‹ Le Cœur des SportifsChapitre 22 sur 48 · LE COUR PROGRESSIVEMENT FORCÉ · texte numérisé non relu

LE COUR PROGRESSIVEMENT FORCÉ

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C'est l'apparition d’une insuffisance cardiaque ii progressive, conséquence d’altérations lentes du Hi ; myocarde à la suite d'efforts répétés. Ce serait le gros cœur sportif devenant progressivement insuffisant. Nous savons que ce gros cœur est exception- 5 1 +. ' FANS Les grandes statistiques des universités améri-

caines et en particulier de l’université de Pennsyl-

vanie ont montré que les altérations cardiaques à 5o ans n'étaient pas plus fréquentes chez les sportifs ou anciens sportifs que chez les sédentaires. Par

eux seuls une étiologie suffisante de la défaillance cardiaque. Comme principal facteur toxique il faut a citer l'alcool. Le tabac semble avoir une beaucoup. moins grande importance. Comme facteurs infectieux, ce sont avant tout le rhumatisme cardiaque et la syphilis. | |

Le cœur forcé a été constaté dans certaines pro-

(grands buveurs de bière), chez des mineurs de Cor- | nous (Peacock), chez des bûcherons de la forêt de Tübingen (Münzigen) : là, et bien que nous e | soyons dans des conditions très différentes du sport,

* les facteurs surajoutés envisagés plus haut, ont une ra part importante dans l’étiologie de l'insuffisance. | 4

Le sport, à lui seul, nous paraît incapable tk £ d'aboutir à une lésion semblable. : "RS

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CnapiTre III LE COŒUR FONCTIONNELLEMENT FORCÉ

Alors que les troubles organiques dus au sport sont rares, les troubles fonctionnels sont, au contraire, relativement fréquents.

Ces troubles sont multiples : algies précordiales, troubles vaso-moteurs, tachycardie permanente. Samain signale des arythmies : extra-systoles en général, mais aussi des crises de tachycardie paroxystique type Bouveret, des crises de flutter et de tachyarythmie paroxystique. Tous ces troubles, pénibles pour le sujet, impressionnent à juste titre l’entourage, car ils surviennent souvent à la fin d’un effort physique justifiant ainsi l'expression de « cœur forcé ». Or, dans la presque totalité des cas, l’integrité organique du cœur est conservée comme on peut le vérifier par kes examens clinique, radiologique et électrocardiographique : ce sont donc des cœurs fonctionnellement forcés. Toutefois Samain constate que l’accident est sérieux, tenace et que les troubles ne s’amendent que très lentement par une

rééducation lente et progressive. Dans certains cas, le sujet a même vu son activité sociale fortement amoindrie pendant un temps plus ou moins long.

Ces faits sont surtout fréquents chez les adolescents qui, sans éducation préalable, sans surveillance médicale, abusent du sport et surtout de compétitions qui devraient leur être interdites.

De 13 à 16 ans le sujet est en pleine période de croissance et de puberté. Le thorax est étroit, le cœur semble trop gros par rapport à ce dernier c’est la fausse hypertrophie cardiaque de Huchard, qui s'accompagne souvent de la sensation du « cœur trop grand ». Le sytème endocrinien en pleine évolution retentit également sur le système cardio-valvulaire.

Ces sujets sont fréquemment des éréthiques présentant tous les caractères du « Syndrome d'Eréthisme cardiaque des Adolescents ». Ce syndrome, isolé par notre maître M. René Bénard, du groupe plus vaste des neurotonies, a fait l’objet de la thèse de son élève Laure. À plusieurs reprises, nous avons constaté chez de jeunes sportifs considérés comme normaux, un souffle systolique de la base, au foyer pulmonaire, à propagation vers le haut et correspondant à une sténose congénitale légère de l’artère pulmonaire, base anatomique de l’éréthisme des adolescents (observations IV, V, VI). |

René Bénard a souvent observé des sujets de 20 à 25 ans, éréthiques cardiaques présentant une hypertension maximale à 18-19 cm, atteignant parfois 22 et contrastant avec une minima normale (7 à 9 cm.) L'enquête révèlait que ces sujets avaient manifestement fait un abus de sport entre 13 et 18 ans. Ces cas ont fait l’objet de nos observations XIV,

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Bien que le pronostic général de ce syndrome soit excellent, l'affection méritant « à peine le nom de maladie » il est facile de comprendre que ces su-

jets doivent être particulièrement surveillés dans

leurs exercices sportifs. Bien que le syndrome puisse, à lui seul et en dehors du sport, cntraîner une hypertension (observations X à XIII, cette hypertension est surtout fréquente chez les éréthiques exagérément sportifs. Ce syndrome n’aboutit qu’'exceptionnellement à l'insuffisance cardiaque, mais il faudra y songer davantage chez les sportifs que chez les sédentaires. Dans l'observation IX le sujet

se plaint d'une dyspnée d'effort particulièrement

intense et pénible. Si d'autre part Mn chez les sujets atteints d’Eréthisme cardiaque est le plus sou-

vent normale ou subnormale, il n’en est pas tou- L. :

jours ainsi. Dans sa communication sur ce sujet à la-Société Médicale des Hôpitaux (7 juin 1937), M.

René Bénard a cité le cas de plusieurs adolescents

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