PREMIÈRE PARTIE
ôance; il en porta l’héroïsme jusqu’à accepter de grand cœur le calice amer de sa passion; non mea voluntas, sed tua fiat. (Luc. xxii. 42), et jusqu’à embrasser toutes les ignominies et tous les tourments de la croix ; factus obediens usque ad mor tem, mortem autem crucis. ( Phil . n. 8.)
Jésus, devant être le modèle de notre obéissance, a daigné soumettre la sienne aux conditions ordinaires de la nôtre* L’écrivain sacré résume trente années de son existence dans ces deux mots : Et erat subditus illis (Luc. h. 51), et il leur était soumis. Et à qui donc Jésus était-il soumis? A deux créatures , à Marie et à Joseph. Mais ces deux créatures étaient auprès de lui les délégués de son Père céleste.
Si nous cherchons la source de cette obéissance parfaite du cœur de Jésus, nous ne saurions en trouver d’autre que sa parfaite union avec le Verbe divin. Cette union le tenait dans une dépendance complète des volontés de son Père.
C’est aussi dans notre union avec Dieu, union qui est le prin* cipe et la source de la vie chrétienne et spirituelle, que nous puiserons cette soumission de volonté qui forme le caractère propre de l’obéissance. Quelle que soit notre condition sociale, quel que soit dans la religion le rang qui nous est assigné par la Providence, nous devons nous soumettre... L’homme qui se conduit par sa propre sagesse, trouvera un piège dans les conseils de cette même sagesse. Dieu a tellement coordonné les êtres intelligents , appelés à vivre en société , qu’il les a établis dans une dépendance mutuelle , d’où résultent l’harmonie et la puissance. Dès lors, l’homme ne saurait rien faire de grand , de noble , de solide dans l’orde naturel, mais surtout dans l’ordre de la grâce , s’il ne vient puiser sa force dans l’obéissance ; vir obediens loquetur victoriam . (Prov. xxi. 28.)
L’obéissance est le plus noble exercice de notre liberté , puisqu’elle nous soumet aux volontés du Seigneur, et qu’en la pratiquant nous ne reconnaissons que le domaine de Dieu, Allons au cœur de Jésus , et apprenons de lui cette admirable leçon d’obéissance ; comme lui, sachons obéir jusqu’à la mort de la croix; usque ad mortem, mortem autem crucis. La gloire en sera le fruit ; pr opter quod et Deus exaltavit ilium, et donavit illi nomen , quod est super omne nomen. (Phil. u. 9.) C’est pourquoi Dieu l’a élevé et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom.
FLEURS SPIRITUELLES
« Toute la profession religieuse emprunte sa perfection de Ja sainte obéissance, quun homme rend à un autre homme pour l’amour de Dieu , comme Dieu l’a rendue aux hommes pour leur salut. » ( S. Thomas , apud Surius, 7 mart.)
« Comme l’obéissance est une sorte d’holocauste, dans lequel l’homme se sacrifie tout entier et sans réserve à son Créateur et Seigneur, par les mains de son ministre dans les flammes de la charité. . . on ne peut nier qu’elle ne renferme, avec l’exécution des choses commandées, le renoncement à la volonté propre, et la soumission entière du jugement. »
(S. Ignace de Loyola , Lettre sur la Vertu d'obéissance.)
« Croyez-moi , et soyez bien convaincu que la route la plus sûre pour nous et la moins équivoque, est une obéissance pleine et entière de corps et d’esprit à nos supérieurs; et que notre propre volonté, nos fantaisies, l’esprit d’indépendance sont un effrayant verglas sur le bord d’iin abîme. »
( S, François Xavier, Lettre 56.)