
« C est dans Jésus-Christ qu’a commencé l’union de la nature humaine avec la nature divine, afin que l’humanité fût en quelque sorte divinisée non-seulement dans Jésus, mais dans tous ceux qui embrassent avec sa religion la vie qu’il a enseignée. » (Origène, Contre Celse, 1. III.)
« Notre nature a été si anoblie par l’union ineffable opérée dans l'incarnation , qu’elle ne saurait monter à un plus haut degré d’excellence. De môme que la nature divine ne pouvait descendre plus bas, en prenant les infirmités de notre chair. » (S. Augustin, dePrœdest . sanct ., 1. II, c. xv.)
c< Le Fils de Dieu, en concevant le noble dessein de prendre un corps semblable au nôtre pour se faire plus facilement aimer des hommes, a voulu gagner leurs cœurs et les porter à un amour particulier envers sa très-sainte humanité, comme un objet convenable à leur nature , et , par cet amour, les faire monter comme par degrés jusqu’à l’amour de sa divinité. »
(S. Bernard, Serm . xx sur le Cantique des cantiques.)
« La fin de l’homme est d’être uni à Dieu , parce que c’est en cela que consiste son bonheur. Or comme c’est l’amour plus que toute autre chose qui unit l’homme à Dieu, par la force qui identifie l’objet aimant avec l’objet aimé, et qui le