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LE CABINET DE TRAVAIL. L'ETUDE

Szamen d'une monnaie. — Pour mieux examiner une monnaie, on se servira d'une loupe ; d'autre part, moins on touchera une pièce avec les doigts, mieux ce sera. Il faut, en second lieu, une petite balance de précision et une théorie de poids ; enfin, une pierre de touche qui sert à reconnaître les pièces fausses d'or ou d'argent. Une pièce d'or fausse laisse un trait rouge sur la pierre, et ce trait disparaît tout de suite avec quelques gouttes d'acide nitrique pur; une pièce d'argent est flmsse, lorsque le trait qu'elle donne sur la pierre est d'un blanc bleuâtre et qu'il disparaît complètement avec une goutte d'eau régale.

Soins. — Les figures qui suivent indiquent comment il faut tenir une monnaie (fig. 156): par la tranche et entre le pouce et l'index, et comment il ne faut pas la tenir (fig. 157), c'est-à-dire par les faces.

Dans n'importe quelle manipulation l'essentiel est de ne pas endommager une pièce, ce qui arrive plus facilement qu'on ne croit, et souvent d'une façon irrémédiable, en voulant nettoyer, brosser, embellir l'objet. On respectera soi-

gneusement la patine, ce léger enduit couleur vert-degris, bleu, ou brun plus ou moins foncé, qui recouvre quelquefois le cuivre et le bronze anciens; on ne l'enlèvera jamais, hormis les cas où elle oblitérerait l'effigie ou la légende : la pièce, alors, bénéficierait évidemment d'un nettoyage convenablement opéré.

Fig. 156. Tenez une pièce ainsi... Fig. 157- et non pas ainsi.

Nettoyage. — La toilette d'une monnaie se fait — dans la règle, à sec — au moven d'une brosse à dents ou à ongles; si cela ne suffit pas, on a recours à une brosse à fils de laiton ou de chiendent. Dès que sur une place traitée ainsi, le métal apparaît, on s'arrête, et l'on poursuit, souvent lettre après lettre et recoin par recoin, jusqu'à ce qu'on arrive au métal. N'employez jamais d'acides (acide sulturique ou chlorhydrique), qui non seulement détruisent la patine, mais attaquent encore le métal, le rongent d'une infinité de petits creux d'où bourgeonneront de nouveau, plus tard, la rouille et le vert-de-gris.

Pour certaines pièces, tel le billon romain des années de 260 à 300, on peut procéder par incandescence, c'est-àdire rougir l'objet à la flamme (gaz ou esprit-de-vin) ou dans un four, mais à la température voulue ; la patine se carbonise et on l'essuie alors à l'état de poussière noire. On s'expose cependant à ce qu'une partie du métal (étain, plomb) transsude sous forme de gouttelettes, ce qui altère la consistance et le ]-)()ids de la monnaie.

LE CABIKKT Dl-, TRAVAIL. I. HTUDi; 22)

Conservation. — Les différentes pièces de la collection seront conservées dans la position horizontale sur des feuilles de carton percées de part en part de fenêtres, ou de ronds, d'une grandeur correspondant à la dimension des différentes monnaies, et épaisses de 3 à 5 millimètres. Sous cette feuille ainsi préparée on colle une seconde feuille de carton plus mince, ce qui transforme chaque fenêtre ou rond en une case qui recevra sa pièce. On peut aussi, en repliant le reste de la feuille de dessous sur le casier tormé ainsi qu'on vient de le dire, constituer à celui-ci un couvercle. Ces feuilles ou casiers peuvent avoir les dimensions qu'on désirera.

Les meubles destinés à contenir ces cartons seront commandés de grandeurs correspondantes; ils seront composés d'une série de tiroirs superposés (chaque casier aura son tiroir) et glissant aisément. Le tout doit être mobile, facile à transporter et à sauver en cas d'incendie. Proscrivez par conséquent les placards, les grandes armoires. Le bois du meuble sera sec, de façon à ce qu'aucune des parties constituantes ne puisse se voiler. Le meuble sera pourvu d'une serrure ; on le tiendra fermé à clef.

Description d'une monnaie. — Tout collectionneur doit être à même de décrire correctement les pièces qui lui passent dans les mains. Une description exacte vise les points suivants:

a) Le métal. Pour déterminer le métal on se sert d'abréviations (signes conventionnels) :

pour

pour

pour le

pour le

l'or:

l'argent :

bronze :

billon :

>n Français

Or

Br

Hil.

» Allemand

Hr

P,il.

» Anglais

» Italien

JE

b) Le nom de la monnaie ; il s'écrit en toutes lettres ; exemples : le solidus, l'obole, le tournois, le thiiler, etc. Pour le mot : médaille, on emploie l'abréviation = méd.

c) Le module. Pour le bronze antique, 3 dénominations correspondant aux trois dimensions classiques :

Grand bronze. Moyen bronze. Petit bronze.

En Français GB MB PB

» Allemand . . . . GB MB KB

» Anglais ^1 JS? JS?

» Italien GB MB PB

Pour les monnaies grecques notamment, pour toutes les médailles et pour les pièces rares, on donnera la mesure exacte du diamètre en millimètres.

d) Le poids. La description d'une pièce n'est vraiment complète que lorsqu'on y fait figurer le chiffre de son poids.

e) Le type. On décrit séparément chaque côté, en commençant par le droit. Par rapport au droit (avers) et au revers, on se sert des signes suivants :

f droit ^ ^ ,

Kn Français — Av et Rv ou Y^ (revers).

y avers

f Hs (Hauptseitc) -^ ^ , . , » Allemand - ^, ' ^ . Rs (Ruckseite). [ \ s (Vorderseite)

» Anglais — Obv. (obverse) J^ ou Rev. (revers),

» Italien . . . D (Diritto) I^ (Rovescio).

On reproduit d'abord en lettres majuscules la légende, les lettres liées, s'il y en a, l'intcrponctuation, etc., puis on inscrit les lettres du champ et de l'exergue suivant les règles indiquées dans les schèmes ci-après :

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