V ALEXANDRE DUMAS FILS
Encore un gai dimanche où rit notre jeunesse.
Un dimanche effacé du carnet de nos jours ;
Beaux moments tout entiers donnés à la paresse,
A la musique, aux vers, aux chansons, aux amours!
La dame du logis, bouche rose et dents blanches, Front bien fait, regard fin qui promettait encor ,
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Laissait en t’écoutant traîner hors de ses manches Ses beaux bras sur le dus d’un fauteuil à clous d’or.
l'on esprit net et prompt, plein de vives -aillies. Ayantsurtoutecbo.se un trait toujours heureux. Neuf, plein d’inattendu jusque dan- les folies.
Et, quand nous causons d’art, profond et sérieux.
Ton esprit nous charmait; ta verve à tout passage Faisait naître un éclat de rire sous ses pas :
Noble et bien rare esprit, glorieux héritage
Qui fera dire un jour : .< C’est l’esprit des Durna- ! -
Et la dame était jeune et gaie et si jolie !
Son beau rire était franc et résonnait bien haut,
Et, fleur obéissant à ta douce magie.
Sa bouche en perle fine a payé chaque mot.
Douces heures de paix, de joie!... ô causeries Oùles sots, les méchants, le monde est effacé!
La jeunesse c’est vous, belles heures fleuries.
Et par vous l’avenir se rattache au passé.
ET L’ESTOMAC
.Vrai, nous vieillirons, mais pour nos ans moroses Gardons ces souvenirs, chères et pâles fleurs,
Et quand nous ouvrirons notre herbier plein de roses, La gaîté d’autrefois sourira dans nos pleurs.
LE CŒUR
dîneur a la rue ôaint-Jlorrntin.
Chez Koger de Beauvoir
Cette rue aristocratique Où Maurice de Talleyrand.
Prêtre, épousa madame Grand :
Gentilhomme, à la race antique De Capet et de saint Louis Prêta serment et fut parjure :
Comblé de biens, n’eut plus qu 'injure.
Au premier rang des ennemis.
ET L’ESTOMAC
Pour le vaincu de l’Angleterre ; Mourant, Ht la grimace au ciel Et nargua le Maître éternel Par un bon mot pris à Voltaire ;
Cette rue où pour ton salut La marine eût jeté son ancre,
Si ta plume, au fond de ton encre. Peu jalouse de l’Institut,
Dans ces temps d’auteurs prosaïques.
Ne trouvait encore, et souvent !
Ces beaux vers des jours romantiques, O des poètes magnifiques.
Roger, le dernier survivant !
Ami, cette rue illustrée Par tant de ministres déchus,
Où, descendant de l’Empyrée,
Le grand Arago... qui n’est plus Qu’un point perdu loin de la terre..
Daigna veiller sur nos destins,
Roi des flots et roi de la guerre
Dans nos temps de trouble incertains:
Cette rue où, — douteuse fête ! —
La Restauration s’est faite,
Où Bouchot, Duperré, Molé,
Décorent le ciel étoilé
Des Jean Bart dont la France i-st tièr.
Garde, erois-le, pour l’avenir.
Cher ami, le gai souvenir De ta verve primesautière Faite d'esprit, faite de cœur...
Du temps qui passe sur nos têtes Après eux tu seras vainqueur La postérité dans ses fêtes Placera ton nom près du leur !
LÜCILE.
L K CŒim ET L ESTOMAC.
Ciirilr.