PREMIÈRE PARTIE
rifié par ses pensées et ses affections; avec quelle promptitude ne se portait-il pas à tout ce que son Père demandait de lui? Il poussa cette religion jusqu'à sacrifier ce qu’il avait de plus cher au monde, Marie et Joseph. « Pourquoi nous avez-vous quittés? lui dirent-ils douloureusement, lorsqu’ils le retrouvèrent au milieu des docteurs. — Ne faut-il pas, leur répond Jésus , que j’oublie tout pour m’occuper des intérêts de mon Père ? » Nesciebatis quia in his quœ Patris mei sunt oportet me esse? (Luc. n. 4-9.)
C’est dans son union avec le Verbe que ce cœur puisait cette haute connaissance des grandeurs et de la souveraineté divines , cette promptitude qui le rendait tout dévoué à la gloire de la suprême majesté. Ce sera aussi dans notre union avec Dieu , dans la vie intime de notre Ame avec sa divinité, que nous puiserons l’estime des excellences et des prérogatives du Très-Haut, que nous trouverons, si l’on peut s’exprimer ainsi, le sentiment de la majesté divine et de son absolu domaine sur nous. Aux clartés célestes, nous verrons notre entière dépendance de Celui qui est notre principe et notre fin essentielle. Méprisant alors les vaines choses d’icibas, nous appliquerons toutes nos facultés et tout notre être à la glorification de Dieu; notre pensée, dégagée des illusions et des fantômes terrestres, sera absorbée dans la contemplation des choses du ciel; notre oœur, libre des inquiétudes et des soucis qui ne proviennent toujours que d’un désordre dans ses tendances, se reposera dans le sein de Celui qui seul peut satisfaire ses insatiables désirs , et remplir son infinie capacité. Prions le cœur de notre divin Maître de nous enseigner à honorer Dieu et à lui rendre tous les devoirs de religion. Nous ne respectons pas assez notre Dieu, et ce manque de respect vient de ce que nous ne connaissons pas assez son
excellence , de ce que nous nous croyons parfois dans une sorte d'indépendance à son égard. Ah ! comprenons bien que nous ne sommes sur la terre que pour connaître , aimer et servir Dieu, et que c'est là tout l'homme.
« Le véritable culte consiste moins dans les dehors que dans le sacrifice intérieur et spirituel, dans les œuvres de miséricorde , dans la crainte de Dieu et de ses jugements , dans la mortification des sens et la pureté du cœur. »
(Lactance, Institutions divines , 1. VI.)
« La religion est un trésor abondant et certain de biens ineffables ; et la conscience m'a attesté que la piété était une chose excellente et glorieuse , qui a le pouvoir de sauver ceux qui adhèrent à ses sublimes enseignements.»
(8. Athanase, Dispute contre les Ariens.)
« Il en est de la piété comme de l'échelle mystérieuse qui fut montrée au patriarche Jacob, et dont le pied touchait la terre, tandis que le faite se perdait dans les cieux. Ce n’est que par échelon que l'on monte , et l'on finit par arriver à une élévation qui ne parait plus au-dessus des forces humaines. »
( S. Basile , ln Hom. sur le Ps . î. )
«La fin du culte religieux est d'imiter Celui que Pon adore. »
(S. Augustin, Cité de Dieu , 1. VIII, c. xvn.)
« Tel est le fruit et la récompense de la piété , que ceux-là même , qui n*en ont pas , ne peuvent s'empêcher de la désirer. » (S. Bernard, sur le Ps. xc.)