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dans des limites exactement déterminées d'avance, l-ragmenter son travail, sa peine, son attention, dépenser son temps et son argent simultanément dans plusieurs directions, c'est s'exposer à ne jamais arriver à réaliser des groupements homogènes, soit des séries complètes. Or le terme même de collection implique l'idée de séries parfaites, pour le moins d'une série complète ; puis, une collection n'a de valeur effective que si cette condition est remplie. N'oublions pas que, pour en arriver là, il tant parfois toute une vie de recherches patientes, et un capital plus ou moins important.
Se spécialiser. — L'amateur choisira donc « une spécialité » qui, suivant les cas, pourra être plus ou moins restreinte ou embrasser un territoire plus étendu. L'essentiel est de fixer son choix. Cette première décision prise, on achètera tout ce qu'on pourra se procurer à bon marché. Ces premiers débuts valent déjà quelques mécomptes, mais enfin, entre temps, on s'est habitué à distinguer ce qui est authentique et à reconnaître le faux. C'est un apprentissage qui coûte gros, si l'on se lance d'emblée dans les pièces de luxe ou à effet. Là surtout, soyons ménagers. Si l'on envisage une collection comme un placement d'argent d'un genre particulier, on achètera évidemment avec l'idée d'une spéculation à tenter: le but alors est le bénéfice à réaliser; dans ce cas, n'achetez que des pièces intactes, bien conservées, celles en un mot dont on est certain que la valeur s'accroîtra avec le temps. Mais un véritable amateur collectionne pour soi ; nonobstant il travaille aussi pour la science qu'il sert en recueillant, classifiant, décrivant ces témoins si instructifs et si intéressants du passé; nous ne parlons même pas de la jouissance qu'il en ressent.
La spécialité. — Quant au choix, ou à la spécialité à laquelle se vouer, tant de facteurs entrent en ligne : ressources pécuniaires, attïnités particulières, goût personnel, prétérences, etc., qu'on ne peut pas formuler de règles à cet égard. L'un est porté vers l'antiquité et se mettra à recueillir les monnaies d'une ville, de tel atelier de monnayage, de telle dynastie. L'autre collectionnera toutes les pièces au type de telle divinité, de tel monument. Un troisième s'occupera plutôt du moyen âge ou de tel siècle des temps modernes et visera les monnaies d'un royaume, d'une province, de tel ou tel souverain. On peut collectionner uniquement les monnaies pourvues d'une contremarque, ou les pièces frappées en cas de nécessité, ou les monnaies épiscopales, etc., de même seulement des monnaies d'or, ou de bronze ; enfin on peut ne vouloir que des bractéates, ou des gros, ou des thalers. Parmi ces différentes méthodes, on distingue de suite celles qui procèdent d'une idée rationnelle ou celles qui n'offrent aucun intérêt scientifique. Au point de vue de la numismatique historique, nous comprendrions mieux celui qui chercherait à posséder un spécimen des monnaies de chacun des pays, de chacune des nations, etc., qui ont figuré dans l'histoire ; on collectionnerait alors une monnaie Lydienne, une monnaie Perse, un exemplaire des différentes périodes de la Grèce, de Rome, de Carthage, etc., en recherchant chaque lois un spécimen classique; ce serait ensuite un groupement de monnaies d'origine Sassanide, Vandale, Gothique, Burgonde, Francque, Anglo-Saxonne, de pièces des Lombards, des Carolingiens, etc., auxquelles feraient suite des tournois, des ducats, des besants, des liards, etc., enfin celles des temps modernes, pour arriver aux centimes et francs de notre présent siècle.