‹ Le cœurChapitre 17 sur 21 · CONSOLATION · texte numérisé non relu

CONSOLATION

Un médecin adorait une femme mariée.

Il la croyait vertueuse, bien qu'elle ne le fût pas avec lui. Un jour, il fut certain qu'elle le trompait, non seulement avec son mari, mais encore avec un conseiller de préfecture. Comme il était fou de la dame, jolie et blonde, il n'osa rien dire, afin de ne pas la perdre. Seulement, après avoir possédé, encore un coup, cette femme honnête, de province, il sortit pour ne plus revenir, dégoûté d'elle et de soi.

L'amour anéantit donc en l'homme toute énergie ? J'ai eu cette lâcheté pareille

de rcvouloir Noémi qui était la maîtresse d'un autre et me l'avait déclaré. Je la savais à Folleuil, à quelques lieues de Paris, clans la maison de campagne de sa cousine Léa, dont le mari était absent. Noémi avait pris racine dans mon être et dans ma vie. Je souffrais de son arrachement. Incapable de travailler, ayant en horreur le logis de garçon empli de son souvenir, je flânais souvent à travers rues. Un aprèsmidi, je suis allé, sans m'en douter, en obsession de la troublante Israélite qui fut tant chérie, dirigé par une volonté inconsciente, dans le quartier des nez en be.c-decane. C'est presque le ghetto. Rue Saint- Paul, rue des Juifs, rue des ïournelles, rue Charles V, je regardai les visages aquilins, au teint couleur d'orange, de safran, d'olive, et, particulièrement, je m'arrêtai, sur la petite place, pointe Rivoli, la place des poux, comme disentlesprofanes, àécouterles conversations en baragouin hébreu mâtiné d'allemand, patois yudisch, d'arabe

ou de polonais. Economes de l'eau, tes coreligionnaires, ma brune! Les vieilles femmes de la tribu sont aussi laides que les jeunes sont admirables. Comme chantait Ronsard, qui ne savait que ce refrain :

Le temps s'en va, le temps s'en va, ma dame!

Les youtres fourmillent aussi dans la rue Zacharie, vers les quais, étroite, obscure, et, même, puante. Ce ne sont que des boutiques de revendeuses à la toilette et de marchands de bric-à-brac. S'étalent, aux devantures, des uniformes de préfets, des mouchoirs en couleur et d'autres à dentelles, des habits noirs et des gâteuses. Les youtres vivent sur le cadavre de la misère. J'ai passé encore, dans le quartier du Temple, rue Notre-Dame de Nazareth, seul, le cœur gros, la mémoire pleine des bonheurs achevés jusqu'à la lie. C'est là que je fis la rencontre de Noémi.

Se souvient-elle de notre premier de l'an ?

Nous nous sommes promenés, sur le boulevard des Capucines, à travers la foule endimanchée, et, voyant, derrière la vitrine d'un fleuriste, des bottelées de lilas, aux grappes quasi jaunes, dans les collerettes de papier, voyant des roses douloureuses, des violettes par milliers, un peu maladives, nous avons eu l'idée d'une promenade au Bois. Nous voilà partis, en voiture de maître, louée devant le café de la Paix. Gentil est l'hiver qui emmitoufle de brumes les paysages atones, dénude les arbres, montre les nids abandonnés au coin des branchages, couche le soleil dans du coton, à l'horizon vague, cadenasse les grilles des jardins, brode les feuilles, semblables à des ailes d'insectes, dont ne restent plus que les fibres, avec le givre brillant, ferme, comme des paupières, dans la banlieue parisienne, les contrevents des villas et glace le lac pour les patineuses, quand il plaît au bonhomme couronné de houx ! La nature gourde som-

nolait. Ce fut une soirée ravissante et intime. A un moment, j'ai relevé la voilette blanche de la chère mie, pour embrasser, bien, les yeux :

— Dis! Nous nous aimerons toujours?

— Nous nous aimerons encore plus.

Toute passion est une folie. Dans un duo charnel, avec accompagnement sentimental, celui qui rompt le premier ne blesse-t-il pas l'autre en une vanité secrète ? Elle est cause souvent que le fou tarde à guérir de son mal.

