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LES MÉDAILLES. AUTRES PIÈCES DE MÉTAL

Généralités. — Le mot de medalUa, qui ne date que du Bas-Empire, désignait cliez les Romains une pièce étrangère à la circulation et envisagée seulement au point de vue de la curiosité. A l'époque de la Renaissance on appliqua le nom de médaille, inedaglia en italien, aux pièces obtenues, il est vrai, par les mêmes procédés que ceux employés pour la frappe des monnaies, présentant une grande analogie de forme avec ces dernières,, mais destinées non pas à circuler comme numéraire, mais à commémorer un événement. En opposition à la monnaie qui est un instrument d'échange, la médaille est un objet d'art, d'ornement ou de souvenir, dont le prix réside moins dans la valeur intrinsèque du métal constitutif que dans la nature artistique du travail auquel on la doit. Les médailles, et bien plus encore les pièces congénères dont il sera question plus loin, sortent du cadre de notre travail qui vise exclusivement les monnaies et leur coUectionnement ; cependant il nous a paru nécessaire et utile de consacrer quelques pages au moins à cette importante et attrayante partie de la numismatique historique et artistique, en men-

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tionnant ce que nous appelons des médailles et ce qu'on comprend sous ce nom générique. Nous passerons ensuite en revue une série de pièces qui ne sont pas plus des monnaies que des médailles proprement dites, mais qui par leur aspect, leur forme, leur composition et quelques caractères communs, ont une certaine ressemblance tantôt avec les premières, tantôt avec les secondes, et qu'on a prises, qu'on continue parfois à prendre — mais à tort — pour celles-ci ou pour celles-là. Ces pièces n'étant soumises à aucun cours légal, on peut dire d'elles qu'elles n'impliquent aucun caractère économique, pas plus qu'elles n'ont la valeur nominale que nous donnons au numéraire ; d'autre part, leur facture ne correspond pas à celle d'un objet d'art, leur création n'implique pas l'idée d'une commémoration, caractéristique de la médaille. Elles ont leur cachet propre, et, strictement, ne rentrent pas dans le cadre de la numismatique. En vertu de l'empreinte qu'elles portent, plus encore que du métal dont elles sont faites, on peut néanmoins les rattacher à la numismatique, parce qu'elles procèdent de l'art monétaire.

Différentes espèces de médailles. — Les médailles sont fabriquées en l'honneur d'une personne illustre, soit en souvenir d'un événement important, d'une action d'éclat, d'une paix mémorable, d'une entreprise, etc. Entre autres catégories, on peut distinguer: les méd. contorniates : des pièces en bronze, par exemple, dont la circonférence est terminée par un cercle qui parait détaché du métal par une rainure circulaire profonde (pièces frappées surtout au cours du V'^ siècle après J.-C); les méd. restiltiées, c'est-àdire celles dont le type frappé à une époque antérieure a été renouvelé depuis ; enfin, ces pièces qui constituent un

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prix ou une récompense et qu'on classitïera sous la rubrique des méd. honorifiques. On donne le nom de médaillon aux médailles de l'antiquité ; le métal est de l'or, de l'argent ou du bronze ; dans ce dernier cas on distingue entre bronze clair et bronze [sombre. Plusieurs médaillons ont un bord surélevé ou bien ils sont encadrés d'une bordure ciselée ou ajourée. Le nom de médaillon a été appliqué aussi aux médailles dépassant les dimensions ordinaires, soit à celles de très grand module.

Fig. 15S. .Médaille française. Le grand Bâtard de Bourgogne.

Pour l'étude des médaillons romains consultez les mono grapliies de Frôhner (Paris) et de Kenner (Vienne),

Médailles proprement dites. — Dans la classe des médailles proprement dites figurent les pièces qui visent non pas un but utilitaire ou pratique , mais essentiellement un effet artistique et qui impliquent un caractère commémoratif. Ce sont des œuvres éminemment artistiques. En allemand on les appelle des « Schaumùnzen, » terme qui dit bien que ce sont des pièces destinées avant tout

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« à être regardées. » Leur origine remonte à l'époque de la Renaissance italienne. Beaucoup de médailles sont d'un très grand module. En 1448 déjà, on trouve une pièce de Pisani, d'un diamètre de 10,8 centimètres. A ces types de médailles se rattachent les médailles sériées, ou suitées, dont il va être question.

