CDE
On passe à la description de l'effigie, soit du type monétaire, en mentionnant s'il s'agit d'une tête, d'un buste, d'une figure assise, équestre, etc. On énumère les détails se rapportant à l'effigie : tète laurée, tête couronnée, couronne de chêne, diadème, tiare, etc. ; buste avec ou sans armure, avec ou sans manteau, etc. On note les attributs : sceptre, lance, croix, globe, fanion, rameau, etc.
Rappelons qu'il est nécessaire d'indiquer la direction de la tête ou du portrait, c'est-à-dire si l'effigie regarde à droite ou à gauche, ou si elle est en face. On peut s'épargner tout ou partie de ce travail en renvoyant pour la pièce en question au numéro correspondant d'un catalogue ou d'un traité.
/) Le degré de conservation. C'est un point capital pour les catalogues de vente. On ajoutera donc à ce qui vient d'être recommandé les annotations suivantes :
Fleur de coin.
(Etat de neuf. )
Conserva-
Très bien
Bien
Assez bien
parfaite.
conservée.
conservée.
conservée.
En franrais
fl. d. C.
b(elle)
fr.( fruste)
En allemand
Stpigl
vorz. e.
En anglais
vf (v ery fine)
f(fine)
m (ediocre)
p(poor)
En italien
On les tait suivre des mentions qui pourraient s'y rapporter comme : traces de rognage, limage, trous, etc.
g) La rareté. L'estimation d'une monnaie suivant que le type est rare ou commun, ou si la pièce est unique en son genre. On désigne généralement le degré de rareté par les signes suivants : R = rare ; RR = ou R- = très rare ; RRR ou R^ = excessivement rare (rarissime).
La description sera aussi brève, aussi nette que possible. Il sera bon de procéder dans l'ordre indiqué et de s'en tenir, au point de vue du signalement ou de la terminologie, aux abréviations, mots, signes que nous venons de passer en re\-ue.
Reproduction des monnaies. Dessin. — L'étude numismatique pour être complète doit toujours être accompagnée du dessin ou d'une autre reproduction graphique de la pièce dont on s'occupe ; cela est indispensable notamment, quand il s'agit d'une publication quelconque, travail scientifique ou artistique, catalogue ou prospectus de vente. Pour l'amateur lui-même, l'étude et l'observation deviennent plus exactes, plus fructueuses, s'il dessine souvent ; le souvenir en est fixé d'une manière plus durable. Le dessin, — et en pratiquant on arrive à dessiner assez convenablement, — force l'observateur à faire attention à tout ce qui s'étale
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SOUS ses veux: proportions, situation, rapports, etc. Le débutant fera bien de dessiner sans le concours de la loupe. On travaillera sur une table solide, à environ un mètre ou I '/.i iii'^'tre d'une fenêtre et en évitant le soleil.
Gravure. — Abstraction taite de la gravure sur bois, de la lithographie, et de la zincographie, procédés couramment employés, mentionnons comme particulièrement recoiumandables pour la reproduction des monnaies, la gravure sur acier et sur cuivre. Seule la gravure est à même de rendre d'une façon vraiment complète les détails les plus fins de la frappe. Elle est indiquée là surtout où l'on a à faire à un relief très aplati, par conséquent pour reproduire les pièces modernes et celles qui datent du moyen âge.
Photographie. — La gravure restreint son action aux contoui's des détails et ne reproduit pas les effets de lumière. Ceux-ci seront parfaitement rendus par la photographie, ce qui généralement implique la reproduction préalable d'une pièce par le moulage.
Les moulages au plâtre sont ceux qui tournissent les meilleures images photographiques ; on peut laisser le plâtre qu'on emploie dans ce but en son état de blancheur ou le teinter d'ocre. On le colore aussi de la façon suivante : on place le moulage sous une cloche ou un verre renversé qu'on aura rempli de fumée de cigare ou de cigarette; avec un peu d'habitude l'opérateur arrive à donner une teinte uniforme aux différents moulages à traiter, ce qui sur les différentes épreuves photographiques se traduira en une même tonalité du virage.
Les clichés doivent avoir exactement la grandeur des originaux. Exceptionnellement on agrandira de très petites
monnaies, ou inversement on réduira la reproduction de pièces de très grand module.
Figures. — Pour les figures à intercaler dans le texte d'une publication, on emploiera les procédés d'autotypie qui produisent des clichés en zinc (ou en cuivre) pareils à ceux qui ont servi pour les illustrations de ce volume. Si l'on préférait grouper les figures à la fin du livre ou hors texte (feuilles annexées ou atlas), on aurait recours à la phototypie.
