LES COLLECTIONS. ACQUISITIONS
Historique. — « A l'occasion de fêtes ou de banquets, est- il raconté, l'Empereur Auguste distribuait d'anciennes monnaies royales et des monnaies étrangères.... « De ce passage on pourrait inférer que l'Empereur, comme peut-être d'autres hauts personnages, tenait en réserve un fonds de pièces curieuses ou rares ; de là à l'idée d'une collection il n'y a pas loin. Les auteurs de 1' « historia Augusta » — assez sujets à caution toutefois — prétendent avoir vu des exemplaires de types frappés par les empereurs usurpateurs ; ainsi F. Vopiscus dit que Severus Achontius lui aurait montré des monnaies à l'effigie d'un empereur Firmus. En fait, certaines trouvailles, par la grande diversité des pièces qui figuraient dans les cachettes, feraient croire qu'on se trouvait en présence d'une espèce de collection plutôt que d'un banal accumulement de monnaies. L'organisation d'une collection proprement dite ne remonte cependant pas au delà du XIV'' siècle. Pétrarque (v 1374) collectionnait, savons-nous ; il offrit même une partie de son « musée » à l'Empereur Charles IV. Aux XV*-" et XVL' siècles le goût des collections se répand; en Italie on citait celles de la
Maison d'Esté, des Médicis, du roi Alphonse d'Aragon à Naples, du pape Paul II, de Poggio à ^'enise, de Xiccolo Kiccoli à Florence, de Giulio Romano à Mantoue, etc.
Fig. 144-
Pièce de la collection d'Esté portant l'estampille du cabinet princier,
soit un aigle (à droite, derrière la tétei.
Pareillement, des « cabinets « de monnaies ou de médailles se forment dans les autres pays d'Europe, soit dans les couvents (Einsiedeln, S' Urbain, Rheinau, S' Paul en Carinthie, Admont, le couvent écossais de ^"ienne, le couvent des Franciscains de Raguse, etc. ), soit dans les maisons de particuliers. Leur nombre s'accroît rapidement ; en Hollande seulement on en compte 200 vers l'an 1590. D'après de Thou, le cardinal Martinusi (v 1552) possédait plus de mille monnaies en or du roi L^'simaque, trouvées, disait-on, dans une citadelle hongroise près de Diva. Une foule de pèlerins avaient rapporté de leurs voyages des pièces provenant des pays visités, — tel Pierre Villinger, d'Arth, revenu de Palestine avec tout un stock de monnaies de bronze d'Hélène, de Constantin, de Maximien, de Dioclétien et de Théodose, — aussi peut-on admettre que cette dissémination d'espèces exotiques ou anciennes contribua à généraliser l'idée des collections. Les collectionneurs surgissent un peu partout : MorcU en France, Occo à Augsbourg, Boniface et Basile Amerbach à Bâle; à Schart-
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ht^Lise Rucger le chroniqueur (v 1606), pour ne citer que les plus marquants. Il importe de se rappeler que certains de ces cabinets ou Je ces collectionneurs appliquaient sur leurs pièces un poinçon, soit une contre-marque caractéristique ; par exemple, un aigle à côté de Tettigie sur les monnaies du cabinet des princes d'Esté (voyez la figure). En France, le véritable et premier fondateur d'un cabinet de monnaies et médailles officiel et national fut Louis XIW Créé à Versailles en 1648, le cabinet fut transféré en 1741 à la Bibliothèque rovale. De pareils cabinets virent le jour dans les différentes capitales de l'Europe. Concurremment les collections privées gagnaient en importance ; citons celle de Joseph Pellerin, dont l'inventaire indiquait 32 500 numéros et qui fut achetée en 1776 par le cabinet des médailles de Paris. Mentionnons enfin qu'à la Bibliothèque nationale figure, en outre, la collection des coins et poinçons des monnaies, pièces de plaisir et jetons frappés en France depuis Charles VIL