On trouvera de nombreuses descriptions et gravures de médailles de la Renaissance dans : « Trésor de Numismatique et de Gh'ptique «, Paris 1834, ^^""^^ Friedlander, Armand, et d'autres.

Médailles sériées ou suitées. — Ces médailles, à l'instar d'une collection de volumes traitant de l'histoire d'un règne, d'une époque, d'un souverain, illustrent sur le métal une succession de faits, ou font revivre en un système plastique, en une série de tableaux, une succession de personnages, ou la vie d'un personnage. C'est ainsi que Bi~ot (1674) a créé « l'histoire de France, » et Warin en 1673 « l'histoire du Roi » en des séries de médailles d'un format homogène et qui constituent comme une galerie historique. Wernnifb a perpétué ainsi les types de la série des empereurs romains, Hc'dliiiger ceux des rois de Suède. A côté de la peinture, la gravure sur coins et la frappe nous ont ainsi transmis toute une lignée d'effigies papales. D'autres médailles sériées, — « les Suiten-Medaillen » des Allemands — se rapportent à des hommes célèbres, des artistes, etc. La plupart de ces médailles n'existent qu'à l'état de bronzes.

Médailles commémoratives. — Ce terme vise plus spécialement les médailles frappées en souvenir d'un événement. Dans ce groupe figurent les médailles qui se rapportent par exemple à une naissance, un mariage, une victoire, un traité

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de paix, au dcccs d'un personnage, à quelque translation de reliques, etc., celles qui doivent illustrer une action mémorable, enhn celles qui ont trait à une inauL;uration, à une

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consécration, ou qui rappellent une date, telles les médailles centenaires, millénaires, etc. L'usage de frapper ou de couler des médailles commémoratives s'est répandu sur le

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globe entier ; il s'est même tellement généralisé qu'il n'}- a pour ainsi dire pas de fête de chant, pas de tir, ni d'exposition qui ne serve de prétexte pour augmenter le nombre de ces produits dont la valeur artistique est souvent très minime.

Médailles honorifiques. — Nous rubriquons ici toutes les médailles qui impliquent l'idée de récompense et de distinction honorifique ; elles visent sous une forme ou l'autre le mérite, le travail, un acte de valeur ou de dévouement. Telles les médailles de sauvetage, celles des concours, etc. Ajoutons-v les médailles militaires instituées en faveur des plus courageux ou des plus zélés soit au cours d'une guerre, soit dans les obligations du service en temps de paix ; enfin les médailles qui constituent des prix (expositions, tirs, etc.). Quelquefois la médaille est à la fois une monnaie, c'est-àdire que c'est la monnaie même, frappée avec des coins spéciaux et de circonstance, qui assure la mémoire de l'événement par le tvpe à allusion dont on la revêt (Confédération suisse : écus de tir). Dans la règle une médaille d'or représente le premier prix, la médaille d'argent, le second ; celle de bronze, le troisième prix.

Médailles de parrainage. — A l'occasion du baptême d'un prince, les souverains ou Etats alliés avaient l'habitude d'offrir un cadeau qui le plus souvent revêtait la forme d'une médaille en or. La Confédération suisse a comme telle rempli plus d'une fois ces fonctions de parrain et, dans ces occasions, elle faisait frapper une médaille de circonstance. L'usage d'offrir une médaille de parrainage (ou de marraine) se généralisa par la suite en ce sens que, dans les cercles bourgeois, le parrain donnait si ce n'est une médaille frappée ad hoc, tout au moins une monnaie de choix.

