AYANT UN REVENU DE
^00 marcks 800 à 1.000 — , 1.600 à 3.300 — 3.300 à 9.600 — 9.600 à 54.000 — Plus de 54.000 —
AUGMENTATION absolue 0/0
Voir aux Additions ci-après, p. 27-4.
L'énorme progression de la productivité sociale réagit — malgré des exceptions la^entablemeot nombreuses — sur le bien-étr# général; ella âtocroit, dans une certaine mesure, la moyenne des salaires et des traitements ; mais elle favorise, dans une bien plus large mesure encore, la centralisation des fortunes au profit des grands capitalistes : lexix® siècle n'a pas été seulement le siècle des ouvriers ; on l'appellera aussi le siècle des milliardaires.
Quant aux sociétés par actions, elles permettent, il est vrai, la création de grandes entreprises par l'accumulation de petits capitaux; mais, bien loin de favoriser le fractionnement des capitaux déjà concentrés, elles tendent au contraire à augmenter encore leur concentration. Grâce à leur mécanisme, des milliers de petites gens peuvent s'intéresser dans les affaires du Panama ou les mines d'or du Transvaal ; qui donc prétendrait en conclure que ces drainages de la petite épargne ont pour effet de répartir plus également les fortunes ? N'est-il pas évident, au contraire, que le menu fretin des porteurs d'actions et d'obligptions, livrés par leur inexpérience à toutes les embûches ^et intéressés souvent dans une seule entreprise, assument des risques bien plus grands que les magnats du capitalisme, qui se réservent les meilleurs morceaux — la part du lion — et qui ont toujours soin, pour neutraliser les chances défavorables, de ne pas mettre « tous leurs œufs dans le même panier » ?
L'augmentation dii nombre des aetionnaires
ue prouve 4oiic pas l'augmentation du nombre de& possédants, et moins encore le ^fractionnement des grosses fortunes : elle signifie* seule* ment que^ de plus en plus, la forme action devient la forme dominante de la propriété ^
Au point de départ nous trouvons la |>ropriétÔ feflicière, autre forme par excellence de la propriété persoi^nelle^ mariant l'homme à la terre^ enracinant, pour ainsi dire, le cultivateur ati sol nourricier; au terminus de Vévolution capitaliste^ nous aboutissons à la propriété du morceau de papier, conférant à son détenteur un droit impersonnel, qu'il partage avec des milliers d'autres^ sur les chemins ^e fer de la Chine, les forêts de caoutchouc du Cpngo ou les . richesses minérales du Klondyke.
Et c'est précisément à cette dèpersonnalisatioa^ à x^ette sublimation <le la propriété capitaliste, dégagée de tous liens avec le travail ^actael du possédant, que A. Menger attribue une portée révolutionnaire décisive :
« Plus la disproportion grandit entre le droit et la force réelle, dit-il, plus la propriété moyenne et la pe^te propriété se changent en grande propriété, et celle-ci en simple possession de titres, plus faible devient la structure intime de tout le système du droit privé. Dans
1. En ÀDgleterre, par es^emple» le nombre des Joint Stodk Companies é'est élevé de 9.844 en 1-8&5 à 125.267 -en iS9S. Or, <d*fl^Dèt £br8ba.w^ /9int sto^ck €enterj)rise 4ind <mr mami^ facturin^f industries, i(f j>. cent à peine'^ dé ces sociétés nouvelles représentent des entreprises nouvelles ; les atitres proviennent de la conversion 4« firmes prîviées an «ociétés 1^ m^mM. (The fértm^^Mj Mevietv. M«y iOQQ^ f. ai6).
cette séparation eroissi^nte du droit et de la farce, qui est certainemèut un dea traits caraotéristiques de notre époque, je vois le lacteur le plu A important ^ui pousse notre système de droit privé vers le socialisme. Ce &it juridique est plus important que la coneenlration écono-* mique des moyens de production en un petit nombre de mains sur laquelle insistent pritiei-* paiement Marx et d'autres socialistes. »
§ dL L^accroissement numérique des petites
entreprises.
Dans son ouvrage sur « le socialisme théori-^ gue et la social' démocratie pratique », É. Bernstein s'attache, non sans raison d^ailleurs,, à dissiper les illusions un peu naïves de certains socialistes sur la rapidité et sur le degré d'avancement de la canceutration induatrieUe, a Si rincessant progrès de la technique et de la centralisation, dit -il, dans un nombre toujours grandissant d'industries, est un fait dont» de nos jours, la signification n'est plus passée sous silence que par d'impénitents réactionnaires, il n'en est pas moins vrai que, dans toute une série d'industries,, à côté des grandes entreprises, d'autres, petites ou moyennes, font preuve d'ujue incontestable vitalité. * »
Nous avpns vu que, trop souvent, cette vitar lité ^provient de la surexploitation des petits cultivateurs ou des ouvriers à domicile. Mais, si