Folleuil est un paisible village et, par conséquent, ne ressemble en rien à ceux que traverse la ligne de l'Ouest, Asnières, Colombes, Bougival, Argenteuil, villages tapageurs, et môme gais, où résonnent, avec les rires, dans la chanson des rames, les ohé ! convaincus, évohé ! des canotiers et des cocotes d'eau. La villa de madame de Yoilleroux est à dix minutes au moins de la gare. Trois heures du soir. Le soleil

était brûlant et la route poudreuse. Les insectes criaient.

L'air était chaud comme celui d'un four; on aurait pu présager ce qui surviendrait. A mesure que j'approchais, mon cœur battait plus fort. Est-ce que j'allais reconquérir Noémi ? (C'est dommage qu'il n'y ait pas eu un décrotteur pour brosser mes souliers.) Apparaissait le toit d'ardoise. La maison, à l'extrémité d'un jardin, est un nid dans la verdure. Les volets étaient clos. Une bonne m'apprend que madame et mademoiselle, parties, le matin, à Pari», n'arriveront que pour le dîner. Je lui dis d'annoncer que je reviendrai et je m'égare dans les bois. Que faire dans un bois, à moins de songer ou d'aimer, quand on n'est pas bûcheron? Noémi était maintenant la gourmandise d'un gros carrossier millionnaire.

J'aurais pu m'en douter.

Ne me racontait-elle pas; en février, l'histoire d'une de ses amies dont elle

enviait la chance? Je me remémorais, par les sentes, cette narration faite sur l'oreiller :

— Scélépha n'était pas riche du tout, si bien que jolie... mais jolie, avec des yeux clairs comme des perles, des cheveux d'un noir d'enfer, elle alla coucher, une fois, pour dormir en paix, à l'asile de nuit. Enfin elle eut une occasion. Un jeune homme dépensa pour elle quatre cent mille francs, en sept mois... Quand il n'eut plus rien, elle vendit la moitié de ses bijoux, réalisa une somme rondelette, car elle se sentait pincée d'un certain amour et ne voulait pas faire de bêtises avec un décavé... Elle s'embarqua, seule, à l'aventure, dans un train pour Pétersbourg. En Allemagne, vois-tu la chance?... Il y a des gens à qui tout réussit. Enveloppée de son cache-poussière, elle lisait, lorsque entra dans le compartiment un monsieur bedonnant.

Elle s'aperçut bientôt qu'il était impres-

sionné. Pas d'autre voyageur. Il lui fit une déclaration et le récit de ses malheurs conjugaux. « Vous allez à Pétersbourg?ll y a dix ans, j'y épousai une jeune fille pauvre. Figurez- vous que je suis resté cinq ans sans savoir qu'elle me bernait avec mon secrétaire. Je ne peux pas avoir d'enfant. Les docteurs les plus célèbres me l'ont prouvé... Ma femme, cependant, a accouché d'un garçon. Ce qu'il y a de curieux, c'est qu'il me ressemble ; mais ça s'explique, Madame... Je possédais une superbe chienne de Terre-Neuve. Allant de Vienne à Paris, j'avais ordonné à mes gens de veiller sur elle, quand, aux stations importantes, ils la sortiraient de sa cage. Tandis que les deux valets, je ne sais où, buvaient, elle fut saillie par un bouledogue. A terme, elle mit bas d'horribles bêtes, têtes rondes avec des dents en crochet, qu'on jeta dans la Neva.

Malgré des précautions, qui ne pouvaient

laisser aucun doute, la chienne, à chaque

nouvelle portée, fit des petits horribles. Tous avaient quelque chose du sale bouledogue. Le premier mâle pointe, quelquefois, une marque ineffaçable. Ainsi l'enfant avait de mon air... J'ai divorcé, quand même, en Roumanie, après m'être fait naturaliser, pour profiter des lois du pays, et j'ai marié ma femme à son amant, en leur accordant une dot de cent mille francs. Mon secrétaire n'avait pas le sou... Voilà trois ans depuis cette rupture.