Médailles de mariage. — A Paris, l'usage voulait qu'au jour de son mariage un mari offrît à l'épousée 13 pièces de monnaie en or ou en argent ; ce don s'appelait le trei\aiii. Les médailles qui composaient le treizain avaient un droit et un revers, d'autres un droit seulement qui portait la légende : « Denier pour épouser, » ou une inscription analogue. Comme emblème, ces pièces portaient un cœur, une croix,, un lys, etc.

Médailles bénites ou consacrées. — Ce sont des médailles ovales pour la plupart, souvent aussi rondes ou polygonales, qu'on distribue dans les lieux de pèlerinage, et qui, bénies de la main du prêtre, constituent comme des « mémentos » de piété, ou des amulettes. Telles ces médailles dites « Agnus Dei », qu'on donnait aux pèlerins au S'-Sépulcre de Jérusalem, celles encore qui proviennent aujourd'hui de la Grande Chartreuse, d'Einsiedeln, de Trêves, de Maria-Zell en Styrie, de Santiago, etc. Elles sont d'ordinaire de laiton et portent comme type « monétaire » l'image du saint patron ou de la sainte patronne du lieu de pèlerinage. Les plus anciennes sont d'origine byzantine. Une curieuse médaille se rattachant à ce groupe est celle dite de saint Benoît (en allemand : Pestmedaille) ; elle porte l'image du saint ainsi que sa croix et était destinée à mettre à l'abri de la peste celui qui la gardait par devers lui.

Médailles charivariques. — Sous cette dénomination (ail. Spottmiinzen) on peut désigner les médailles h^appées dans le but de ridiculiser un personnage ou un événement. Telles d'entre elles datent de l'aiitiquité romaine ; nous voyons ainsi la tète de l'empereur Gallienus entourée de la légende :

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« Galliena « et surmontée d'une couronne de roseaux en lieu et place Je la couronne radiée. A l'époque de la Réformation, les deux partis ennemis frappaient des médailles dont les détails étaient injurieux, à l'instar de ce qui se publiait dans les libelles et pamphlets du temps ; les t^pes représentent souvent des caricatures, et la teneur des légendes n'est rien moins qu'édifiante. On procédait pareillement à l'époque de la Révolution. A la chute de Napoléon III, des monnaies charivariques circulaient portant au revers la légende : « vampire français. »

Médailles laisser-passer des monnayeurs. — Ces pièces portent au revers les ligures des instruments employés dans le monnayage ; elles servaient de laisser-passer aux ouvriers-monnayeurs. Elles proviennent de Rouen, Lyon, Grenoble, Chambéry, Tarascon, Avignon, Chàlons-sur- Marne, etc.

Essais. Pieds-forts. — Force est de rubriquer ici les essais et pieds-forts. Sous ces termes on désignait des pièces frappées avec grand soin, au titre légal, mais d'un poids double, souvent quadruple de celui des monnaies respectives, et qui constituaient des modèles, surtout des souvenirs destinés aux souverains, aux magistrats en charge, etc. Elles n'entraient pas dans la circulation ; parfois on les émaillait et on les considérait comme des espèces de bijoux; à ce titre, et en tant qu'objets de curiosité, elles ont une certaine parenté avec les médailles proprement dites de grand module. Suivant les circonstances 1' <( essai », c'est-à-dire le coin qui avait frappé le premier essai, ne servait plus ; aussi le nombre de ces pièces s'accait-il considérablement avec les années.

