‹ Le collectivisme et l'evolution industrielleChapitre 6 sur 47 · I. — Economie famil^iale fermAb · texte numérisé non relu

I. — Economie famil^iale fermAb

Quand la division du travail est encore rudimentaire, l'unité économique est la famille, au sens large du mot, c'est-à-dire la communauté de tous ceux qui vivent sous le même toit, ou, suivant l'expression médiévale, « à la même cuiller et au même pot » ^. Telle, par exemple, la familia romaine primitive, la communauté paysanne du moyen-âge, la zadruga des Slaves méridionaux. Ces économies domestiques — quel que soit le nombre, souvent très considérable, des personnes qui les composent — pressentent ce caractère commun de se suffire à ellesi

1. SoMBART. Die gewerhliche Arbeit undihre Organisation. (Braun's Arehiv fur êoziale Gesetzgebung und StaHsiik, Drit^ tes undTiertes Heft. Berlin, 1899).

2. On trouvera une bonne description de cet état de choses, pour l'Angleterre du moyen-âge, dans Economies and Jnaustrial Hisiorjp par H,-W. TnuasToii. (Chicago, Scott, 1899).

mèifieSy sauf pour quelques produits (le fer, par exemple, et à Tintérieur des terres, le sel); d'être juxtaposées, et non entrelacées, aux économies similaires, avec qui elles n'ont que des liens très faibles : véritables cellules sociales, presque sans communications avec le dehors^ elles produisent tout ce qu'elles consomment et consomment tout ce qu'elles produisent.

A peine est-il besoin d'ajouter que, dans de pareilles conditions, la productivité du travail est réduite au minimum.

IL — Économie d'éghangb

A. Économie urbaine.

A ce stade de transition entré l'économie domestique et les formes supérieures de l'économie sociale, la production et la consommation commencent à se différencier; les relations d'échange deviennent plus nombreuses; l'industrie se détache de l'agriculture ; les corps de métier se constituent dans les villes; l'unité économique devient la cité, avec les campagnes d'alentour.

« Une carte de l'ancien, empire germanique, 4it K. Bûcher, nous montre environ 3,000 villes disséminées, au sud et à l'ouest, à 4 ou 5 lieues de distance, en moyenne ; au nord et à l'est, à 7 ou 8. Toutes n'opt pas^eu la même importance; mais elles étaient néanmoins le centre d'un territoire économique qui avait

aussi bien ses limiter que Fancienne ferme féodale et qui, limité à 2 ou 2 1/2 milles carrés, au sud-ouest, à 3 ou 4 au nord^ à 5 ou 8 à Test, permettaient toujours au paysan d'atteindre le, marché de la ville et de rentrer chez soi en un jour » *.

Ainsi donc, par une lente transformation qui a duré des siècles et se poursuit encore de nos jours, la communauté de famille perd, en partie, son indépendance.

Néanmoins, pendant toute la période corporative, les anciennes formes communautaires persistent ; la pUipart des choses nécessaires à la vie sont encore produites par l'économie qui les consomme ; la division du travail reste peu , développée; le commerce, national et interna^ tional, ne porte que sur un petit nombre de marchandises : les épices et les fruits du Midi, par exemple, les poissons secs ou salés, pour l'alimentation du peuple, les pelisses, les draps fins et, dans les pays du Nord, le vin.

Mais, avec les grandes découvertes d'outremer, les marchés s'étendent, la manufacture apparaît : la division du travail, purement professionnelle chez les artisans du moyen âge, ' décompose maintenant les diverses .opérations^ qui aboutissent à l'achèvement des produits.

Inférieur en productivité, le régime corporatif touche à sa fin ; l'ère capitaliste commence.

1. Voir Fàtrs. L'évolution économique dans VKistoin.. (Btvut d'Économie politique^ 1894), p. i6.

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