Voulez-vous être mon amie? Je me nomme Nicolas Zeyspang et j'ai plusieurs millions. Voulez- vous? » Le train roulait toujours. Scélôpha a accepté, d'abord, d'être son amie. Au bout de six mois, elle était sa femme légitime. Ils se sont fixés à Naples. De temps en temps, elle vient à Paris, où elle a retrouvé le jeune homme. Bien peu connaissent son passé. Madame Zeyspang est, à présent, une femme du monde.

N'est-ce pas, vraiment, une bonne for-

tune d'être atteint de la paralysie du cœur, non pas du cœur qui bat dans la poitrine, reçoit le sang" noir des veines et le chasse, pour le purifier, dans les poumons, mais de la paralysie des circonvolutions cérébrales qui sont le siège de sentiments altruistes dangereux? Autant est désastreuse la fuite de l'intelligence, autant est bienfaisante la paralysie du cœur, car toutes les facultés sont alors au service de l'égoïsme. Noémi avait le bonheur de pouvoir, sans trouble, conduire sa vie au mieux de son intérêt personnel. Tant mieux pour elle! La température était accablante.

Assis à une table de café, dans le village, après mon excursion forestière, j'ai rêvassé, devant un vermouth, d'un cavalier du désert qui descendait au seuil d'une tente, où, soudain, il était frappé au cœur à la vue d'une femme nue sur une natte. Elle était endormie et belle comme

une des houris que le cheick se représentait dans ses songes. Il s'agenouille et chante des vers d'amour. Souvenir! souvenir! ô Juive! ô femme! Sérénade inutile. Mais, au froid d'un collier d'or et de pierreries, agrafé doucement, la femme s'éveilla. « Nous nous aimerons encore plus que toujours. » Méchante et charmante, qu'en dis-tu?

Vers sept heures et demie, je sonnais, de nouveau, à la grille du jardin. Léa et Noémi étaient, derrière la maison, sous les platanes. Elles achevaient de dîner. J'embrassai Noémi. La mauvaise, sous prétexte que la petite fille de Léa, une gamine parlant à peine, pouvait nous observer et bavarder à son père, dit, le baiser rendu, que je lui faisais commettre une imprudence. Colette, accroupie sur le gazon, était très occupée à creuser un Irou pour enterrer sa poupée qui n'avait pas été sage. La rose n'ayant gardé que ses épines, pourquoi s'y piquer? Noémi

venait-elle de chez le carrossier? Je m'informai, en souriant, si elle était heureuse avec l'autre, et, sur sa réponse affirmative, j'ajoutai :

— Il a la corne d'abondance.

Gracieuse et farouche, tu ne t'en es

-donc pas doutée? Je sentais, pour ainsi s'exprimer, mon sang bouillir et rebouillir, tandis que, le sarcasme aux lèvres, je souriais. Parfois, il m'arriva de te cingler d'une parole cruelle, comme d'une cravache, afin de tâcher de te faire vibrer et de t'admirer, enfin, abandonnant ta sérénité effrayante. Efforts vains. Tu m'as répliqué, lorsque je m'en suis étonné :

— Tu ne penses pas le mal que tu dis.

Mais, ce soir de juin, tu t'es emportée, presque, pour défendre cet autre. Chère inexorable, tu as été mordante et âpre. Impassible à la surface, juive par-dessous, tu guettais l'occasion. Le carrossier t'épousera. S'il ne s'était pas présenté, j'aurais

été un pis aller. Tes yeux me semblaient doux; au fond l'intérêt attendait. Ils sont comme une onde attirante et profonde.

Je t'ai proposé d'être avec moi toute la vie. Tu m'as dit préférer quelqu'un qui a un million à quelqu'un qui a, seulement, de l'avenir. Ne te souviens-tu pas, pourtant, que nous fûmes amis? N'ai-je pas été bon? Elle a riposté :

■ — Oui, Patrice... Comme le pain sec!

Ah ! Sauvagesse , buveuse de chair, suceuse de cervelle, tiens, prends encore ces vers! Ils sont à toi, faits pour toi, en chemin de fer, comme je revenais de te voir, Mi mi ! Par la portière, j'apercevais dans les prés des épanouissements de coquelicots; toutes ces fleurs de pourpre me semblaient mon sang" éclaboussé.

