I. K l (K CK
tant!) , et dont l'histoire remplit tous les petitjournaux , le lendemain et le surlendemain I
C’est à Asnières que le charmant ci ayon < ! A lopliea, dessiné un joli chalet, qu’il appelle Casa Alophe , et qui témoigne de son bon goût, grâce et de l’ignorance étemelle des réalités de la vie, que tout artiste et tout bohémien aura toujours! Et cependant quelle ravissante casa! comme on doit y être heureux , quand . le soiton voit passer du balcon les voiles blanches qui emportent un rayon de lune!
C’est à Asnières enfin que notre pianiste le plus aimé, Alfred Quidant, a fait bâtir une jolie maisonnette dans le style Louis XIII. maisonnette à forme un peu triste . triste comme son esprit rêveur; — mais dont tous les échos savent déjà le refrain ;
Ma barque est si petite et la mer est si grande !
Ah 1 si les artistes savaient faire la cuisine ! s’ils avaient au moins un cuisinier comme Tal-
ET I. 'ESTOMAC
If v raïul mi madame Bagrat ion ; mais non , faitesleur une visite, admi rez leur dessin , ou écoutez leur musique et, vers six heures, courez bien vite au rendez-vous des canotiers : — Laroche vous prépare une friture, que, de sa belle main un peu rouge, vous servira Julie ou Paméla !
Souiu’iiir ïTinmnnuc.
C’était dans le grand parc un petit banc rustique ; Trois ormes au-dessus formaient comme un portique. Quand l’aube matinale en riant s’éveillait,
Là souvent vous veniez, ô ma belle madone,
En juin, lorsque des bois s’épaissit la couronne, Mener quelque doux rêve où l’âme se complaît.
C’était un lieu désert plein de feuilles jaunies,
Où des vents et des eaux les fraîches harmonies Pouvaient bercer le rêve et caresser l’esprit;
Car jamais du château les maîtres et les hôtes
L H CŒCH
Ne liaignaieiit y fouler (lu pied le» berbe» haute»
Où le muguet monte et -ourit.
Tandis qu’ils s'oubliaient dan» les larges allées. D’amis et de fâcheux dès le matin peuplée».
Par un sentier secret, dans le sillon tracé,
Où votre chèvre seule à peine osait vous suit rc,
Vous alliez, en froissant les pages d’un vieux livre Vous asseoir au berceau sur le banc délaissé.
De vos tins cheveux blonds les boucles effilée» Tombaient sur votre cou, par le vent déroulées:
Et j’y crois voir encor, cher et doux souvenir 1 Le joli fichu rose et sa frange agitée Que, sous votre menton, votre main dégantée Cherchait en vain à retenir.
Vous alliez... et rêvant, jeune hile naïve.
Plus pure que le flot de la source d’eau vive Où, lù-bas au vallon, se mire le ciel bleu .
Vous preniez une fleur ù la verte prairie.
Une fleur étoilée et sous vos pas fleurie,
Pour luj dire tout bas : ■> Ne m’aime-t-il qu'un peu r
ET L’ESTOMAC
Hélas ! il vous aimait du profond de son âme.
Mais quatre aus sout passés, quatre ans déjà, madame !
Maintenant un enfant joue et pleure à vos pieds ;
Un mari plus heureux prend des airs ennuyés ;
Et vous, vous soupirez.... Sur votre beau visage
Une ombre passe, ainsi qu’au couchant un nuage.
Par la croisée ouverte, au hasard, vous cherchez
Les coteaux sous la brume à 1 horizon cachés...
Et cette barre d’or que le soleil allume,
Et cette forge au loin avec ce bruit d enclume;
Tout ce beau paysage étalé sous vos yeux,
Ces frêles peupliers qui montent jusqu aux cieux.
Ce lac, splendide moire, et ce chant sur la grève,
Tandis que de la nuit l’astre amoureux se lève ;
Ce bruit du vent qui paése en de grands marronniers
Ces parfums qu’au parterre exhalent les rosiers ;
Et l’angélus qui tinte aux cloches du village,
Appelant le vieillard appesanti par l’âge Dont le petit enfant s’endort dans son berceau ;
Oui, toutes ces beautés, qui, mises en faisceau, Composent des longs soirs la divine liarmonie Que tout homme comprend, que Dieu même a béni'-. Font vaguement réver. madame, votre coeur!
Et, sans votre mari bourru, froid et moqueur.
Qui rit de votre extase et vous parle ménage.
Ou se met à gronder l'enfant qui n’est pas sage. Vous suivriez longtemps la belle vision Surgie en votre cœur, qui regrette et soupire, Comme un atome d’or nageant dans un rayon,
Qui fuit, qui reparaît, qu’on cherche et qu'on désire . Et vous diriez encor :
“ Tout s’est-il donc enfui :
O pâle fleur d'automne! ô chère marguerite.
Que j’effeuillais si bien, qui disais toujours oui. Lorsque, le cœur troublé, je te parlais de lui !
O bosquet où l’oiseau seul à présent s’abrite !
Doux fantômes d'amour, hélas vous avez fui !