‹ Le cœur en exil [microforme]Chapitre 48 sur 55 · AUTOMNE · texte numérisé non relu

AUTOMNE

{ 09490 YA Ç Re ru 2 «TE tenir | =) RS Cars yes 9 AUTOMNE N YMPHONIE automnale ! O mon cœur anxieux !

À Un grand vent monotone, amer et pluvieux,

A fait revivre, au sein des vieilles cheminées,

Le grillon qui bruit ses chansons surannées,

Des pancartes le long d’un mur claquent au vent,

Et j'écoute transi la cloche du couvent

Qui convoque dans l'ombre au bord des routes croches

Tous ces Morts don les veux semblent gros de reproches,

Je revois dans les champs, parmi les peupliers, Les corbeaux conjurés, mines patibulures,

Et ceux qui tournoyaient au ciel erépusculaire,

Et qui fuiront demain, noirs et rauques voiliers, O novembre, ton deuil, à Noël, tes welées !

Je songe aux bois trempés, si déserts qu'ils fo ntpeur, Et j'ai le goût encor de la feuille brûlée

Dans les labours qu'embue une blanche vapeur. Tous les foins sont rentrés et les grappes cucillies. C'est du sang de l'année et de ses pampres lourds Que le feuillage est teint de rouilles et de lies. Interminablement ce furent tout le jour

Les feuilles dénudant les branches secouées..

Et hagardes, Fi-haut, les troupeaux des nuées

Qui fuvaient, on eût dit prises d'elfroi devant

Je ne sais quel désastre, et qu'emportait le vent ! Ah ! sonore ce fut, à l'écho des cop nées !

La coupe des fagots en hâte pour Fhiver

Dans la forèt où sous l'écorce gris de fer

Pullule le cloporte et rampe l'araignée,

Et j'ai pleuré la mort d’une féconde année

Qui prodigua pour nous, généreuse, sa chair, N'es-tu pas ce dolent paysage d'automne

O mon àme, ce soir, mon âme qui frissonne !

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