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Monnaies obsidionales. — On appelle monnaie obsidionale ou ff de nécessité», (« Xothmûnze », ail.) une pièce frappée dans de certaines circonstances, par une ville assiégée, par exemple, pour suppléer aux espèces sonnantes qu'on ne pouvait recevoir du dehors. L'autorité qui émettait ces pièces s'engageait à les rembourser plus tard. Dans ces cas extrêmes le pouvoir faisait flèche de tout bois pour parer à l'absence de numéraire ; aussi trouve-t-on de ces instruments d'échange faits en métal, en carton, en cuir, voire en morceaux de vaisselle poinçonnés. Les assiégeants eux-mêmes, dans l'impossibilité de se ravitailler, en arrivaient à cette extrémité. Ces pièces constituent donc des souvenirs, des objets de curiosité n'ayant eu le caractère de la monnaie proprement dite que pendant un laps de temps donné. C'est pourquoi nous les mbriquons dans ce chapitre, bien qu'en vertu de leur nature et du but qu'elles visaient, elles dussent figurer dans le groupe des monnaies et à une autre place de ce livre. La forme de ces pièces variait, comme variaient aussi les poinçons, les contre-marques ou coins dont on les revêtait. Lorsque la pièce porte une légende, celle-ci relate l'extrémité à laquelle on en était réduit. Exemples : IX DER XOOT (Breda 1577); PRO XECESSITATE A'ARAD (Grosswardein 1706) ; XIC. A. TMIC. ET. GAL. OBS. (Nice assiégée par les Turcs et les Français en 1543 i; T\'RCK. BLEGERT. WIEX (Vienne assiégée par les Turcs en 1 5291. En outre la légende indique la valeur nominale de la pièce ; tandis que le tvpc monétaire est représenté par une effigie, une armoirie, un monogramme, etc. (v. fig. 5 ).

Les monnaies obsidionales les plus anciennes datent du XX" siècle (Christian L'', roi de Danemark, siège d'Alhama par les Maures en 1483). Le plus grand nombre de ces

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Fig. 142. (I N'otlimùnze » hollandaise frappée à l'ernambuco en 1646. Or.

pièces provient des longues périodes des guerres des X\'l' et XMI'" siècles. Le collectionneur se gardera de la faussemonnaie obsidionale et des pièces inventées (v. chap. XI i. La liste des pièces les plus importantes se trouve dans Blanchet (voir Bibliographie), chap. XII, tome II, p. 325-339. Mentionnons, comme se rattachant à ces monnaies, des tiia- 1ers allemands (Feldthalers ou Klippen ) frappés en temps de guerre (XVl" et XML siècles) et qui n'ont d'empreinte ou d'effigie qu'au droit, le revers n'étant pas travaillé (par exemple: Albrecht MI de Mansfeld, 1547).

Jetons. Tessères. — Les jetons qui servent aujourd'hui de fiches à marquer et à payer au jeu et qu'on fabrique en métal, ivoire, nacre, etc., servaient dans l'antiquité à calculer. Au moyen âge encore on faisait ses comptes avec des jetons, en général de laiton ou de cuivre jaune, de cuivre rouge et d'argent. Charles le Téméraire comptait avec des jetons d'or. Ces petites plaques de métal portaient une légende et à l'instar de la monnaie courante (tournois, couronne, blanc) un tvpe, soit une effigie ou un emblème. On les frappait pour un personnage de marque, pour les familles, pour une charge; dès 1672, la frappe de ces objets se fit exclusivement au Louvre. Abstraction faite des jetons romains et d'une certaine quantité de pièces provenant de Nuremberg

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(XV^' siècle), la plus grande partie de ces pièces sont d'origine française. On en a frappé sous tous les règnes. Consultez Blanchet, « Jetons et méréaux «, ouvrage cité, tome II, p. 400-460.

Des jetons romains, d'un module intermédiaire entre le moyen et le petit bronze, exécutés au moyen des procédés de la frappe ordinaire, présentaient d'un côté une effigie (impériale ou autre) et de l'autre un numéro ou chiffre : celui de la place que la pièce donnait le droit d'occuper au théâtre ou au cirque ; on appelle ces pièces des tessères (de théâtre, de cérémonies, de banquets). A côté de ces pièces de cuivre ou de laiton, on employait à Rome pour les usages auxquels, plus tard, étaient appliqués les jetons et méréaux, des pièces de plomb avec une empreinte en relief, mais sans légende le plus souvent. Une autre tablette de métal qu'on a confondue avec le jeton était le tessère « hospitale; » il était marqué de signes particuliers; on le coupait en deux, chacun des deux hôtes en gardait par devers lui une moitié à l'aide de laquelle il se foisait reconnaître. D'autres tessères romains portaient le mot d'ordre qui se donnait dans l'armée. Pour plus de détails consultez Blanchet, et Lenormant(v. Bibliographie), chap.XII, p. 194-201.

