A MADAME S. DE F
A travers la forêt des spontané/tés, Ecartant les taillis, courant par les clairières, Et cherchant dans l'émoi des soifs aventurières L'oubli des paradis pour un instant quittés,
Inquiète, cheveux flottants, yeux agités, Vous allez et cueillez des plantes singulières, Pour parfumer l'air fade et pour cacher les pierres De la prison terrestre où nous sommes Jetés.
ig6 LE COFFRET DE SANTAL
Bt puis, quand vous avez groupé les fleurs coupées, Vous vous ressouvenez de l'idéal lointain, Et leur éclat, devant ce souvenir, s'éteint.
Alors l'ennui vous prend. Vos mains inoccupées prisent les pâles fleurs et les jettent au vent. Et vous recommencez ainsi, le jour suivant.