LA PIHCE DE MONNAIE. SON ASPECT 2'J
en astragale, c'est-à-dire d'un cordon dont le grènctis est lait alternativement d'une perle longue et d'une perle courte ou d'une perle longue suivie de deux perles courtes. Quelquefois une fine guirlande remplace le cordon perlé. Au moyen âge, on voit apparaître un motif décoratif qui n'est plus un cordon dans le sens strict du mot, mais un cadre entamant le champ et s'étalant de la périphérie vers le centre. Ainsi les deniers carolingiens ont deux, les gros tournois quelquefois trois bordures concentriques, qui se trouvent placées entre la légende et l'effigie, ou entre les lignes de la légende. La bordure des pièces de 4 drachmes en argent de l'époque macédonienne est constituée, au droit, par un véritable encadrement imitant la ferrure du bouclier macédonien; ces ornements sont formés par un certain nombre de demi-cercles (7 le plus souvent), dont l'ouverture est tournée vers la périphérie; au milieu de cet espace se trouvait une étoile. Ce schème a été employé depuis par les rois sassanides jusque vers le septième siècle
Fig. 14. Bordure grecque. Le bouclier macédonien.
après Jésus-Christ comme motif décoratif du droit et du revers, mais avec un moins grand nombre de demi-cercles (4 en général). Au moyen âge, les Croisés apprirent à reconnaître CQS détails qui passèrent alors sur certaines monnaies de l'Occident, les gros tournois spécialement. En France,
on substitua un lys à l'étoile représentée sur les demi-cercles en question, qui s'ouvrirent dès lors vers le dedans de la pièce,
La tranche. — Tranche ornementée. Afin de parer aux pratiques frauduleuses du limage ou du rognage des pièces, et par cela même à la diminution du métal, on s'appliqua à façonner une tranche, c'est-à-dire une épaisseur de pièce, parfaitement égale, à arêtes mathématiquement régulières ; puis on ornementa la tranche, le plus souvent d'une guirlande de feuillage.
Tranche portant une légende. On en trouve déjà aux seizième et dix-septième siècles. Citons la légende de Charles IX : « Manibus ne laedar avaris, » et celle de l'évêque d'Eichstaedt : « Ne me falsificus rodât avara manus. 1 694. » Les lettres sont tantôt en creux, tantôt en relief. Actuellement, sur les côtés de la presse qui transforme le flan en une monnaie se trouve une bague ou virole portant en creux ou en relief la légende qui entourera la tranche de la pièce frappée. Exemples : « Dieu protège la France; » — « Fert.Fert.Fert. » (Italie).
Tranche cannelée. Au lieu de graver un ornement ou une légende, on a pris pour certaines pièces et en quelques pays l'habitude de canneler la tranche, dispositif qui met à l'abri du limage. Comparez les pièces de 10 francs en or, les pièces suisses de 2, i, y.^ francs en argent.