ÉPIGRAPHIE .MOXLTAIRE. LA LEGENDE
-Archon =^ à Hyzancc.
Archicrcus = à Olhia et Abilènc.
Dynastes = à Olbia.
Toparchos = à Olbia.
Kthnarrhes = en Judée.
Tetrarches = en Judée-Abilènc.
Satrapes = en Ractriane.
Tyrannos = en Scytbie.
Dictator Caesar (à J. César seul).
ReginaRegum = Cléopâtre.
Rcx = en Numidie.
Pontus = à Palmvre.
Xobilissimus, ma = IV= siècle ap. J.-C.
Tribunitia potestas = depuis Auguste.
Consul. Proconsul.
Censor. Pontifex.
Pontifex maximus = dès Auguste tous les emp. le portent.
Quindecem'vir Sacris faciundis = Vitellius.
Princeps juventutis = titre du prince hériticr\lcs C. et J. -César.
Augustus = Sebastos = tous les empereurs le portent dès Auguste.
Augusta = Sebaste = toutes les impératrices le portent dès Livic (les proches parents de Temp. le portent aussi.)
Imperator ^= Autocrator = titre qui |)récède le nom du souverain.
Imperator, après le nom du souverain = général en chef.
Triumvir rei publicae constituendae = porté par Octave, Antoine et Lepidus.
Caesar = empereur = Kaisar ; dès Auguste, tous les empereurs, sauf Vitellius, portent ce titre; c'est le titre aussi de tous les princes de la maison Julia, et dès lors le titre de tous les héritiers présomptifs.
Au moyen âge, une licence complète régna dans le domaine du monnayage. Chaque seigneur achetait ou affermait, se faisait concéder ou usurpait le droit de battre monnaie, si bien que parmi les effigies ou types monétaires, depuis la marque de l'empereur, des rois ou ducs jusqu'à celle des comtes, des abbés ou du grand maître
d'un ordre, c'était une diversité extrême et, par suite, il régnait une confusion qui dura longtemps. Concurremment, du plus petit jusqu'au plus grand, chacun se parait d'un titre pompeux, qui donnait plus d'envergure à celui qui le possédait. Tels de ces titres sont intéressants à retrouver sur les monnaies. Le duc Alain de Bretagne s'était fait appeler « rex » (roi); un roi d'Espagne, Alphonse MI, avait usurpé le titre d'« impcrator » ou « super-rex. » Relativement aux titres des princes ecclésiastiques, il faut savoir distinguer entre « electus » et « episcopus ; » le premier nom se donne au prélat une fois qu'il a été élu, le second seulement après la consécration épiscopale. Au point de vue des titres souverains des époques modernes, en tant que cela concerne la numismatique, on remarquera l'influence croissante de l'esprit démocratique jusque sur la teneur de la légende du numéraire; au lieu de roi (ou empereur; de France, on trouvera roi (ou empereur J des Français ; de même pour le chef de l'Etat en Belgique (roi des Belges au lieu de roi de Belgique).
Epithètes. — a) Souverains. Partout et en tous temps les princes ont aimé pourvoir leurs ancêtres et se parer eux-mêmes de titres pompeux ayant trait à de brillantes qualités, à de rovales vertus. Les monnaies forment comme un registre de ces termes qualificatifs, pronoms en quelque sorte plus encore qu'adjectifs, tant ils sont intimement liés aux noms propres auxquels ils s'accolent. On sait que tels rois ou empereurs, suivant la tradition leur \cnant des Pharaons, tout uniment se faisaient appeler « Dieu. » Ainsi Antiochus I\', Dêmêtrius II, Démétrius III de Syrie, Aurélien , ainsi Cléopâtre ; de même qu'ils figuraient sur leurs monnaies sous l'auréole d'une divinité, de même ils
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en adoptaient le vocable ; ainsi Antiocluis \'I de Syrie s'intitulait « Dionvsios » (le dieu), ainsi Diocléticn se faisait nommer « Jupiter; » Maximien voulait être « Hercule; » les impératrices ne restaient pas en arrière ; toute une série d'entre elles prirent successivement le titre de « nouvelle Hera. » Tel autre se contentait de diviniser son père et se taisait appeler « tîls de Dieu » (en grec : iIjcopator ; en latin divi filins). La noblesse du sang implique chez les Grecs le qualificatif : Eiipalor et Epipl.utnes ; chez les Romains celui de : Xobilissiiiiiis (en grec : epiphaiwslalos). L'affection témoignée par le souverain à tel membre de sa famille est fréquemment signalée sur les monnaies par des mots comme : philopalor, philopappos, philouiater, philadelphos (qui aime son père, sa mère, son frère, etc.). Par la suite, un prince se nomma « ami de l'empereur » {philokaisar), un autre « ami des Romains » {philoromaios). Seul de son espèce, un roi des Nabathéens se dit « l'ami du peuple » (philodevios). Nombreux les princes qui s'octroient l'épithète : « le pieux » (en grec : eusehes ; en latin : piiis\. Dès Antonin-le-Pieux, ce pronom fait corps pour ainsi dire avec le nom propre ; tous les empereurs depuis Septime-Sévère se le donnent. Les rois visigoths, plusieurs rois francs (Childebert, Clotaire II, Louis V'), le roi burgonde Conrad, d'autres encore suivent cet exemple
Fig. 96. Bronze de Julie Domna avec les épithètes : Pia et Félix.