Moulage des monnaies. — Avant de procéder au moulage d'une monnaie, il faut s'assurer que la pièce est susceptible de supporter une certaine pression ; puis en examiner la surface qui, lorsqu'elle est recouverte d'une patine, s'agglutinerait facilement au moule, ou qui, lorsqu'elle est constituée par un simple feuillet métallique, court le risque de s'écailler. Dans ces cas on fera un moulage au papier d'étain ; on applique celui-ci sous une couche de mie de pain sur la pièce, en pressant le tout pour que l'étain plaque; on enlève la mie de pain et on tapote le papier d'étain avec un pinceau à poils fins mais résistants, de façon à ce que la pellicule métallique s'incruste sur toutes les aspérités, s'insinue dans tous les enfoncements de la monnaie. Hormis ces cas, on fera un premier moulage à la cire, au ciment des vitriers, ou à telle autre substance malléable; on donnera la préférence à la cire à cacheter. Toutefois n'employez que de la cire sur laquelle le métal ne colle pas. Fondez la cire, versez-en sur une planchette (ou un carton) de quoi couvrir un espace correspondant à la grandeur de la pièce, et sur la masse applique/ la monnaie tout en exerçant une certaine pression très verticalement ; puis laissez en place pendant environ 5 minutes; après quelques petits coups appliqués
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sur la table avec h dite planchette, la monnaie se trouve dégagée de la forme qui Tenserrait. N'essayez jamais de soulever la monnaie en vous aidant de la pointe d'un couteau. S'il restait un peu de cire agglutinée sur la pièce, ce qui ne doit pas être, il faudrait bien se garder de gratter ces places, mais on placerait l'objet dans de l'alcool, où la cire se détache. Ce premier moule — cire, ciment des vitriers, cire à cacheter — ■ constitue le négatif ou la matrice du moulage. On procède alors à l'élaboration du positif ou du relief. Pour cela, mélangez dans un récipient, un verre, par exemple, une certaine quantité de plâtre fin (plâtre d'albâtre) et d'eau, teintée ou non avec un peu d'ocre. Suivant le degré de consistance que cette bouillie aura acquise, coulez-la, versez-la ou appliquez-la dans ou sur la matrice ; laissez le tout en place pendant environ une heure. En tapotant l'objet, vous extrairez le contenu du contenant. Ne jamais s'aider d'une pointe ou d'un couteau, à la f;içon d'un levier, pour extraire le moulage. On rogne les bords, on égalise le revers du moulage, s'il est trop grossièrement façonné, s'il y a des ba\-ures. L'amateur qui n'a pas les moyens de se créer une collection d'originaux peut ainsi monter sans grande dépense tout un cabinet de moulages, lesquels, au point de vue de l'étude, rendent les mêmes services. Certaines maisons vendent des reproductions en métal faites en un alliage d'étain, ou obtenues — c'est le cas le plus fréquent — par des procédés galvanoplastiques. Ces reproductions rendent exactement, non seulement les moindres détails, mais encore la couleur des monnaies qu'elles doivent remplacer. Le prix de ces « électrotvpes » est toujours assez élevé.
Eitliothèque. — Comme principales sources d'étude mentionnons les traités et les monographies d'histoire, les
ouvrages classiques de numismatique générale, les atlas. Quant à la littérature spéciale, elle sera déterminée par le choix de la spécialité à laquelle se vouera le collectionneur ; ahn de se tenir au courant des travaux et découvertes scientifiques, celui-ci fera bien de s'abonner à un journal de numismatique. On trouvera, dans les catalogues des maisons qui s'occupent du commerce des monnaies, les renseignements relatifs au prix, les prospectus des enchères de collections privées, etc.
Hevues. — Nous indiquerons ici, outre les périodiques en cours de publication, ceux qui ont cessé de paraître et qui n'en constituent pas moins des sources précieuses d'érudition et de renseignements ; leur nom est précédé d'un astérisque. Le millésime représente l'année d'apparition du journal.
*Annuairc de Numismatique. Paris, 1866.
*Berliner Blatter fiir Munz- Siegel- u. Wappenkundc. Berlin
*Rullctin de la Société' suisse de Numismatique. Fribourg, 1879. Journal international d'Archéologie numismatique. Athènes,
*Mélangcs de Numismatique. Paris, 1875-82. Mémorial numismatico espanol. Barcelone, 1866- Numismatic Chroniclc. Londres: P^ série 1838-58. IP série
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