‹ Le collectionneur de monnaiesChapitre 34 sur 66 · I-iiï · texte numérisé non relu

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Les coins de nos monnaies et de la plupart des médailles modernes sont montés sur ce second type.

Monnayage chez les Romains. -— Sous l'empire, le droit de frapper les monnaies de bronze appartenait au Sénat, le monnayage des pièces d'or et d'argent était réservé à

LA FABRICATION OKS MONNAIHS I,,/

rcmpercLir. Le Scnat n'exerçait ce droit qu'A Rome même, ce qui veut dire en hiveur des seuls empereurs reconnus par le Sénat. Dès Postume, l'anti-Sénat des Gaules s'attribue la faculté de fabriquer la monnaie de bronze et monnaye eftectivement dans un atelier de cette province. Les ateliers sénatoriaux se ferment sous le règne d'Aurélien. La surveillance supérieure du monnayage était exercée par les « Très viri aère argento auro flando feriundo. » Le type dit des « Trois monnaies » personnifié par trois femmes tenant la corne d'abondance d'une main, la balance de l'autre, chacune avant à ses pieds une masse de métal, allégorise les trois métaux employés par les Romains. A la tète des ouvriers monnaveurs (officinatores) se trouvait un directeur (optio et exactor). Les ouvriers, recrutés parmi les esclaves et les libérés, se subdivisaient en graveurs (signatores), en apprèteurs ( suppostores) qui glissaient le flan entre les coins, et en marteleurs (malliatores) qui maniaient le marteau. Les « conductores flaturae » et les « flaturarii » s'occupaient de la fonte, les « nummularii » de la vérification du métal. Les graveurs (signatores ou sculptores) étaient placés sous un surveillant (praepositus ) et un vice-surveillant (adjutor). Chaque atelier impliquait un certain nombre de graveurs.

Procédés anciens. — Le moyen âge continua le système et les procédés de frappe employés dans l'antiquité, soit la fabrication au marteau ; les monnayeurs font partie de la confrérie des orfèvres, dont le patron est Saint-Eloy (S. Eligius Episcopusj, évèque de Xoyon (y 659). Les barres de métal étaient préalablement transformées en lames qu'on étendait sur une enclume, où on les battait (« battre la chaude »J ; sur quoi on les coupait en morceaux (« couper morceaux wj ; les morceaux étaient recuits, étendus au

moyen d'un marteau nommé le « flatoir, » arrondis, puis blanchis, et passaient au monnayage proprement dit. La frappe se faisait au moyen de deux coins-matrices, l'un, la pile, sur lequel on avait gravé le revers de la pièce, et l'autre, le trousseau, portant le droit. Le monnayeur plaçait le flan horizontalement sur la pile, le couvrait du trousseau de la main gauche et frappait le tout avec un marteau, jusqu'à ce qu'il eut obtenu une double empreinte bien marquée. Si le résultat n'était pas satisfaisant, on recommençait l'opération ou, comme on disait, on re)igrévait le flan. On frappa ainsi jusqu'au XVL siècle, où de nouvelles machines créées à Nuremberg et à Augsbourg vinrent se substituer à l'outillage primitif qui vient d'être mentionné. On eut alors un lani'uioir, un haiic à tirer, un dècoiipoir et, pièce la plus importante, un balancier qui servait à donner au flan l'empreinte des coins. Ces machines furent perfectionnées au commencement du XIX^ siècle, notamment en ce qui concerne le balancier, qui aujourd'hui n'est employé que pour frapper des médailles. Le monnayage du numéraire se fait au moyen d'une presse à vapeur, dont la pièce la plus intéressante consiste en un levier articulé qui agit verticalement et qui est mis en mouvement par une manivelle actionnée par une machine à vapeur. La force motrice est réglée si méthodiquement que la frappe est mathématiquement exacte, toujours la même.

Procédés actuels. — Voici des lingots d'or qui arrivent à la Monnaie. On les place d'abord dans de vastes creusets de fer avec une quantité de cuivre nécessaire pour constituer un allidi^e à 900 millièmes. Pendant la joute qui va avoir lieu, le métal en fusion sera brassé pour assurer l'homogénéité parfaite du titre dans toute la masse du mé-

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