et se disent : « plus » ; les impératrices sont « pia », cela va de soi.
Plusieurs souverains de l'Orient se qualifient : « sauveurs » (soter, en grec), tels Ptolémée F' d'Egypte Cet sa femme), Démétrius P'' de Syrie. Le « victorieux » est une des épithètes préférées ; on la trouve exprimée sous une quantité de formes; chez les Grecs : Kallinikos, Kikator, Xikepboros ; chez les Romains : Fictor, Inviclus ; pareillement chez les Visigoths, etc. Rappelons que la Victoire était représentée à Rome par une femme ailée tenant d'une main une palme, de l'autre une couronne de lauriers. Les Romains glorifiaient certaines victoires ou plutôt certains vainqueurs en accolant au nom de famille, non plus l'épithète de victorieux, mais un déterminatif se rapportant au nom du peuple sur lequel la victoire a été remportée. Telles les épithètes suivantes :
Adiabenicus sous Sévère \".
Arabicus » Sévère I^^
Armeniacus » ^larc-Aurèle, Lucius.
Britannicus » Britannicus, Commode, Sévère \", Geta, Caracalla.
Carpicus » PhiHppe I", Philippe IL
Dacicus » Domiticn, Trajan.
Germanicus » Drusus, Claude, Néron, VitclHus, Domitien, Xerva, Trajan, Adrien, ^larc-Aurèle. Commode, Caracalla, Alaximin \" , :\Iaxime I", Philippe 1" et IT, Valrricn, Gallicn, Claude IL
Gothicus » Claude II.
Persicus » Carus.
Parthicus » Labienus, Trajan, Adrien, ]Marc--\urclc,
Lucius, Sévère, Caracalla, Carus.
Mcdicus » Marc-Aurèle.
Sarmaticus » Marc-Aurèle, Commode.
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Plusieurs de ces détcrminatifs sont agrémentés de Tépithète : iiiiixinins (le plus grand). Les empereurs se différenciaient alors l'un de l'autre par certains adjectifs ajoutés à ces noms. L'épithète « le juste » se trouve accolée au nom souverain sur les monnaies des rois parthes arsacides, de l'empereur Pescennius Niger, des rois visigoths et des Urtukis turcomans. Celle « l'heureux » ( le bienheureux), soit Félix (en latin) ou Euiyches (en grec) a été donnée à Commode et à tous ses successeurs ; pareillement à une foule d'impératrices (en latin, le mot fcJix reste le même au féminin), en outre à Récarède \", roi des Visigoths d'Espagne, etc. Le « grand » est un titre très fréquent chez les anciens et les Orientaux : Pompeius Mûi^niis, Caracalla (divus Antoninus Magiiiis), les Comnènes de Trébizondc aux treizième et quatorzième siècles, etc. Constantin le Grand se décerna à lui-même l'épithète Maxùiius (très grand). Au moyen âge, les princes chrétiens et mahométans s'attribuent des qualificatifs d'un caractère religieux. Les Urtukis , aux douzième et treizième siècles, se disaient : « l'épée de la religion, » — « piliers de la religion, » « gloire, étoile de la religion, » — défenseurs de l'Etat et de la religion, « tandis que, parmi les dvnasties de l'Occident, un roi se nommait « le très chrétien, « un autre voulait être le « défenseur de la Foi. « A leur nom propre, les Byzantins Michel II, Basile L' et Justinien II ajoutaient ceux de Servns Chrisfi, les rois de Portugal celui de Zelator fidei.
b) Villes. Tout aussi variées et intéressantes que les épithètes énumérées jusqu'ici, sont celles qui se rapportent aux noms des villes. Les villes grecques se qualifient souvent de saintes et d'autonomes, particulièrement en Syrie : Jérusalem la sainte = Kedosha. Sous la domination romaine.
de nombreuses villes, incitées à cela par un plat sentiment de servilisme, se baptisent à nouveau en adoptant le nom patronymique de l'empereur régnant ; à d'autres villes devenues colonies romaines, on octrovait le nom d'un imperator. Ces nouveaux noms sont alors fournis soit par le nom de famille (de la gens = gens Julia, gens Claudia, Flavia, etc.), soit par le prénom (praeuomcu — qu'on plaçait devant le nom de famille), soit par le surnom {cognonien = qu'on plaçait après le nom de famille) d'un personnage; ainsi Caesarea, Sebaste, Xeronias, Agrippina, Germanicopolis, Philippopolis, etc. A l'époque des invasions, certaines villes gardèrent leur ancien nom, d'autres reçurent un nouveau nom ; ainsi les ^\^ndales appellent Carthage l'Heureuse.