Méréaux. — Bien qu'il soit difficile de différencier, en ce qui concerne leurs caractères extérieurs, les méréaux d'avec les jetons, ces deux espèces d'objets avaient chacun leur usage particulier. Les méréaux sont des signes représentatifs de sommes acquittées ou à toucher. Ils n'avaient pas de valeur nominale, ni titre, ni cours légal. On les employait comme jetons de présence. D'autres, et ces catégories sont très nombreuses, portaient gravées sur l'un des côtés de la

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pièce des indications de prières, et constituaient comme une espèce de monnaie pieuse (nioneta ecclesiastica) à Tusiige des tîdèles de l'Eglise. Les prêtres en recevaient pour leurs messes et autres ottîces; on les leur remboursait en numéraire, lorsqu'ils en avaient un certain nombre.

Méréaux des Héformés. — Analogues aux derniers, mais exclusivement tabriqués (généralement en plomb) à l'usage « des Huguenots ». On trouve dès 1561, les méréaux « des Réformés », que les pasteurs remettaient, à l'instar d'un laisser-passer, à ceux qui voulaient avoir accès à la sainte communion. En dehors de France, on en avait émis en Hollande, en Angleterre, en Allemagne.

Méréaux ( jetons') de vote. — En guise de bulletins ou de billes communément employés pour les élections (corporations, bourgeoisies, conventicules), on se servait de pièces analogues aux méréaux, à Neuchâtel, par exemple, aux XM'' et XMP siècles, à Lucerne dès le XVl" siècle jusque vers 1860 encore.

Fig. 145. Jcioiis lie vote en argent. Lucerne 1594.

Monnaies des innocents. — Les monnaies des innocents sont des tablettes de plomb ou d'étain qui servaient tout à la fois de jetons de présence et de signes de ralliement à ceux qui participaient à la fête des Fous, la veille de l'Epi-

phanie. Ces pièces offrent des types variés avec des inscriptions qui représentent une légende, un rébus, etc., et portent le nom d'une ville, une date, l'écu de France, un lys, une étoile ou un symbole.

Deneraux. — Ce sont des poids. Ils portaient le type principal de la monnaie dont ils devaient vérifier le poids ; ils étaient plus petits et plus épais que la monnaie elle-même. On en connaît de forme analogue à celle de la monnaie, ils ne sont alors marqués que d'un seul côté, et de forme hexagonale ; dans ce dernier cas la pièce porte une empreinte au droit et au revers.

Marques de sortie. — Mentionnons encore les marques. Les personnes qui, à Mayence, à Hambourg, à Erfurt, par exemple, sortaient de la ville, recevaient une marque en métal qu'elles avaient à produire et à rendre en rentrant.

Marques des brasseurs. — Comme laisser-passer ou pièce de légitimation, on créa en Allemagne, ainsi à Lubeck en 1563, 1565, 1647, à Torgau en 1589,11 Lindau, etc., des marques distinctives pour les brasseurs (Brauermarken).

Marques de guerre. — Les cantons de Lucerne, Fribourg et Soleure avaient des marques en métal destinées, en temps de guerre (Kriegsmarken), à indiquer la force des contingents militaires auxiliaires dont le pavs avait besoin ou qu'il réclamait à ses alliés. C'étaient autant de documents secrets. Ces pièces étaient de différentes formes et variaient d'aspect. Les pièces lucernoises qui ont été conservées sont incluses dans une enveloppe de papier portant l'inscription suivante : « Les secrets desseings de la Ville de Lucerne avecquc les villes de Frybourg et Solleure en temps de péril de la guerre fiiicts l'an 1568. »

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