‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 58 sur 306 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

instant, Jésus, prêtre et victime, renouvelle la plus complète immolation de lui-même.

Tel est le modèle que nous devons nous proposer. Associés au souverain sacerdoce de ce grand prêtre par le caractère du baptême , et surtout par le caractère sacerdotal , si nous avons le bonheur d'être dans le sanctuaire, nous sommes tous ce sacerdoce royal dont parle saint Pierre ; regale sacerdotium . (I. Petr. ij. 9.) Nous devons donc aussi , comme membres de Jésus-Christ, participer à son état de victime, et nous immoler continuellement à notre Dieu, C’est ce que nous fait entendre saint Paul , lorsqu’il dit que nous devons accomplir en nous ce qui manque à la passion du Sauveur et a son divin sacrifice ; adimpleo ta quœ desunt passimum Christi. ( Coloss . i. 24.) Il manque, en effet, à ce sacrifice celui de tous ceux qu’il a rendus ses membres par la foi et la charité , et qui doivent, comme le divin chef, se mettre dans une perpétuelle condition de victime. Mais en quoi consiste ce sacrifice que nous devons offrir continuellement à Dieu ? Le Saint- Esprit nous l’apprend lui-même dans les saintes Écritures; soyez justes envers votre prochain, justes dans vos jugements, justes dans vos paroles, justes dans vos actions, et vous aurez fait à Dieu un sacrifice agréable , sacrifient e sacrificium jus titiœ, un sacrifice qui sera pour vous une source d’espérance; et sperate in Domino. (Ps. iv.6.) Le sacrifice que Dieu demande de nous , et qui est à ses yeux d’une agréable odeur, c’est le sacrifice de miséricorde , qui nous rend compatissants pour les infortunes du prochain et indulgents pour ses défauts; qui facit misericordiam offert sacrificium . {Eccli. xxxv. 4.) Il est un sacrifice surtout qui plait infiniment au Seigneur, et qu’il ne rejeta jamais; c’est le sacrifice d’un cœur contrit et humilié } sacrificium Deo spiritus coniribulatus : cor contritum et humilia-

tum, Deus , non despic ies. (Ps. i. 19.) En un mot, si nous voulons offrir sans interruption un sacrifice au Seigneur, juge sacrifictum (Dan. viii. il), le moyen le plus salutaire, le plus universel et le plus complet , c’est de nous dévouer à la pratique des saints commandements, et d’embrasser sans restriction ce que nous savons être la volonté du Seigneur; sacri ficium salutare est attendere mandatis . ( Eccli . xxxv. 2.) Alors , nous unissant à la grande victime, nous pourrons dire à Dieu : Vous avez dédaigné lesmnciennes oblations, c’est pourquoi je me suis offert à vous, comme une victime sacrifiée à l’accomplissement de toutes vos volontés; ecce venio , ut faciam Deus volontatem tuam. (Hebr. x.9.) Recevez, Seigneur, mon intelligence, ma liberté , mon cœur, tout mon être.

FLEURS SPIRITUELLES

« L’âme fidèle aime, s’enflamme, se consume ; elle foule aux pieds toutes les voluptés et s’avance; elle voit les afflictions, les peines, les douleurs, les tourments, les supplices, la mort; elle foule encore tout aux pieds , surmonte tout et marche en avant. O aimer! ô avancer toujours! ô mourir à soi-même! 6 parvenir enfin jusqu’au sein de Dieu !... »

(S; Augustin, sur les paroles de V Apôtre, Serm. xvii.)

« Quoique nous ne sachions pas pourquoi une affliction nous arrive , nous ne devons pas la regarder comme injuste, puisque Dieu en est le premier auteur; c’est une grande satisfaction dans nos maux, de connaître qu’ils émanent de la volonté de Dieu , qui est toujours équitable. »

( S. Grégoire le Grand, Moral. 1. XXXII , c. v.)

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