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LA PIECE DE MONNAIE. SON ASPECT

Thracc, celle du dieu Hermès ; X Syracuse, celle de la nvniphe Aréthuse ; Thasos frappe à l'image du dieu Dioiiysios, Elis à celle de Jupiter, etc. Dès Alexandre le Grand, l'effigie proprement dite, soit le portrait de la personne même du monarque, prévaut ; c'est alors la représentation de la tète ou du buste du souverain ou de sa temme qui figure sur la monnaie du pays. Cet usage se répand en Eg3^pte, Syrie, dans le Pont, la Bithynie, à Byzance et passe chez les Romains ; les nations chez lesquelles la religion défend la reproduction de la figure humaine ne l'adoptent pas; tels les Arabes. Outre les effigies, tètes, bustes, figures en pied, surgissent des types allégoriques ou la représentation de symboles, d'emblèmes, d'objets d'ordre religieux, architectural ou militaire, etc.; plus tard, des symboles parlants, des armoiries, etc. ; au moyen âge, des images de saints et de personnages ecclésiastiques.

Le revers. — Sur le revers, la variété des types est encore plus grande. Tout d'abord, le revers était orné, comme le droit, d'une image impliquant très souvent un caractère religieux, ce qui confirme l'idée qu'à l'époque de ses débuts le monnayage se pratiquait dans les temples, la faculté de battre monnaie constituant une prérogative sacerdotale avant d'être l'apanage exclusif du souverain. En remontant depuis l'ère chrétienne le chemin des siècles, on trouve des monnaies ornées de symboles divins, de scènes représentant des sacrifices, de temples, etc. Si, par la suite, le droit de la monnaie est de plus en plus réservé au portrait du souverain, le revers sert à développer le panégyrique du monarque ; c'est l'espace consacré à étaler ses vertus, à exalter ses actions, à le diviniser en ce sens que les qualités dont il a fait preuve et ses actes seront repré-

sentes par des emblèmes divins ou sous l'image de telle ou telle divinité. Un empereur romain est-il victorieux, on le glorifiera sous la figure de la Victoire ; a-t-il été clément, valeureux, ce sera sous celle de la Clémence, de la Virtus; toutes les divinités défilent, incarnant ainsi les faits ou les traits saillants des personnages en une représentation divine; telles encore : la Sécurité, la Félicité, la Paix, la Libéralité, etc. Pour les épouses souveraines, impératrices, reines, princesses, ce sera une glorification des vertus féminines, et le revers des monnaies' porte alors des motifs allégoriques correspondants : la Fécondité, la Pudicité, Vesta, Vénus, etc. Sur certaines monnaies impériales, l'effigie représente directement telle ou telle divinité, par exemple : la Concorde, l'Abondance, la Piété, l'Indulgence, etc. Tout à côté, surtout chez les Romains, apparaissent des types monétaires se rapportant aux coutumes, comme des tableaux de la vie populaire : jeux, combats ; ou au cadre où la vie évolue : édifices, monuments, voyages, etc. Au moyen âge, l'ornementation du revers a un cachet religieux ; c'est avant tout la croix qui devient le motif principal et qu'on solennise ainsi sur les monnaies; elle y figure sous les formes les plus variées et apparaît sur les pièces de presque tous les pays ; enfin surgissent les emblèmes héraldiques, les écus, les trophées, les monogrammes, etc.

Le champ. — Le champ est l'espace compris entre le type monétaire (effigie ou image) du droit aussi bien que du revers et la légende, ou le rebord de la pièce, lorsqu'il n'y a pas de légende. La surfiicc de cet espace doit être plane, unie ; elle est presque toujours absolument lisse, ce qui fait ressortir les détails circonvoisins. Outre les chiffres et lettres que nous avons signalés, on y trouve parfois des

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