‹ Le cœur de Jésus; ascétisme et littératureChapitre 88 sur 306 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

pas ses jours dans la tristesse ou dans l'inquiétude; non clama bit ... nec audietur vox ejus foris ... non ertï tristis, neque turbu fentes. (Is. xlij. 2, 4*.)

La modestie est un effet de l’ordre intérieur, et cet ordre consiste dans le parfait accord de notre volonté avec la volonté divine. Le cœur de Jésus fut donc le principe et la source d’une modestie sans égale, puisqu’il était l’ordre par excellence, et que sa vie, sa respiration, sa nourriture étaient le fidèle accomplissement des décrets éternels ; meus cibus est ut faciam voluntatem ejus qui misit me . (Joànn. iv. 34.) Saint Paul célèbre, dans sa seconde épitre aux Corinthiens, la modestie admirable de notre Sauveur; et c’était une opinion commune chez les premiers chrétiens et parmi les pieux auteurs du moyen âge, que pendant sa vie, la vue seule de Notre-Seigoeur inspirait des sentiments de vertu.

Tel est le modèle que nous devons nous proposer et dont nous devons reproduire en nous les traits. Les sens nous emportent continuellement hors de nous-mêmes; par eux l’âme se répand tout entière sur les créatures , elle s’y attache , elle s’y colle pour ainsi dire et se repaît de leurs charmes trompeurs. Or, comme le péché n’est ordinairement qu’un amour désordonné de la créature, la modestie l’empêche d’entrer dans nos âmes, en donnant aux sens un frein salutaire qui les oblige à ne se répandre qu’avec sagesse et modération sur les objets créés. Nous en avons fait peut-être plus d’une fois l’expérience; quels sont les jours de notre vie où nous avons eu le moins de fautes à déplorer? ne sont-ce pas ces jours de recueillement où notre âme, dévouée avec une sainte ferveur aux exercices de la piété, imposait à ses sens un joug plus inexorable et semblait morte aux objets extérieurs ?

« Que votre modestie soit connue de tous les hommes, »

disait l'Apôtre aux Philippiens; et la raison ou plutôt le motit qu'il en proposait était la présence de Dieu; Dominus prope est. ( Philip . iy. 5.) Mettons-nous, en effet, toujours en présence du divin modèle; dans chaque scène de la vie représentonsnous Jésus agissant, parlant dans la même circonstance où nous nous trouvons; nos paroles, nos actions , notre maintien calqués sur les paroles , les actions , le maintien du divin Sauveur , porteront ce reflet de modestie qui brillait dans toute sa personne. C'est alors que notre air modeste frappant tous les regards, nous serons pour tous ceux qui nous approcheront une prédication vivante de cet Évangile, qui seul a pu donner à l'homme, par la sublimité de ses enseignements, l'empire souverain sur les parties inférieures de son être. Contemplons souvent notre divin modèle , formons-nous tous les jours à son image ; mais surtout considérons quelle fut en Jésus-Christ la source de cette modestie qui fait l'objet de notre admiration; en nous comme en notre aimable Sauveur, •lie ne peut être que le fruit des saintes dispositions du cœur.

PLEURS SPIRITUELLES

« Il faut que les chrétiens soient retenus et modestes dans leurs maisons, à cause de la présence de leurs proches et de leurs domestiques; dans les rues, à cause des passants; dans la solitude, à cause d'eux-mêmes; et en tous lieux, à cause de la présence du Verbe divin qui est partout. »

(Clément d'Alexandrie, Pédagogue , 1. III, c. v.)

«Là où se trouve Jésus- Christ, la modestie s'y trouve aussi. » (S. Grégoire de Naziànze, Lett. 193.)

« Les vices entrent dans l'àme par les cinq sens comme par des fenêtres. L'esprit ne peut être dompté par les ennemis, à

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