‹ Le collectivisme et l'evolution industrielleChapitre 4 sur 47 · LA CONCENTRATION · texte numérisé non relu

LA CONCENTRATION

Ï>REMIÈRE PARTIE

iJL GONGENTRATION GAPITÀLI8TK

« Dt nouvelles conditions de production» sopérienres aux anciennes, ne prennent pat leur place, avant ont leurs raisons d'être maté^ rielles ne se soient développées au sein de la vieUît ' société. »

(K. Maiz).

A mesure que les sociétés progressent, que les relations entre les hommes se multiplient, que les communications deviennent plus faciles et plus fréquentes, la division du travail va toujours croissant.

Tandis que, dans une commune r;urale, on trouve à peine une demi-douzaine de métiers différenciés, le recensement industriel de l'empire d'Allemagne, pour 1895, constate l'existence de 10,397 dénominations professionnelles, dont 5,506 se rapportant à l'industrie proprement dite.

Et, naturellement, le plus grand nombre de res métiers se décomposent, à leur tour, en opérations parcellaires, effectuées par des ouvriers distincts.

C'est ainsi que Levasseur, comparant la fa-

brication moderne des souliers à la cordonnerie primitive, rapporte que dans les ateliers de Lynns (Massachusetts) cinquante-deux ouvriers et ouvrières participent à la confection d'une bottine de femme -v chacune de ces façons durant à peine quelques secondes, et se reproduisant des milliers de fois dans la même journée*.

Mais, à raison même de cette division et de cette subdivision à Tinfîni du travail social, la mutuelle dépendance des travailleurs augmente forcément. Cultivateurs, commerçants, industriels, compagnons d'un même atelier, ouvriers passant toute leur vie à coudre les mêmes boutons ou à percer les mêmes boutonnières, se rattachent, d'autant plus étroitement, à d'autres producteurs, que leur fonction sociale est plus spécialisée. Aux procès de division du travail, répondent incessamment des procès de coordination technique et de coordination sociale, qui reconstituent, sur une base élargie, l'unité des métiers et la solidarité des diverses branches de la production.

Au point de vue technique, la fabrique moderne substitue au travailleur individuel un travailleur collectif, un automate gigantesque, effectuant, lui aussi, Tensemble des opérations productives : c'est la division même du travail qui engendre et qui rend possible la socialisation.^^

Au point de vue social, les organisations,

Page 1