Édit. ftUeiaaade, p. 57. Trad. tr., p. i
l'on s'en tient aux statistiques^ sans plus, il n'est pas douteux que, chiffres en mains, Bemstein ait raison.
Dans la plupart des branches du commerce, malgré les grands magasins, le nombre des petites boutiques va toujours augmentant. Dans beaucoup de régions agricoles, si la culture devient plus intensive et réclame, par conséquent, des capitaux plus considérables, l'étendue des exploitations se réduit au lieu de s'accroitre. Enfin, dans l'industrie proprement dite, les entreprises minuscules, les patrons isolés, diminuent seuls, relativement et absolument; quant aux entreprises petites ou moyennes, leur nombre continue à s^élever, moins rapidement d'ailleurs que celui des grandes entreprises.
En somme donc, pendant que le nombre des petites exploitations se restreint, dans certaines localités ou dans certaines branches, par suite de la concentration capitaliste, il augmente, et souvent cette augmentation compense la diminution, dans d'autres localités ou d'autres branches, par suite de la division progressive du travail social.
L — Exploitations commerciales
Nous savons, tout d'abord, que ce sont les progrès mêmes de la grande industrie qui multi* plient les exploitations commerciales, soit parce qu'ils développent la masse des^ échanges, soit parce qu'ils refoulent, dans le commerce de
détail, les producteurs autonomes déchus^ soit enfin parce que des milliers de travailleurs cherchent des ressources supplémentaires dans la création d'un commerce accessoire, dans l'on* verture, par exemple, d'un débit de boissons.^ A la centralisation industrielle correspond — jusqu'à l'introduction, généralement plus tardive, des grands magasins — une période de décentralisation commerciale. Mais, en règle générale, les innombrables intermédiaires, qui ne produisent aucune plus-value et contribuent si largement à augmenter le prix des marchandises, ne sont, au fond, pas autre chose que des commis externes chargés de la distribution des produits de l'industrie capitaliste.