‹ Le coffret de SantalChapitre 14 sur 107 · A ERNEST CABANER · texte numérisé non relu

A ERNEST CABANER

Mille étés et mille hic ers Passeront sur r univers, Sans que du poète-dieu Li-taï-pé meurent les vers^ Dans l'Empire du milieu.

Sur notre terre exilé.

Il contemplait désolé'

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Le ciel, en se souvenant Du beau pays étoile Qu'il habite maintenant.

Il abaissait son pinceau ; Et l'on voyait maint oiseau Ecouter, en voletant Parmi les fleurs du berceau, Le poète récitant.

Sur le papier jaune et vert De mouches d'argent couvert, Fins et noirs pleuvaient les traits.

Tel, sur la neige, en hiver, Le bois mort dans les forêts.

Il nest de soupirs du vent.

De clameurs du flot mouvant Qui soient si doux que les sons Que le poète, rêvant, Savait mettre en ses chansons.

Aromatiques senteurs Dont s'embaument les hauteurs, Thym, muguet, roses, jasmin, Comme en des rêves menteurs, Naissaient sous sa longue mam.

A présent, il est auprès De Fo-lii, dans les prés frais^ Où les sages s'en vont tous, A l'ombre des grands cyprès, Boire et rire avec les fous.

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