CHAPITRE II
De l’obéissance , et comment l’aimable cœur de Jésus est le principe et le modèle de cette vertu.
Qaii hostias et oblationes et holocautomata pro peccalo noluisti, nec placila sait tibi, quæ secandum legem offeruntur, tone rtixi : Ecce venio, ut fariam, Dees , voluulatem tuam.
Parce que vous n’avez pas voulu les hosties, les oblations et les holocaustes pour l’expiation du péché , et que les sacrifices qui vous sont offerts selon la loi ne vous ont pas été agréables , j’ai dit alors : Me voici, je viens pour faire, ô mon Dieu, votre volonté. ( Heb. x. fi-9 )
Quoique le Seigneur eût lui-même établi les sacrifices de l'antique alliance, qu'il en eût fixé les cérémonies et déterminé les victimes , il faut convenir que d’eux-mêmes et de leur propre fond, ces sacrifices ne pouvaient avoir une grande
valeur aux yeux de sa majesté sainte. En effet, le sacrifice agréable à Dieu est le sacrifice du cœur : or ce sacrifice du cœur n'était pas nécessairement lié à l’immolation des victimes. Il pouvait donc se faire , et le Seigneur s'en plaignit plus d'une fois par la bouche de ses prophètes , que le sacrificateur s’épargnât lui-même , tandis que par son ministère sacré, le sang de la victime rougissait l'autel.
C'est pourquoi l'obéissance renfermant l'immolation de l'homme même, et de ses facultés les plus nobles, est le sacrifice le plus agréable qu'on puisse offrir à Dieu ; melior est enim obedientia quam victimœ. (I. Reg. xv. 22.) Par elle le prêtre et la victime, confondus sur le même autel, font au Créateur l'hommage de tout leur être, et s'anéantissent pour ainsi dire sous le bon plaisir de Dieu. De là vient l'excellence de cette vertu, qui, selon saint Thomas, occupe le premier rang parmi les vertus morales. N'est-ce pas elle, en effet, qui fait mépriser à l'homme ce qu'il possède de plus intime et de plus précieux, sa volonté propre?
Le cœur de Jésus est le plus parfait modèle de cet holocauste de la volonté propre sur l'autel de l’obéissance. Pourquoi vient -il au monde? Pour soumettre sa volonté à la volonté de son Père céleste ; ecce venio, ut faciam, Deus, volun tatem tuam. ( Heb. x. 9. ) L'obéissance est en quelque sorte la condition de son humanité. Pour cette victime par excellence qui ne vivait qu'afin de s'immoler chaque jour pour notre rédemption, elle est comme la raison et l'aliment de sa vie ; meus cibus est ut faciam voluntatem ejus qui misit me. (Joann. iv. 34.) Chaque instant de sa vie fut une consécration universelle de sa volonté à la volonté de son Père ; ego quœ placita sunt fi facio semper . (Joann. vïii. 29.) Jésus n'a reculé devant aucun sacrifice pour témoigner à son Père la perfection de son obéis-