‹ Le coffret de SantalChapitre 74 sur 107 · A ANTOINE GROS · texte numérisé non relu

A ANTOINE GROS

Au bord d'un étang bleu dont l'eau se ride Sous le vent discret d'une nuit d'été, Parmi les jasmins, foulant l'herbe humide Avez- vous jamais, rêveur, écouté

La voix de la vierge émue et timide Qui furtive, un soir, pour vous a quitté Le foyer ami — depuis froid et vide — Ou, les parents morts, plus^'ien nest 7'esté?

Parfum de poison, volupté cruelle D'avoir arraché du sol ce lys frêle Et d'avoir hâté l'œuvre des tombeaux...

0 destruction de quels âpjres charmes Es-tu donc parée? Et^ voilés de larmes, Pourquoi les yeux claks en sont ifs plus beaux?

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SONNET

Xai bâti dans ma fantaisie

Un théâtre aux déc/rs divers :

. — Magiques palais, grands hois verts Pour y jouer ma poésie.

Un peu trop au hasard choisie, La jeune-première à l'envers Récite quelquefois mes vers.

Faute de mieux je m'extasie.

Et je déclame avec tant d'art Qu'on me croirait pris à son fard, Au fard que je lui mets moi-même.

Non. Sous le faux air vh^ginal Je vois l'èlre inepte et vénal, Moâs c'est le rôle seul que j'aime.

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