PREMIÈRE PARTIE
nage de notre nature; proficiebat sapientiaet œtate. (Luc. n. 52.) Dispensé de la loi par le droit de son origine et les privilèges de son excellence personnelle , il se soumet à ce que ses observances ont de plus rigoureux : huit jours après sa naissance , il permet qu'on le circoncise comme un enfant ordinaire ; et plus tard , il se laisse porter au temple , comme s'il n'était pas né d'une vierge; de toutes les conditions humaines, il choisit la plus obscure et la plus dédaignée ; enfin , le désiré des nations, celui que la terre avait appelé de ses soupirs pendant quatre mille ans , passe trente années d'une vie qui ne devait en compter que trente-trois, dans l'humble atelier d'un artisan ! O vie commune, que tu dois être précieuse aux yeux de Dieu, puisque tes charmes l'ont attiré du ciel !
Puissions-nous nous désabuser tellement dés illusions de la vanité et de l'amour-propre, que nous comprenions la profondeur de l'enseignement que nous donne le cœur de Jésus dans l'élection et dans tout le cours de cette vie commune ! Il ne sauvait pas moins le monde dans cette condition cachée , que lorsque nous le verrons plus tard remplir la Judée du bruit de ses prédications et de ses miracles; ne pourrait-on pas dire même qu’il le sauvait davantage, puisque cette vie renfermait plus de renoncement et d'abnégation? Quoi qu’il en soit pour Notre-Seigneur , il est certain que l'éclat et tout ce qui nous place en dehors de la voie commune, est un piège à notre vertu; et qu'il n'est pas facile de se trouver sur le chandelier , sans se laisser éblouir par sa propre clarté. Si donc nous voulons mettre nos vertus à l'abri de la vaine complaisance et de la recherche imprudente de l'estime, il faut nous réfugier, par le cœur du moins, dans les salutaires retraites et dans les obscurités protectrices de la vie commune. Notre nature y répugne J elle aime l'éclat, elle est insatiable de distinctions; sachons la
conduire à l'école du divin cœur , qui lui découvrira les charmes et les douceurs de cette vie.
FLEURS SPIRITUELLES
a Une Couronne très-précieüse est préparée dans le ciei à Celui qui s’efforce de faire ses actions avec toute la diligence ét toute la ferveur dont il est capable , puisque ia récompense se mesure moins sur la grandeur et l’importance de l’action que sur la générosité avec laquelle on l’accomplit. »
(S. Ignace de Loyola, Sentences.)
« Chacun doit se persuader qu’il ne peut mieux servir le Seigneur, que dans la condition où la Providence l’a placé. Il faut donc qu’il y travaille à devenir meilleur de jour en jour, et qu’il s’y emploie ensuite autant qu’il lui sera possible au salut des autres. » (S. François Xavier, 1. III. Let. 5.)
« Il est plus glorieux et plus utile de servir Dieu dans l’humilité , que de régner même sur tout l’univers. »
( S. Louis de Gonzague, Sentences.)
«Toutes choses , pour si petites qu’elles soient, étant faites pour l’amour de Dieu, ne sauraient être assez estimées. »
( Ste Térèse , Livre des fondations, c. n.)
« Cheminons par les basses vallées des humbles et petites vertus, nous y verrons des roses entre les épines... Surtout j’aime ces trois petites vertus, la douceur de cœur, la pauvreté d’esprit et la simplicité de vie..-. Nous n’avons pas encore les bras assez larges pour atteindre aux cèdres du Liban; contentons-nous de l’hyssope des vallons. #
( S. François de Sales;)