‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 46 sur 306 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

De la vertu de religion, et comment l'aimable cœur de Jésus est le principe et le modèle de cette vertu.

Dominas pars, bæreditatis meæ.

Le Seigueor est la portion de mon héritage. IP*, xv.

La vertu de religion consiste à rendre à Dieu les devoirs auxquels nous soumet notre essentielle dépendance envers sa divine majesté. Elle est basée sur ce que Dieu, étant tout à la fois notre premier principe et notre dernière fin, nous tenons tout de sa libéralité et de sa toute-puissance , et que c’est vers

LE CCEUft DE JÉSUS.

lui que nous devons faire remonter tout ce que nous possédons... La vertu de religion embrasse ainsi tout l’homme , et le relie en quelque sorte à son Créateur; elle renferme Y ado* ration , qui est la reconnaissance explicite de la majesté de Dieu, de son excellence, de ses attributs, de son absolu domaine, avec un sentiment de notre propre bassesse et de notre infinie dépendance. Elle renferme la prière, qui est une suite de l’adoration, et qui nous porte à appuyer notre faiblesse sur le pouvoir de Celui dont nous dépendons. Elle renferme en troisième lieu la dévotion , qui est une prompte volonté d’accomplir ce qui appartient au service et au culte de Dieu. C’est donc véritablement par la vertu de religion que nous reconnaissons Dieu pour Dieu, et que nous lui rendons cette gloire extrinsèque qu’il attend de ses créatures. Aussi, et c’est le sentiment de saint Thomas , elle est bien supérieure aux vertus morales ; car si celles-ci nous font glorifier en particulier tel ou tel attribut de Dieu, la vertu de religion, en consacrant toutes nos puissances au service de la divinité, nous fait glorifier Dieu dans tous ses attributs.

Le cœur de Jésus est le modèle de cette vie d’adoration, de prière et de dévotion. Éclairé par les splendeurs éternelles, il connaissait d’une manière parfaite l’excellence de Dieu, et rendait continuellement un tribut d’honneur, de respect, d’adoration, de soumission filiale et absolue au souverain domaine de son Père céleste. Il se donne lui-même cet éclatant témoignage, qu’il a rendu à Dieu la glorification qui lui était due; ego te clarificavi super terram. (Joann. xvii. A.) Et comment l’a-t-il glorifié? Il l’a glorifié par ses œuvres, en ne leur donnant pour principe et peur ressort que le bon vouloir de Dieu. Il l’a glorifié dans ses paroles, relevant toujours la majesté de son Père, et la manifestant au monde. Il l’a glo-

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