VOX SOLIS
JS 4 l'aube tu bois, fr: aichement déposée Sur un pétale blanc, la nocturne rosée,
Bois le philtre subtil de ma vaine pensée.
Anxieux de calmer mon trouble intérieur, Trop souvent j'ai vidé la coupe de l'erreur, Pleine de cendre aride, en l’urne de mon cœur.
Ton vaste appel vers Ja lumière, je l'écoute. Toi qui cribles, là-bas, la Nuée en déroute,
Dissipe en mon esprit la ténèbre du doute.
Vers Toi je sens l’élan de la tige au cellier, Ou de celle qui pousse à l'ombre d’un hallier,
Qui gucttent selon l'heure un rayon familier.
Car tu mets sur mon front une tiède auréole, Tu m'apportes avec ton baiser qui console
La charité de ta lumineuse parole.
Comme les corps qu'embrasera ta pureté, Que mon âme, à Soleil ! Foyer de vérité!
Aille s'unir à ta grande âme de clarté !
Prends-moi! Que je m'abime en ta sublime essence! Me pénétrer de ta profonde intelligence,
Guider des sphères d'or au sein du Gouffre immense,
Puis savoir le secret du brin d'herbe qui croit, De la sève qui monte en un tronc haut et droit,
De la mort dans les yeux hagards, vitrés d’effroi !
Mais que dis-je, à douleur! O Soleil magnanime! Mon espoir est trop grand et ma prière un crime ; Donne-nous seulement le feu qui nous anime,