‹ Le collectionneur de monnaiesChapitre 32 sur 66 · LA FARKICATIOX DES MONNAIES I · texte numérisé non relu

LA FARKICATIOX DES MONNAIES I

enfonçait la masse sur le coin de dessous. Chez, les Romains le coin intérieur portait la gravure du droit, le coin supérieur celle du revers. Au moyen âge, la flibrication des bractéates n'exigeait l'emploi que d'un seul coin; on Hxait celui-ci sur l'enclume, la pellicule métallique reposait sur \c coin, et avec un marteau de bois on forçait l'empreinte par quelques coups bien appliqués. Aucun coin de l'antiquité grecque n'est connu, mais on a retrouvé des coins romains en bronze, d'autres plus nombreux en fer, des coins gaulois en bron/e ou en fer doux. Ces coins s'usaient rapidement, ce qu'on constate sur le métal même des monnaies, et ce qui, d'autre part, explique l'énorme consommation qu'on en fiiisait; nous en parlerons plus loin. La surface du coin-matrice était polie, puis on y gravait l'effigie ou le tvpc monétaire. Au début on gravait également la légende, mais sous les empereurs romains on la frappait dans le coin au moyen de lettres mobiles, c'est-à-dire qu'on se servait fréquemment de poinçons mobiles qui, chassés sur la surtace du coin, v imprimaient les lettres. Une partie du coin était gravée (l'etfigie), le reste, c'est-à-dire les lettres de l'inscription, étaient creusées par le poinçon mobile; procédé qui par la suite fut appliqué pour tout ou partie du type monétaire : tête, buste, lettres de la légende. (\'oir les hg. (/, /;, c,d.)

BB

Hg. 109.

Poinçons mobiles: a et b, buste; c, figure entière; d chiffre (I).

Gravure des coins. — Au moyen âge c'est le fer qui sert à la fabrication des coins ; les graveurs s'appellent « tailleurs de fer » et les préposés aux coins : « les gardiens des fers. » Les musées possèdent un grand nombre de ces coins datant des XV^ XVI% XVIP et XVIII"- siècles. Les coins de l'antiquité sont très rares, on peut en voir à Paris et à Lyon ; ceux du moyen âge et des temps modernes sont bien représentés dans les musées de Cologne, Bâle, Lucerne, etc.

Fig. iro. Coin en fer. Ecus des trois cantons primitifs.

Pour la gravure des coins les artistes procèdent actuellement de la manière suivante : « On exécute d'abord en relief un modèle en cire du type qui figurera en creux dans le coin-matrice ; cela foit on en obtient une fonte avec laquelle on opère, au moyen du tour à réduire, la reproduction du sujet sur un bloc d'acier, et suivant le module que doit avoir la monnaie ou la médaille. La réduction obtenue ainsi est retouchée au burin et soumise à la trempe. On a de cette manière un poinçon qui sert à la labrication du creux ou coin. Celui-ci s'obtient à l'aide du balancier en enfonçant l'empreinte qui est en relief sur le poinçon dans un nouveau bloc d'acier, où elle se trouve reproduite en creux. Lorsque le coin est complètement enfoncé, on lui

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