TYPES MONÉTAIRES. L'EFFIGIE
Historique. — La représentation de la figure humaine apparaît pour la première fois sur des monnaies des rois perses, et d'emblée l'effigie souveraine surgit en pied ; l'effigie de la tête seule ne sera employée que plus tard^ à l'époque des satrapes; mais ce n'est que depuis Alexandre le Grand, ses successeurs et leurs contemporains, que le type monétaire constituant un vrai portrait fait partie intégrante de la monnaie.
Le troisième siècle avant Jésus-Christ^ très spécialement, nous a transmis des effigies qui sont de vrais modèles, d'une netteté parfaite et qui nous surprend, tant l'artiste a su rendre la caractéristique des traits qu'il avait à reproduire et s'inspirer des règles du beau.
L'art monétaire^ soit l'art de la gravure des effigies, atteint son apogée au cours des deux premiers siècles de notre ère. Dès le règne d'Elagabal on constatera un progressif recul ; chez les Byzantins l'art a disparu ; longtemps avant le moment où, chez les Romains de la décadence, le même fait se produira, les monnaies perses ne présentent déjà plus que des types étriqués, et comme des caricatures des
beaux spécimens antiques. Les temps qui suivirent ne nous ont légué que des types informes, comme en témoignent les pièces des nombreuses tribus errantes des grandes invasions. La monnaie franque est laide, ses effigies sont grossières, contrefaites, mais rien ne surpasse la grimaçante esthétique des monnaveurs slaves et goths. Pendant tout le cours du moven âge l'art monétaire languit, les représentations de la figure exigeant une habileté que personne n'avait et, que au reste, personne ne se souciait d'acquérir. Les effigies proprement dites disparaissent pour quelques siècles, malgré les essais infructueux de Charlemagne et de Frédéric II pour copier l'ancienne monnaie de Rome, malgré les efforts de la dynastie des Urtukis turcomans pour faire revivre la gravure des effigies grecques d'antan.
L'art monétaire ressuscite à l'époque de la Renaissance sous l'influence et l'impulsion des médailleurs itaUens ; l'effigie reprend alors ses droits et reparaît comme ornement principal et essentiel de la monnaie ; telles ces pièces du quinzième siècle qui rendent d'une façon correcte les traits des princes séculiers et ecclésiastiques de ce temps.
Schèmes des effigies. — Schématiquemeut on peut classer les effigies en cinq groupes :
a) Tête seule. Un type régulièrement adopté par les Grecs, et très fréquent chez les Romains, C'est celui qui, de nos jours, est presque exclusivement employé partout.
b) Buste. Ce type est rare chez les Grecs, courant chez les Romains, fréquent aux époques modernes. Il domine sur les monnaies des Arsacides et des Sassanides.
c) En dégradé, c'est-à-dire tête, buste et la partie supérieure des bras et de la poitrine. Des effigies pareilles appa-
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raissent dès le règne de Commode et se maintiennent jusqu'à la fin de l'Empire. Les thalers et les médailles du seizième siècle et des siècles suivants présentent ce type taisant valoir les draperies ou l'armure.
il) La figure en pied surgit d'abord sur les monnaies des Achéménides (Perse) ; chez les Byzantins, elle est assise, trônante ou droite; de même chez les imitateurs des monnaies byzantines. Sur certaines pièces françaises du quatorzième siècle on trouve un motif équestre.
Fig. 1 5. Chan assis à la turque.
Bronze mongol.
Fig. 16. Evêque trônant.
Bractéate de Constance.
c) Double visage. Un mode de représentation très rare. Employé par le grand Pompée et par Commode.
Orientation de la figure. — La représentation d'une tête doit être soumise aux règles générales de la plastique, soit du relief; conséquemment l'effigie doit être gravée en profil. Les Grecs ne procédaient qu'ainsi ; après eux, les artistes de la Renaissance et les graveurs de mérite des temps modernes. Une effigie « en face » pèche au point de vue de l'esthétique monétaire, et au point de vue pratique elle se condamne elle-même, car le nez est très rapidement aplati par le frottement, il s'use, ce qui défigure l'ensemble. On trouve cependant ce genre d'effigie sur les monnaies des dynastes
arsacides, et quelques pièces romaines sous Auguste, Postume, Tetricus I'"' et Maxence; le type se généralise même dès Constantin, surtout chez les Byzantins et leurs imitateurs. Depuis la Renaissance on lui préfère, et avec raison, le profil. Comparez à cet égard les nombreuses médailles du seizième siècle.
Fig. 17. EÛigie en face. François L" de France.
La plupart des profils regardent à droite ; telles les effigies des Grecs, des peuples grécisés, des Romains ; c'est la règle dans les temps modernes. Le profil est tourné du côté gauche chez les Parthes et les rois de Sicile, quelquefois sur les monnaies de Chalcis et de la Mauritanie, très souvent sur celles de l'époque impériale romaine. De nos jours, l'orientation de l'effigie varie : les papes le plus souvent regardent vers le côté gauche, les rois et empereurs de France vers le côté droit.
Nombre des figures. — Dans la règle, l'effigie est unique; le monarque est représenté seul sur la monnaie ; cependant l'usage s'établit assez tôt d'adjoindre l'effigie de la souveraine ou de l'épouse ; puis le cercle s'élargit et l'on verra apparaître successivement et conjointement à l'effigie prin-
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cipalc kl tii^urc d'un corégcnt, d'un prince, cntln celle des parents, de frères ou de sœurs et d'entants.
Exemples tirés de l'antiquité romaine :
1° Fils et pire.
César fils et César père.
Tibère el son père Auguste.
Caligula y Gcrmanicus.
Néron >^ Claude I^''.
\'itclliusetso Titus Domitien Trajan
père L.\'it("llius.
Vespasien.
Vespasicn.
Trajan .
2° Epoux et épouse.
Antoine et Octavic.
Antoine et Cléopâtre.
Claude et Agrippine.
Néron et Octavie.
Néron et Poppéc.
Domitien et Domitia.
Trajan et Plotine.
Adrien et Sabine.
Ant.-le-Pieux et Faustine K'".
Marc-Aurcle et Faustine II.
Lucius et Lucille.
Sévère et Donina.
Alexandre et Orbiana.
Philippe et Otacilia.
Décius et Etruscille.
Gallien et Salonine.
Carin et Urbica.
3° Fils et mère.
Caligula et Agrippine I'"''. | Néron et Agrippine II.
Auguste et C. -César.
Tibère et Drusus.
Vespasien et Titus.
Ant.-le-Pieux et ^larc-Aur
4° Père et fils.
Valérien V'^' et Gallien.
Tctricus 1er et Tetricus II.
Carus et Carin.
On ne compte pas que deux figures ; sur une seule et même pièce on pourra en rencontrer trois, quatre,, cinq et plus. Le groupement suivant fera cornprendre la diversité des combinaisons possibles.
\oinbre
des figures.
Au droit.
Au revers.
^l. Antoine.
Lépidus.
Le même.
César.
Le même.
M. -Antoine.
Le même.