‹ Le Colchique et la Pression ArtérielleChapitre 7 sur 16 · CRITIQUE · texte numérisé non relu

CRITIQUE

N'ayant pu noter aucune variation de la pression artérielle sous l’action du colchique, à doses suffisamment élevées et prolongées, nous nous trouvons amené à rapporter l'hypertension artérielle qui peut se manifester, en certains cas, au cours du traitement par ses préparations, à une cause autre que l’action même du médicament.

Si le colchique avait par lui-même une action hypertensive, cette action devrait se manifester d’une façon plus ou moins sensible à peu près dans tous les cas, que les sujets soient goutteux ou non Bonn ainsi que l’a observé M. le docteur Crouzon.

Quelque prolongée que fut la médication, et quel que fut l'état de leur pression, nous n'avons pas constaté, chez nos malades, de modification de la tension arté- . rielle même chez les scléreux et les rénaux, sous l'action des préparations de colchique.

Faut-il admettre que le colchique ait une action plus spéciale sur la pression artérielle chez les goutteux? Nos observations nous conduisent à rattacher cette hypertension qu'on peut voir apparaître chez les goutteux à une cause mdépendante de la médication par le colchique.

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Pourrait-on expliquer cette hypertension, par une action nuisible du colchique sur des reins antérieurement lésés?

= Les lésions rénales (rein goutteux, artério-sclérose des reins) ne sont pas rares, en effet, chez les goutteux et les artério-scléreux à une période avancée.

D’après une opinion assez couramment admise, chez ces malades aux reins lésés, dont la sécrétion urinaire ne répondrait plus à l'appel de ce médicament actif, il Se ferait une stase sanguine rénale avec fermeture partielle de la voie éliminatrice et diminution de la quantité des urines: D'où résistance périphérique, et élévation de la pression. |

Nos observations de malades albuminuriques hypertendus vont à l'encontre de cette opinion (Obs. page 45 et suivantes).

Si donc il est certain qu'il ne faut pas se départir d’une certaine réserve chez de tels malades, il ne faut pas néanmoins, nous en apportons la preuve, considérer avec certains auteurs, une atteinte rénale comme une contre-indication formelle. |

Quoi qu'il en soit, toutes nos observations conduisent à refuser toute action hypertensive aux préparations de colchique.

Dans qu’elle mesure, peut-il y avoir relation entre l'administration du colchique et les accidents dits « de goutte remontée »?

Nous ne pouvons regarder ces accidents comme dûs

à une action hypertensive propre au colchique puisque

les faits que nous avons “observés nous ‘conduisent |

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nier son action hypertensive. 4 A Te

Ces accidents dits « de goutte remontée », d ailleurs rares, consistent en des troubles viscéraux soudains ; et alarmants, survenant dans une période de pseudo- +

guérison, consécutive à la suppression brusque de la fluxion articulaire sous le coup d’une médication intempestive, comme : une saignée locale, l'ingestion d’un Là médicament très actif « tel-que le colchique » (1), etc...

ss; peuvent. survenir surtout chez des sujets antérieurement atteints de lésions viscérales graves.

Leurs causes ne sont pas nettement définies. On a

voulu attribuer ces graves symptômes à une élévation de

la pression artérielle. Il ne S agi 5 que d’une hypo-

thèse. RS Dan

D'une part, les accidents dits « 2 goutte remontée » » |

n'ont pas de relations constantes avec l'hypertension artérielle ; d'autre part, nous avons môntré que l’hyper-

tension artérielle n'avait aucun rapport avec l'action

thérapeutique du colchique. = . À notre avis, il faut rattacher à une autre cause les accidents que l’on voit survenir en pareil cas; et les

faits que nous avons observés ne nous permettent pas d’attibuer ces accidents au colchique sn comme

substance hypertensive.

On regarde souvent l'attaque de goutte comme salutaire et curatrice, et l’on considère qu’il est mauvais de

« couper » l'accès. Il n’est pas douteux que la suppres-

(1) Desove, AcHARD, CASTAIGNE, Traité de médecine. Manuel des Maladies de la nutrition, p. 289,

FO

DE Lire

sion brusque de l’attaque de goutte ne donne lieu dans quelques cas à des accidents. De là la timidité de certains médecins dans l'administration du colchique.

En tout cas, il nous paraît hors de doute que la crainte d'accidents provoqués par le colchique, en élevant la pression artérielle, ne doit pas arrêter le praticien et l'empêcher d'instituer une thérapeutique réellement efficace,

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