‹ Le coffret de SantalChapitre 73 sur 107 · A EDOUARD MANET · texte numérisé non relu

A EDOUARD MANET

Sachant quElle est futile, et pour surprendre à l'aise ^ Ses poses, vous parliez des théâtres, des soirs Joyeux, de vous, marin, stoppant près des comptoirsy De la mer bleue et lourde attaquant la falaise.

Autour du cou, papier d'un bouquet, cette fraise.

Ce velours entourant les souples nonchaloirs.

Ces boucles sur le front, hiéroglyphes noirs,

Ces yeux dont vos récits calmaient l'ardeur mauvaise,

iq8 LE COFFRET DE SANTAL

Ces traits, cet abandon opulent et ces tons {Vous en étiez, Je crois, au club des Mirlitons) Ont passé sur la toile en quelques coups de brosse.

Et la Parisienne, à regret, du sofa

Se soulevant, dit : « C'est charmant/ » puis étouffa

Ce soupir : « // ne nia pas faite assez férocel »

VINGT SONNETS IQQ

SONNET

A MADEMOISELLE NELSY DE S.

? crois que Mantegna vous a faite en peinture roite dans le gazon rare et les arbres fins, u bord d'une mer bleue, où, civils, des dauphins 'scortent des vaisseaux à la basse mâture.

'oMS menez, garrottés d'une rouge ceinture, •es amours; sans souci de leurs pleurs vrais ou feints 'ous rêvez des ptrojets dont nul ne sait les fins, aissant vos cheveux d'or flotter à l'aventure.

Ou, prêtresse venue avec les chefs normands, C'était vous qui rendiez dociles et dormants, Par vos chansons, les flots insoumis de la Seine.

Echappée à d'anciens tableaux, d'anciens romans.

Ainsi, votre beauté m'étonne sur la scène

Du monde de nos Jours, pauvre en enchantements.

DON JUaN

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