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LA FABRICATION DES MONNAIES. PROCEDES ACTUELS

Monnaies coulées. — Les monnaies proprement dites ont rarement été coulées. Le monnayage s'opérait au moyen du marteau et de coins, en frappant le métal à chaud. Comme avant été coulées, mentionnons les primitives barres métalliques des Romains; les grosses pièces, tel « l'aes grave,» que représente la tîg. ii ; quelques pièces des Omajades; enfin certaines pièces commémoratives qui rentrent dans la catégorie des médailles. Les nombreux moules de monnaies datant de l'époque impériale se trouvant dans les musées de Bâle, Lyon, Grenoble, Paris, Bonn, etc., les 300 spécimens différents découverts en 1830 à Damery dans la Marne, n'ont évidemment servi qu'à des fauxmonnayeurs ; les effigies qu'ils reproduisaient sont celles d'empereurs, d'impératrices et de princes ayant régné de 193 à 267, soit de Sévère L' à Postume.

Art monétaire de l'antiquité. — L'art du monnayage avait atteint un haut degré de perfection chez les anciens. Les artistes graveurs de la Sicile produisaient des reliefs d'une grande puissance plastique et fabriquaient des pièces

tout à fait exemplaires, non seulement en ce qui concernait les monnaies de petit module, mais encore ces belles pièces de dix drachmes qui rendent jusque dans leurs plus petits détails les finesses de trait des coins d'où elles procèdent. La grande pièce en or de vingt statères, qui remonte à Eukratidas, roi de la Bactriane, est un chef-d'œuvre de monnayage et de gravure antiques. En Egypte, les monnayeurs des Dvnastes Lagides travaillaient le bronze d'une façon surprenante ; les pièces du plus grand module même sont d'une exécution remarquable à tous égards, d'une vigueur et d'une netteté de frappe hors ligne. De ce qu'était l'art monétaire de l'époque impériale romaine, témoignent ces grands bronzes d'une facture si soignée, ces merveilleux médaillons, comme aussi ces belles pièces d'or qui nous sont parvenus. D'autre part, le monnayage subit aussi le contre-coup des périodes de troubles ou de guerres ; le travail alors est hàtif, incomplet, les résultats sont peu satisfaisants ; c'est à peine si le flan passe par les manipulations voulues, on lui substitue des monnaies anciennes ou usées, on se contente souvent d'une frappe en surcharge. Après les grandes invasions dont l'Occident fut le théâtre, l'art monétaire baisse et finit par tomber tout à fait; il ne se relève qu'aux XIIE" et XIV"' siècles, pour reprendre au XV'' siècle, et sous l'impulsion des médailleurs de la Renaissance italienne, la place qu'il avait occupée dans les temps anciens.

Les coins. — Ce qui d'un morceau de métal fait une monnaie, c'est l'empreinte dont on le revêt, un signe qui « avertit » que la pièce est reconnue, qu'elle porte un caractère légal. A l'origine du monnayage, le coin du droit était fiché sur une enclume ; on y appliquait le fian et, au moyen du coin du revers, de forme carrée (quadratum incusum), on

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