J'étais fou. Ecoute bien, Juive ! Ça s'appelle : L'argent.

II prend son pauvre cœur, la journée au sommeil s'inclinant, et s'en va pour l'offrir à sa belle.

La charmante écoutait, à l'abri de l'ombrelle, en fixant l'horizon où coulait le soleil.

Des blessures du cœur, à flots, le sang vermeil s'épandait. La mignonne, à présent infidèle, repoussait son ami ; mais il était fou d'elle et des baisers d'hier implorait le réveil.

Le cœur perdait son sang, l'astre en feu sa lumière, et, l'heure pour tous deux semblant l'heure dernière, un train sifflait, au loin, par-dessus les grands bois.

Elle lève sur lui ses yeux, où l'amour manque,

et dit avec raison, de sa très douce voix :

— Enveloppe ton cœur dans un billet de banque !

Un amandier, qu'une épinglée, pour s'amuser, dépouille de ses bourgeons, ou, pour en former un bouquet, de ses ileurs épanouies, qui ont le goût du miel, souffre sans doute. Un enfant, s'il secoue un arbre mouillé, le tue. Je souffrais.

Aurais-je dû me précipiter à ses pieds? C'est mon amour qui est tombé.

L'épicier et l'épicière n'ont pas à se plaindre; le patron vend le sucre, et le reste, tandis que la patronne est au comptoir ; ils ont mêmes désirs et même ambi-

tion. Quelle femme sensée partagerait l'ambition d'un poétereau? Je regardai sa bouche calme. Où donc frapper pour que le cœur entende et réponde? On assure, dans les campagnes, qu'un scorpion qui marche sur votre peau, laisse, quelque temps, sa trace.

Je voulais Noémi, et, jetant cinq billets de cent francs sur la table, la voix sèche, je murmurai :

— Les acceptes-tu... pour une fois?

Elle les glissa dans son corsage en répondant qu'elle consentait. Un dégoût me .saisit. Je proférai la première syllabe d'un mot dont je pus, heureusement, retenir la seconde. 11 faudrait ne parler qu'avec des épithètes choisies et exquises de la femme qu'on a aimée. Noémi donnait des baisers sincères, quand elle s'embrassait clans la glace. J'avais des souvenirs bestiaux; de ses jupes me venait une odeur légère de santal. Je ne le posséderai plus ce corps

que j'avais étreintsi souvenL Jamais plus! il est lugubre comme un glas de mort, le tintement de ces trois syllabes : jamais plus !

Léa de Yoilleroux avait pris sur les genoux sa petite fille, et, paraissant ne s^inquiéter de rien, elle jouait avec elle. Nous sommes demeurés, quelques minutes, sans parler. Je fixais Noémi que j'aurais volontiers étranglée. Enfin, pour rompre le silence, je demandai à Colette, en train de sucer son doigt, si elle aimait «a maman. Noémi ne^ comprend guère la « sentimamantalité » :

— Pour l'heure, elle aime son pouce.

Yoilà une femme précise ! Sera-t-elle bonne mère? Pourquoi non? Les araignées soignent leurs petits, les portent sur leur dos, en veillant sur eux.

Les voluptés et les ivresses ne sont plus ; restent les chagrins et les navrements. L'amour se change en haine;

n'est-ce pas toujours l'amour? A l'horizon bas, entre les roses d'une haie et les feuillages des platanes, au loin, une bande de ciel, d'un cadmium intense, resplendissait. Le soleil descendu, à peine, ensanglantait, des buissons fleuris aux branches des arbres, l'espace visible. Je dis un adieu à Léa de Voilleroux, et, comme je m'avançai vers Noémi, la très belle et Ja très chère se leva pour m'accompagner.

