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Le collectionneur de monnaies

L'ouvrage — Der Mûn:^saminler — de M. Stuckclber»; a comblé une lacune dans la littérature cependant assez abondante de la numismatique. A l'encontre des traités ou manuels classiques qui visent essentiellement l'histoire de la monnaie aux différentes époques et dans les divers pays, des monographies mettant en relief les recherches spéciales dans le domaine des systèmes et de l'art monétaires, cet ouvrage très complet condense et rend accessibles à chacun les éléments constitutifs de la science numismatique.

Ce recueil de notions et de laits embrasse, ainsi que le dit un critique éminent, la partie « matérielle » de la numismatique ; par conséquent, les nombreux sujets qui s'^■ rapportent : métaux, types, classement, détails de fabrication et d'économie politique, conseils dans l'art de collectionner, etc., y sont traités surtout au point de vue technique.

L'ouvrage est dédié aux connaisseurs et aux débutants. En effet, les premiers y puiseront d'innombrables renseignements précieux à plus d'un titre; il constitue pour les seconds un guide profitable et concis, grâce auquel l'ama-

teur sérieux pourra, avec fruit, collectionner pour soi et travailler pour la science, que nous servons en recueillant, classifiant, décrivant les monnaies, ces témoins si instructifs et si intéressants du passé.

Der Mïtn:(sammler — Ein Handbuch fur Kenner und Anfânger. Zurich, Verlag Art. Institut Orell Fûssli. 1899, — paru au bon moment, eut une presse favorable. Je me suis persuadé, comme d'autres, que cet ouvrage, une fois traduit, serait bien accueilli chez nous, non seulement par les spécialistes, mais encore par les gens du monde.

Donner une direction à l'occupation, un but agréable aux intelligences avides de s'instruire, fixer, en stimulant l'intérêt, les idées de certaines catégories de personnes sur un sujet qui distrait et qui captive, les soustraire ainsi à l'oisiveté ou à la banalité routinière, me semblait une œuvre utile ; j'ai voulu la tenter.

L'autorisation sollicitée me fut gracieusement accordée, et, dans la suite, l'auteur facilita grandement ma tâche en mettant à mon service de la façon la plus obligeante son savoir étendu, ses collections et ses livres. Je lui en exprime ici tous mes sincères remerciements.

L'exactitude étant d'importance capitale dans la traduction d'un ouvrage classique, scientifique ou technique, je me suis efforcé de rendre aussi scrupuleusement que possible les données et la pensée de l'auteur. D'autre part, la bonne traduction consistant à transformer un ouvrage étranger en un ouvrage français, j'ai cru devoir modifier quelque peu le texte original et le groupement des sujets, adapter les détails aux règles de notre langue et l'ensemble au goût du lecteur,

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afin de produire une œuvre française équivalente à Tivuvre allemande.

M'inspirant de ces principes, j'ai même remanié certains articles, supprimé de nombreux titres pour refondre les seize chapitres de l'auteur en douze seulement, où les sujets s'enchaînent les uns aux autres suivant un plan méthodique qui comprend successivement :

La monnaie en général, — sa nature ;

La pièce de monnaie, — son aspect ;

Les types monétaires, — • l'effigie;

L'épigraphie monétaire, — la légende ;

Les ateliers de monnayage et hôtels des monnaies;

La fabrication des monnaies, — les procédés de frappe ;

Les noms des monnaies ;

La monnaie au point de vue de l'économie politique ;

Les médailles et autres pièces de métal;

Les collections, — les acquisitions ;

Le collectionneur et sa collection ;

Le cabinet de travail, — l'étude.

Pour les figures, presque toutes inédites, nous avons employé les procédés d'autotypie sur zinc. Les originaux de ces figures (reproduites d'après des moulages) se trouvent dans les collections publiques de Paris, Milan, Bâle, etc., et dans des collections privées. Les clichés présentent exactement la grandeur des originaux.

Les noms propres, francisés dans le texte de l'ouvrage, ont été laissés en latin dans la liste des empereurs romains, au chapitre XL Le collectionneur pourra ainsi contrôler

Vm LE COLLECTIONNEUR DE MONNAIES

l'une par l'autre Li légende imprimée et la légende monétaire, c'est-à-dire apprendre à reconnaître ces noms sur les monnaies qui lui passeront sous les yeux.

En ce qui concerne la bibliographie, j'ai dû me borner à ne mentionner que les ouvrages les plus essentiels. Le lecteur trouvera dans le répertoire très complet de tels de ces livres les titres et les renseignements dont il pourra avoir besoin.

Zurich, Janvier 1900.

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