FEU PRINTANIER
P à la vigne en fleur qui sent fluer ses sèves Le bois sec des sarments. Le long de cette grève liamasse les copeaux et ces jones gras et lourds Que l’eau haute en avril entraine dans son cours, Puis, vadans le bois proche aubord dufleuve, apporte La mousse du tronc d’arbre et les cônes du pin, Des feuilles de fougère avec les branches mortes A l'automne dernier de l'orme et du sapin.
Que le bûcher s'élève et soit plus inflammable Pénétré d'herbe sèche et du foin de l’étable,
Maintenant fus jaillir l'étincelle du feu,
Que le foyer bruvant s'anime peu à peu ;
Regarde pétiller la vive sapinette
Et se tordre les dards de l'épine-vin tte.
Ecoute aussi, bruit monotone, l'aigre voix
On croirait d'un grillon captif du feu sourno!s Oui, subtil, se propage, insinuant, et lèche
Le sol herbeux, lançant de subites flammèches, \Mordant une racine, une souche, un caillou, Superbe dans l'éclat de son brusque courroux. \fais voici que bientôt lxtlamme diminue
Et fait plus sombre encor la noirceur survenue... Tandis que dénouant leurs lonzs voiles mouvants, Des nuazes hâtifs s'échevèlent au vent,
Dans l'espace où tu vois, ample et tuméfiée, Yeux caverneux, fixant l'ombre pacitiée,
La bouche sans haleine, étrange en sa frayeur,
La Lune au masque clair qui pousse sa clameur.
ec men
L° coucher primitif de nature sauvage Déroule sous les cieux son émouvant tableau.
Glisse, ma barque ombreuse, et longe ce riva
ep
Au rythme égal et frais de l'aviron sur l'eau,
Le beau lac ignoré, perle des Laurentides Qu'enchässe un cirque étroit de monts fauves et noirs, Sur le mercure vif de sa nappe sans rides
M'apporte la rumeur bucolique des soirs,
jé coma tbmenane ve
met ve
1s LE CŒUR EN EXIL
Et déja, dans une anse, une épaisse buce Comme une mer laiteuse enfle ses gros bouillons ; La rive d'un trait bleu n’est plus délinéée,
De grands fantômes blancs s'élèvent des vallons.
Des troupeaux égarés broutent dans les novales, Et c'est sur les coteaux incultes et rocheux Où poussent la fougère et les touifes d'orvales
Des bruits se répétant de sonnailles joveux.
A ma voix qui se moque ou qui se fait plus grave De val en val l'écho par trois fois me répond,
œaité d'esclave
Et j'écoute amusé cette &
Qui prend la voix du maitre ou sa voix de fripon.
L'ixant l'ombre, les yeux orins et magnétiques, Le hibou rêve avec sa face de vieillard; Cols incurvés parmi les tiges aquatiques,
Auprès d'une ile nage un £roupe de huards.
Un «igre violon qui rythme sa cadence Donne au jour expirant un charme musica), Le lourd piétinement d’une rustique danse
Réjouit le foyer simple et patriarcal
ns,
ns.
rave
pon.
De quelque humble chalet où c'est fête nocturne. Sur les monts solennels l'ombre saigne à torrents, Les mille feux lancés de l'azur taciturne
Prolongent dans le lac des glaives fulæurants,