‹ Le cœur et l'estomacChapitre 20 sur 28 · LE POÈTE · texte numérisé non relu

LE POÈTE

Idéal! idéal! à qui donner raison?

Quoi! toutes deux en pleurs : l’enfant, la courtisane ! Cœur fatigué d’aimer, l’une songe et se fane...

L autre interroge T horizon .

LE CŒUR

Déclaration naine.

Assez d’autres, madame, en un bal vanteront Vos grâces, vos talents; vous diront que vous êtes Reine, par la beauté, par l’esprit, de vos fêtes :

Assez, en se jouant, s’avoûront vos conquêtes Et feront de bonheur rougir votre beau front .

La louange est menteuse et perd ceux qu’elle abuse. Si des fats bien gantés l’hommage vous sourit.

ET L’ESTOMAC

Si, comme un fol oiseau qu’un peu de glu séduit, Vous laissez une fois surprendre votre esprit,

Votre coeur ne sera qu’un jouet dont on s amuse.

Gardez-vous de l’intrigue et des plaisirs d’un jour. Avec vos beaux danseurs ne soyez point coquette,

Et ne vous plaisez pas à nous tourner la tête ;

C'est là du temps perdu que plus tard on regrette : Ce n’est pas à ces jeux que se trouve l’amour.

Mais si, tourné vers vous, craintif, tendre et fidèle, Dans l’angle des salons, l’hiver, vous rencontrez Un enfant amoureux, souffrant quand vous souffrez, Et vous nommant tout bas avec des mots sacrés... Madame, abritez-le sous l’ombre de votre aile.

Encouragez son cœur, qui n’ose soupirer.

Si, timide, il craignait rires, mépris ou blâme, Mettez dans vos yeux noirs un rayon de votre âme ; Rappelez-le d’un signe et souriez, madame :

Un amant véritable est long à rencontrer.

LE CŒUH

Oubliez sans regret les compliments d'une hem . Et l’encens qu’on brûlait le soir autour de vous ; Au lieu de dix flatteurs vous aurez un jaloux Qui, sous votre regard, tressaille a vos genoux. Et pour tout madrigal baisse les yeux et pleure.

ET LESTüMAC.

Cf nom ï>c ôtluia.

Silvia ! Silvia ! nom que dans les romans Le héros, qu'il s’appelle Arthur ou bien Octave, Choisit à la beauté dont il est l’humble esclave,

O le plus poétique entre les noms cliarmans !

Silvia, nom illustre adopté par Shakspeare ! . . .

Il semble voir passer dans le vague de l’air

Une ardente Espagnole, au teint mat, à 1 œil fier,

Comme aux seuls mots de lis et d’œillets on respire

.Ii: nu sais quel parfum qui devance la fleur .

Et pourtant ce n’est pas, comme dans les estampes. Une Andalouse, mouche au sein et rose aux tempes. Montrant la passion jusque dans sa pâleur

Que vont dans le West- End trouver mes pieds alerte- . C'est, dans un boudoir bleu meublé par lord Stuart. Une Silvia blonde et fraîche sous le fard.

Ayant un peignoir blanc et des pantoufles \ •-rte-

ET L’ESTOMAC

Uni’ boniif soim.

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