LA PIECE DE MONNAIE. SON ASPECT
Une pièce de Gènes, dite Crosû~~o largo, mesure 58 mm. de diamètre (dix-septième siècle). Inutile de spécifier que le diamètre des monnaies se compte en millimètres. Pour mesurer les monnaies de l'antiquité, quelques numismates se servent encore de l'échelle de Mioniict, échelle se composant de 19 circonférences, dont la plus petite mesure 9, la plus grande 77 mm. Les pièces du plus petit module connu sont d'origine grecque ; telles d'entre elles n'atteignent même pas le minimum prévu par Mionnet, car il en est qui ne dépassent pas 3 '/.2 mm. de diamètre.
Topographie d'une monnaie. — Sur toute monnaie il faut distinguer :
i"" Le côté de Ve/Jh^ie ou du type monétaire principal ; c'est Vavers, ou la face de la monnaie, ou le droit ;
2° Le côté opposé sera le revers.
Or comme il n'y a pas toujours une « face », soit une eftigie sur la monnaie, on adoptera de préférence le terme de droit pour désigner le côté principal, celui de la légende.
3° Le champ de la pièce, qu'il ne faut pas confondre avec la surface de la pièce. Le champ comprend l'espace inoccupé par l'effigie ou le type monétaire (image), aussi bien au droit qu'au revers ; le plus souvent il est tout uni.
4° Le cordon, c'est le bord ou rebord qui enclôt la pièce sur tout son pourtour et qui lui forme, pourrait-on dire, comme un ourlet ; il est parfois perlé et forme un grènetis circulaire, ou bien il est à l'état d'un mince filet lisse, uni, qu'on nomme /w/^/; d'autres fois le grènetis est adossé à un listel, comme sur nos pièces de 5 francs.
5° La tranche, tantôt lisse, tantôt cannelée ou ornementée, avec ou sans inscriptions, lettres ou signes.
En outre, et dans la règle, on trouve sur une monnaie:
1° La légende : une inscription placée circulairement autour du type monétaire ou dans le champ de la pièce, ou bien en ligne droite soit au droit, soit au revers.
2° L'exergue, emplacement au bas d'une des faces, recevant d'ordinaire un millésime ou une inscription placée horizontalement en une ligne ou plusieurs lignes. C'est, comme on l'a définie, une légende « en soubassement ».
On donne parfois, mais à tort, le nom d'exergue à l'inscription placée circulairement sur la tranche des pièces modernes.
3° Les chiffres du millésime et de la valeur nominale.
4'' Le signe ou la lettre du lieu (de l'atelier) où la pièce a été frappée ; constitué de fois à autre par un point secret. On trouve parfois un signe particulier dit d'émission.
5° La lettre ou la marque personnelle du graveur; c'est le point déferait qui, généralement, se trouve sous l'exergue ou à la place en soubassement qui correspond à l'exergue, d'ordinaire sous le type ou l'image du revers.
Le droit. — Le droit porte l'effigie, lorsque la pièce en comporte une. Sur les pièces sans effigie, le droit est quelquefois malaisé à déterminer; toujours est-il que ce sera le côté où se trouvera le type ou motif monétaire le plus important. De bonne heure l'usage s'établit de représenter la figure vivante ou inanimée et d'en constituer le type essentiel et caractéristique de la monnaie. Aux premiers temps du monnayage on trouve une image représentant une tête d'animal qui se rapportait à une légende, à un culte ; telle la tête du renard rappelant le dieu lydien Bassareus. A l'époque classique de l'art grec, ce seront des figures de divinités : à Athènes, la tête de Minerve ; en