Aurait-elle un mot qui s'échappe du cœur? Côte à côte, sans nous rien dire, nous sommes arrivés, après avoir tourné la maison, au bout de l'allée. Nous quitterions-nous fâchés , après l'avoir tant chérie? Noémi leva sur moi, lentement, ses grands yeux, plus doux que jamais, qui m'invitaient à un baiser. J'ai serré la bien-aimée dans mes bras et j'ai mouillé son visage de larmes. Madame de Voilleroux, la cousine conseillère, s'avançait vers nous. Elle avait voulu nous laisser seuls.

Étreint par l'émotion, je suis parti, n'ayant pu saluer que de la main et pleurant comme un naïf.

Le paysage était apaisé. Aucun bruit.

Des massifs sombres, troués de rayons de lune, se dressaient, çà et là, sous le ciel bleu , clafi d'astres . Le long du chemin, qui mène à la gare, je recevais, dans la tiédeur du soir, la consolation maternelle de la nature. Ma bien-aimée ne fut qu'une lyre sur laquelle j'ai répété ce qui déjà chantait en mon être. La femme est un violon fêlé. J'ai trouvé en Noémi tout ce que j'y ai placé, dans son cœur vide, mes illusions, comme, dans ses yeux mystérieux, mes songes. Noémi, chère Juive, avec ta passivité orientale, tu te prêtas à ma fantaisie, tant que cela ne t'a pas gênée, comme de juste.

Dans les champs, baignés de lumière stellaire, je vis une masure servant de

grange, ou nous avions eu, l'an dernier,, un soir de septembre, le caprice de nous réfugier sur un lit de foin. Nous avons causé longtemps. La clarté nocturne s'épandait sur nous, par un morceau de toiture détruit. As-tu souvenance de ta frayeur, quand nous sommes revenus à nous, pour la seconde fois?

Les araignées du 'grenier, curieuses de l'amour, de même que les loups de la musique, s'étaient avancées en étendant leurs toiles. Elles te fixaient, comme des sœurs ! Les mois se sont écoulés. La chanson s'achève dans un sanglot.

Esseulé, le lendemain, j'errais l'aprèsmidi, sous un soleil atroce, dans Montmartre. Mon amie était morte. Un camarade aurait ri de ma tristesse. J'avais besoin de dire à quelqu'un un peu de ce que j'éprouvais. Cela soulagerait ma douleur stupide. J'allai chez Blanche Revertégat , professeur pour cocotes , brave

méridionale, une bonne fille, au nez accentué, comme son langage :

— Qu'es aco ? semblés tou pénsati?

Elle parlait provençal ; c'était notre intimité. Je lui racontai ma toquade et, à un moment, un frisson me poignit la gorge en montant aux yeux.

« Tout de même je l'ai bien gobée. » Ce fut la dernière phrase. L'attendrissement devenait absurde . Blanche Revertégat s'assit sur moi et me consola comme un enfant. « Mon pauvre petit, qu'est-ce t'as ?. . . Ne pense plus à elle!... » Je me remis aussitôt, et, comme je me levais pour sortir, elle me dit qu'elle avait un billet de quarante francs à payer pour son piano et que je devrais les lui donner. Une consolation, mon cher? Yoici ! Elle coûte deux louis? Voilà ! Mais c'est de la gruauté.

L'argent toujours ! Dinah Samuel va,

pour de l'or, avec un banquier sexagénaire.

De Y « os » contre de Fos ! Noémi se livre,

jusqu'au trépas de l'un ou de l'autre, de l'autre, selon son espérance, à un vieux carrossier millionnaire. Il faudrait être dans Je mouvement, devenir millionnaire aussi, mais plusieurs fois, et je perds mon temps à écrire les niaiseries de la jeunesse. Cela fait de la copie.

Des fougères pétrifiées sont le témoignage d'une forêt qui fut un éden antédiluvien. De l'amour inéluctable, de ses délices, de ses voluptés, de ses élégances, de ses désirs cyniques, de ses coquetteries, des balbutiements du tu, de l'amour, de ses bravoures, de ses lâchetés, de ses regrets, de ses déboires, de ses sanglots, de ses merveilles, de ses folies, que subsistet-il ? De l'encre sur du papier. A tous l'intimité du poète ! Il y a tant de gens à ne pas fréquenter, et on ne sait pas qui vous lit.

Patrice Montclar.

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