Les \'isigoths substituèrent le nom de Patricia à celui de la ville de Cordoue (Cordoba). Les Lombards accolent le nom de Flavia au nom de toutes les villes où leurs rois battent monnaie, précisément en honneur du nom de Flavius que portait leur chef. Au treizième siècle, Cologne, Bamberg et d'autres villes portent l'épithète de sancta ; Dcventer, Thiel, celle de bona ; Trêves, celle de heata ; Dortmund, celle de regia. D'autres noms de villes sont latinisés : Xanten (Allemagne) devient : Sancta Troja ; Trêves : Secunda Roma ; Cologne : Agrippina; Bonn : Verona ; Arles : Constantina, etc.
Numération du nom du souverain. — Nous avons vu que, dans l'antiquité, les souverains portant le même nom se différenciaient l'un de l'autre par des qualihcatits ou des détcrminatifs , autant d'épithètes ; parfois, pour distinguer entre deux souverains homonymes, on accolait au nom du cadet le moi junior (en grec iicotcros). Ainsi le petit-lils de
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A'espiisien est, sur une monnaie grecque, appelé neoteros; Constantin II et \'alentinieri II sont qualihés chacun de junior. Les chiffres ordinaux (soit romains) et les nombres ordinaux écrits en toutes lettres, qui suivent le nom du souverain, n'apparaissent qu'au douzième siècle; ce dispositif mit du temps à se généraliser. Sur des monnaies siciliennes nous trouvons, dès 1105, ^^ ^"'O'^'' ^^^ Roger figurer ainsi : R. II; en 1 166, celui de Guillaume II = W. REX II. En Angleterre, Henri III ( 1216-1272) signe : HHXRICUS REX III, ou TERCI. Les papes adoptent de bonne heure la numération, d'abord sur les sceaux, plus tard sur leurs monnaies : CLES. PAPA. QUINT = Clément Y ( 1 305 ) ; lOHES. PAPA. XXII = Jean XXII (13 16), etc. Dès le seizième siècle les chiffres ordinaux romains sont acceptés partout. Tel souverain, comme premier du nom et par anticipation, s'intitule même : le premier ; exemple : Léopold I- = L. PREMIER ROI DES BELGES. Très exceptionnellement, on substitue des chiffres arabes aux chiffres romains ; exemple : Ferdinand MI d'Espagne figure sur des monnaies comme : Ferdinand 7.
Monnaies d'interrègne et de régence. — En Gaule, après la mort de Néron, on fi-appe des monnaies qui ne portent pas d'emblèmes impériaux ; les tvpes de la république réapparaissent alors à côté de nouveaux tvpes se rapportant à la liberté et au pays gaulois. Au cours des siècles suivants nous ne trouvons pas de monnaies d'interrègne ; tant que la proclamation du successeur n'a pas eu lieu, les officines continuent à monna3'er à l'effigie et sous le nom de l'empereur défunt. Parmi les monnaies d'interrègne, il faut compter les pièces à monogrammes des régents Eulaios et Lenaios (marque Ev, A) d'Egypte (174-170 avant J.-C),
et celle au monogramme des patriciens Ricimer, Odoacre, Théodoric et Gundobad. Mille ans plus tard, Ludovic le xMore (duc de Milan), usurpant le pouvoir, faisait frapper son effigie sur le revers des monnaies de son neveu et s'intitulait régent : LUDOVICVS PATRVVS GVBERNANS. Au moyen âge, c'est presque exclusivement le gouvernement papal qui, eu égard à la possibilité d'un long intervalle entre le décès d'un pontife et la proclamation du successeur, frappait des monnaies intérimaires. Au quatorzième siècle déjà, à Avignon, ces pièces portent la légende : SEDE VACANTE.
Eig. 97. Etats pontificaux. Pièce de sedisvacance ; (de l'administrateur du siège apostolique); argent (1700).
Ces pièces de sedisvacance ont continué à être émises jusqu'au dix-neuvième siècle ; elles portent, en lieu et place des armes pontificales et de la tiare, l'écu de l'admiifistrateur, surmonté de la croix, du chapeau cardinalice et du parasol. Des monnaies analogues ont été frappées dans de nombreux évêchés, par exemple: làilda, Ilildesheim, Eichstiidt, Liège, etc.