A EUGÈNE GODOT
Maisons.
Solitude, ô bois aimés par Gilberte,
Vous l'avez connue au temps des amours ;
Ne savez-vous plus nos tendres discours Sur la mousse verte !
.le disais , tenant son cœur près du mien :
.. Le bonheur est là, sous la voûte sombre
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Des grands chênes verts... tout le reste est ombre : Aimer... et plus rien! -
Elle répondait, toute fiére et ravie :
Oui, Dieu fit ces bois si mystérieux Pour cacher l’amour tendre et sérieux .
Pour cacher ma vie! *
Et sa voix tremblait, et de ses beaux yeux Sur nos doigts unis tombait une larme...
Et tant de bonheur me laissait sans arme . Triste dans ma joie, aux portes des cieux
Dans ces mêmes bois où pleura Gilberte Hier je vins dîner avec des amis ;
Déjà le couvert à l’ombre était mis Sur la mousse verte.
On avait tiré des flancs du landau Tout un gai festin de Chevet . ce sage
k t L'estomac.
Et quelques flacons du vin d’ Ermitage Qui se passe d'eau
La brise , apportant l’odeur des bruyères . Embaumait le ciel plein de gais récits :
Les heures fuyaient, libres' do soucis .
Vives et légères !
Dans nos yeux troublés par mille lueurs ,
Quand l'ivresse vint , douce et bienfaisante :
- Messieurs, à l’ingrate, à Gilberte absente!
Dit l'un des rieurs.
.. A Gilberte ! dis-je en vidant mon verre ;
Et le même coup de vieux chambertin A guéri mon cœur de son noir chagrin :
J’ai tout oublié, bonheur et misère!
£Vs Colombes.
A MADAME DE8BOBDES VALMOKE.
Souvent un groupe uni de colombes craintives.
Quand l’aube vient sourire au seuil du colombier.
S’abat en frémissant, madame, sur les rives
D’un ruisseau, frais miroir où se penche un sorbier.
Les unes dans la mousse, humides de rosée.
Semblent de loin des lis couchés et tout en pleur-.
ET L’ESTOMAC
Et, comme en une coupc exprès par Dieu posée, Vont boire un peu de pluie au calice des fleurs.
L’autre, plus familière, avec un doux murmure,
Sur le cou d’un enfant assis sur le chemin,
Vient se poser et joue avec sa chevelure, ,
Et l’enfant lui prépare à manger dans sa main.
Ainsi quand vous ouvrez la porte de votre âme A l'essaim frémissant, de vos chants, de vos vers,
>i tons, à grand bruit d’aile, oiseaux baignés de flamme, S’échappent dans les airs ,
Je choisis le plus beau ( c’est le premier qui passe) ; Sur mon doigt qui l’appelle il vient se reposer,
Je 1 abrite en mon sein , nous causons à voix basse, . . Et quand il veut partir je lui donne un baiser.
LE CΆB
Ca paresse îi’ctc.
SONNET DE THÉODORE DE BAN' iLLE
N’aimerais-tu pas bien, ô mon cher Asselme A tenir ces jours-ci dans quelque fin réseau Une fée en souliers d’écorce, un bel oiseau Couché dans la batiste et dans la mousseline.-'
Une espiègle aux yeux bleus qui s'appelât Céline. Jeune et folâtre avec de longs doigts en fuseau. Harmonieuse au vent du soir comme uu roseau. Doux rêve de Vidal, plein de grâce féline V
Nous sommes en juillet : là-bas, languissamment Notre lae d’Engliien pleure, et c’est le vrai moment Où tu dois comme nous sourire à ta paresse.
Courtise»- la donc ; mais que ses yeux adorés Soient tout un ciel; qu’elle aime une molle caresse, Et qu’elle ait de longs cils et des cheveux dorés !
LE CŒUR
Nomme-la Blanche ou Gabrielle.
Donne-lui chapeaux ou bonnets.
Je ne sais pas de demoiselle Qui vaille un seul de tes sonnets 1
Nomme-le champagne ou bourgogne.
Que les flacons soient pleins et nets.
Je ne sais pas de vin, d’ivrogne,
Qui vaille un seul de tes sonnets !
ET L’ESTOMAC
Nowme-le pharaon, bataille, Baccarat, creps, dés ou cornets, Je ne sais pas de jeu, de taille, Qui vaille un seul de tes sonnets !
Ccô bdlfô robes.
Quand j'avais vingt ans. me? j' unes idée- Sons la soie et l’or plaçaient les ami i rs : J’admirais déjà les jupes brodées.
Les habits de moire et d'épais velours.
Déjà j’adressais des vers à la Mode.
Et j'avais appris en une leçon
Si la manche est plate nu façon pagode.
Si le col est bien de point d’Alençon :
ET L’ESTOMAC
S’il vaut mieux porter trois volants que seize Découpés à jour on bien festonnés,
Et si les manteaux forme Louis treize Sont garnis de jais ou sont galonnés.
Mais je vous aimais, vous surtout, bottines,
Dont le jeu, l’effet n’est jamais perdu,
Et vous, pieds cambrés, vous, chevilles fines,
Sous le vif satin, neuf et bien tendu ! '
Donc j’avais vingt ans M’est avis encore
Que toute grisette est du fruit gâté ;
Mais, ange ou poupée, il faut qu’on t’adore Si tes beaux chiffons doublent ta beauté.
Danseuse, ou bourgeoise, ou femme du monde , — Elégante et riche, — a toujours mon choix, Car les tins colliers font l’épaule ronde,
Car les diamants font les jolis doigts.
(£n mrr , la
Ah ! le flot est sombre Et le ciel est noir !
Dans toute cette ombre Où chercher l’espoir V
Il n’est plus de flamme Qu’en vos veux si doux L’espoir, ma chère 8me L’espoir est en vous 1
nuit.